Je t’ai rêvé – Francesca Zappia

Note : ★★★★★ (4.5/5)
Extrait : « Avant que je sois diagnostiquée, il m’arrivait, lorsque j’étais étendue dans mon lit, d’écouter mes artefacts discuter ou me parler jusqu’à ce que je m’endorme. Ils ne le faisaient plus. Enfin, pas quand les médocs marchaient. »

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Titre :
 Je t’ai rêvé (Made You Up)
Auteur : Francesca Zappia
Genre : Jeunesse
Langue : Anglaise
Pages : 448
Note : 4.5/5

En bref : Je suis entrée dans la tête de Alex intriguée et j’en suis ressortie complètement bouleversée. Tout comme elle, j’ai eu du mal à faire la différence entre réalité et hallucinations et je suis restée interloquée à plusieurs reprises par mes découvertes. Ce fût une aventure particulière et touchante.

Résumé :

Vous, les gens normaux, êtes tellement habitués à la réalité que vous n’envisagez pas qu’elle puisse être mise en doute. Et si vous n’étiez pas capables de faire la part des choses ? Jour après jour, Alexandra se retrouve confrontée au même dilemme : le quotidien est-il réel ou modifié par son cerveau détraqué ?
Dans l’incapacité de se fier à ses sens, à ses émotions ou même à ses souvenirs, mais armée d’une volonté farouche, Alex livre bataille contre sa schizophrénie. Grâce à son appareil photo, à une Boule Magique Numéro 8 et au soutien indéfectible de sa petite sœur, elle est bien décidée à rester saine d’esprit suffisamment longtemps pour aller à l’université.
Plutôt optimiste quant au résultat, Alex croise la route de Miles, qu’elle était persuadée d’avoir imaginé de toutes pièces… Avant même qu’elle s’en rende compte, voilà que la jeune femme se fait des amis, va à des soirées, tombe amoureuse et goûte à tous les rites de passage de l’adolescence. Mais alors, comment faire la différence entre les tourments du passage à l’âge adulte et les affres de la maladie ? Tellement habituée à la folie, Alex n’est pas tout à fait prête à affronter la normalité. Jusqu’où peut-elle se faire confiance ? Et nous, jusqu’où pouvons-nous la croire ?

Avis :

Je me suis penchée sur ce livre grâce à la couverture que je trouvais particulièrement jolie mais aussi le résumé qui mentionnait la schizophrénie. Je n’ai pas le souvenir d’avoir déjà lu un ouvrage sur ce thème du coup, j’étais curieuse de voir ce que celui-ci avait à m’offrir.

Alexandra est une jeune lycéenne qui souffre de schizophrénie mais qui refuse de se laisser abattre par sa maladie, elle veut vivre une vie comme les autres. A la suite d’une violente crise de paranoïa qui s’est finie par la dégradation du gymnase de l’école, Alex est transférée dans un nouvel établissement : East Shoal. Elle profite de ce changement d’environnement pour recommencer à zéro. Ses objectifs : finir son année scolaire de préférence sans que personne ne découvre sa maladie et s’inscrire à l’université. Armée de son appareil photo qui lui permet de déceler le vrai du faux, Alex débarque au lycée. Là-bas, elle reverra Tucker, son collègue et ami au restaurant Finnegan où elle travaille plusieurs soirs par semaine et elle fera connaissance avec Miles, un élève taciturne et responsable du club communautaire regroupant tous les trouble-fêtes de l’école. Suite à un marché entre sa mère et le principal, elle devra d’ailleurs intégrer le club. Elle côtoiera ses membres et se rapprochera de plus en plus de Miles qu’elle pense être Yeux-Bleus, un enfant qu’elle a rencontré au supermarché lorsqu’elle avait sept ans et qui l’avait aidé à libérer les homards de leur aquarium.

Francesca Zappia nous dépeint ici, des personnages atypiques. Alex est une vraie combattante et être dans sa tête fût parfois bouleversant. Elle a vécu toute sa vie avec cette maladie et elle a désormais confiance en ses capacités à déceler le vrai du faux et en tant que lecteurs nous ne pouvons que lui faire confiance. Alors lorsqu’on se rend compte qu’elle se trompe, que des choses qu’elle pensait être réelles sont des hallucinations créées par son cerveau, on commence à douter de tout ce qu’elle nous raconte. Être coincé avec elle entre réalité et chimères fût, par moments, très perturbant.
Quant à Miles, c’est un personnage pas facile à cerner au départ. Il parle peu et quand il le fait, c’est rarement pour complimenter son entourage. Il est régulièrement payé par les autres élèves pour accomplir des tâches diverses et variées. De plus, il est difficile de savoir s’il apprécie ou non Alex parce qu’il est le premier à la persécuter (mais Alex le lui rend bien) et à lui jeter son regard assassin mais c’est aussi le premier à lui venir en aide lorsque d’autres élèves l’embêtent.

Les interactions entre ces deux personnages sont particulièrement marrantes. Ils ont une passion pour l’Histoire et perdent souvent leur entourage lors de leurs échanges à ce sujet. Ils sont timides, extrêmement maladroits et ne savent jamais trop quoi faire de leurs sentiments ce qui entraînent des scènes touchantes et pleines de douceur. Qu’ils jouent les casse-cous ou les élèves modèles, ce duo singulier marque les esprits.

En ce qui concerne, l’histoire en elle-même, il y a un fil conducteur tout au long du récit mais je ne l’ai pas trouvé spécialement intéressant. East Shoal possède ses propres légendes, et celle du tableau des scores, qui s’est effondré sur une élève il y a de nombreuses années, attire l’attention de Alex et Tucker. Ensemble, ils vont essayer de déterminer ce qu’il s’est réellement passé et pourquoi Mr McCoy vénère autant ce tableau au point de passer des annonces régulièrement dans les hauts-parleurs de l’établissement pour lui rendre hommage. Tandis que Alex faisait une fixation sur les agissements de McCoy, je faisais une fixation sur sa fixation, c’était assez étrange… Je ne voyais pas où elle voulait en venir et bien qu’à la fin tout nous paraît beaucoup plus claire, je n’ai pas été captivée par cette partie de l’histoire.

En bref, malgré le fait qu’une petite partie de l’histoire ne m’est pas emballée outre mesure, la psychologie des personnages m’a, elle, complètement fascinée et j’ai passé un agréable moment en compagnie de Miles, Alex et leurs amis. Je ne serais dire si la maladie est racontée avec véracité ou non (je n’ai aucun savoir à ce sujet)… néanmoins, j’ai trouvé qu’elle était racontée avec humour, légèreté et sincérité. Certains passages m’ont mise en colère, d’autres m’ont fait rire et les derniers m’ont touchés plus que ce je pensais. C’est un ovni dans les romans jeunesse que je conseille.

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