Je ne suis pas un serial killer – Dan Wells

Note : ★★★★★ (5/5) Coup de cœur
Extrait : ‘La peur est un concept étrange, quand on y pense, ajoutai-je. Les gens ont peur que de choses extérieures, jamais d’eux-mêmes.
– Devraient-ils avoir peur d’eux-mêmes ?
– La peur vient de ce qu’on ne peut pas contrôler : l’avenir, le noir ou quelqu’un qui essaie de vous tuer. Si on n’a pas peur de soi-même, c’est parce qu’on sait toujours ce qu’on va faire.’

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Titre :
 Je ne suis pas un serial killer
Auteur : Dan Wells
Genre : Thriller
Langue : Anglaise
Pages : 271
Note : 5/5 coup de cœur

En bref : Un très bon thriller ! J’ai adoré la psychologie du personnage, son combat intérieur et son humour morbide. La plume de l’auteur m’a complètement transporté du début à la fin grâce à des descriptions à vous retourner l’estomac et l’enquête est originale et bien ficelée.

Résumé :

John Wayne Cleaver est un jeune homme potentiellement dangereux. Très dangereux. Jugez-en plutôt : garçon renfermé, pour ne pas dire sociopathe, il vit au milieu des cadavres à la morgue locale, tenue par sa mère et sa tante, il a une certaine tendance à tuer les animaux et, depuis son plus jeune âge, il nourrit une véritable passion pour les tueurs en série. Ainsi, son destin semble tout tracé. Mais conscient de son cas, et pas spécialement excité à l’idée de devenir un serial killer, John a décidé d’en parler à un psy et de respecter quelques règles très précises. Ne nourrir que des pensées positives à l’égard de ses contemporains. Ne pas s’approcher des animaux. Éviter les scènes de crime. Ce dernier commandement va néanmoins devenir très difficile à suivre lorsqu’on retrouve autour de chez lui plusieurs corps atrocement mutilés. Y aurait-il plus dangereux encore que John dans cette petite ville tranquille ? Aurait-il enfin trouvé un adversaire à sa taille ?

Avis :

Dans ce thriller, nous suivons les traces de John Cleaver un jeune homme de quinze ans habitant dans une petite ville des Etats-Unis. John a un hobby pour le moins originale. Il est passionné par les tueurs en série, au point de jeter un froid sur son entourage à chaque fois qu’il fait mention de ses découvertes. Il aide aussi sa mère et sa tante à embaumer les corps qu’elles reçoivent à la morgue. A la suite d’un exposé à l’école sur un cannibale du nom de Jeffrey Dahmer, sa mère l’oblige à aller voir un psychiatre, le Dr Nebil qui le diagnostique comme étant sociopathe. C’est donc entre l’école, les séances chez le psy et les embaumements que la vie de John s’articule. Son quotidien va cependant vite être chamboulé lorsqu’un premier corps mutilé puis d’autres, sont retrouvés dans la ville. La curiosité et la passion de John pour les tueurs en série vont l’amener à s’intéresser de près à l’affaire et à mener l’enquête, quitte à réveiller des démons endormis jusque là.

Le gros point fort de ce livre est la psychologie du personnage principal. J’ai adoré suivre les réflexions de John sur le monde qui l’entoure ou sur lui-même. John est un garçon très intelligent, il sait qu’il est sociopathe, il sait qu’il a des pulsions meurtrières mais il ne veut absolument pas devenir un serial killer (bien qu’il les affectionne). Pour ne pas atteindre un point de non-retour, il s’est créé plusieurs règles qu’il suit scrupuleusement comme :
– ne pas suivre les gens dans la rue,
– ne pas les fixer trop longtemps,
– ne pas faire de mal aux animaux,
– complimenter les gens quand ces derniers l’agacent, etc.
Grâce à ces limites, il arrive à contrôler ses pulsions mais à cause du tueur en série qui rode dans la ville et que la police ne semble pas réussir à arrêter, John est tiraillé entre l’envie d’abandonner ses précieuses règles pour identifier le meurtrier et la conviction que, s’il le fait, il n’y aura plus de marche-arrière possible et il deviendra lui aussi un tueur. Ce combat intérieur, qui dure tout au long du récit, était des plus passionnant à suivre !

Le deuxième point fort de ce livre sont les descriptions des corps et l’humour souvent morbide de John. Je lis souvent des thriller et des policiers mais je crois que c’est la première fois que je lis des descriptions de cadavres et d’embaumements aussi détaillées. C’est à vous retourner l’estomac !
Quant à l’humour, c’est tout ce que j’aime. John est cynique, cru, franc, réaliste, bref il n’a pas peur d’employer les mots qu’il faut quand il le faut et de choquer son entourage. De plus, son côté sociopathe rend certains passages sérieux, à la fois drôle et effrayant. En voici deux exemples :

« Je simulais la normalité à la perfection. Si vous m’aviez croisé dans la rue, jamais vous n’auriez deviné à quel point j’avais envie de vous tuer. »

« – Un diagnostic clinique a établi que j’étais sociopathe. Tu sais ce que ça veut dire ?
– Ça veut dire que t’es timbré.
– Ça veut dire qu’à mes yeux tu as autant de valeur qu’une boîte en carton. Tu n’es qu’une chose : un déchet que personne n’a encore pris le temps de jeter. C’est ça que tu veux entendre ?
– Ta gueule.
Il jouait toujours les durs, pourtant je sentais qu’il se la pétait déjà moins. Il était à court de mots.
– Le truc, avec les boîtes, repris-je, c’est qu’on peut les ouvrir. Même si de l’extérieur elles semblent totalement insignifiantes, il se peut qu’à l’intérieur il y ait quelque chose d’intéressant. Donc, pendant que tu débites des conneries sans nom, je m’imagine ce que ça donnerait de t’ouvrir pour voir ce que tu as là-dedans. »

En ce qui concerne l’enquête en elle-même, je l’ai aussi beaucoup aimé. Certains passages sont vraiment intenses et il m’était difficile de lâcher mon bouquin avant que les choses se calment un peu plus. La plume de l’auteur m’a complètement transporté du début à la fin. Il était très facile de s’imaginer le type de situation dans lequel se trouvait notre héro et j’ai été totalement surprise par la tournure des événements. Un aspect de l’histoire que je n’avais pas du tout envisagé est venu pointer le bout de son nez et bien que j’ai lu plusieurs personnes critiquées cet aspect, je l’ai, pour ma part, trouvé original et bien ficelé. Je vous conseille vivement ce livre, c’est bien plus qu’un simple thriller !

Retrouvez mes chroniques de la saga ici : Tome 2 / Tome 3 / Tome 4 / Tome 5 / Tome 6.

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