Janvier : Tokyo – Partie 1

31 décembre 2016 : Nouvel an

Pour le réveillon du Nouvel an, que j’ai passé à Nagoya, il y avait un truc que je voulais absolument faire, c’était passer une nuit blanche et observer le premier levé de soleil de l’année. Au Japon, c’est quelque chose qui se fait beaucoup parce qu’il paraît que voir les premiers rayons du soleil porte bonheur et chance tout au long de l’année. Je n’y crois pas vraiment mais je trouvais la symbolique intéressante !

Du coup, j’ai passé les jours précédents le réveillon à chercher un endroit sympa où je pourrais avoir une vue dégagée sur l’horizon. Malheureusement en plein centre d’une ville, ce n’est pas évident et je n’avais pas très envie de faire tout le trajet jusqu’au port. C’était loin et un peu trop cher pour ce que j’allais y faire. Au final, le meilleur endroit se trouvait juste sous mon nez ! En effet, habitant au quatrième étage d’un immeuble et n’étant pas entouré de bâtiments trop élevés, j’avais une vue plutôt bien dégagée depuis mon balcon. Après le réveillon, je suis donc rentrée chez moi et je me suis occupée jusqu’à ce que le jour se lève. Enfin, j’ai essayé… parce qu’à 5h du matin, je commençais sacrément à piquer du nez et j’ai eu la mauvaise idée de vouloir faire une petite sieste de 2h pour me réveiller en même temps que le soleil. Erreur fatale ! J’ai raté le coche et je me suis réveillée qu’à 8h30… (Aaaah… la vieillesse quand ça vous touche…). Je suis un peu déçue mais ce n’est pas grave, peut-être que je retenterais le coup au Nouvel an chinois, ça marche aussi, non ? *plein d’espoir*

6 janvier 2017 : Nagoya – Tokyo

J’ai quitté mon logement à Nagoya le vendredi. Je l’avais réservé jusqu’au 9 mais finalement j’ai préféré arriver plus tôt que prévu sur Tokyo pour avoir le temps de m’installer et repérer les lieux de mon école avant la rentrée. J’ai passé la veille de mon départ à faire le ménage et à préparer ma valise. Je suis ensuite partie vers l’arrêt de bus de la gare de Nagoya très tôt le lendemain matin. Après avoir été à deux doigts de la crise d’hypoglycémie sur le trajet (traîner sa valise sur des centaines de mètres, c’est épuisant…), je suis montée dans le bus. Il faisait extrêmement beau, du coup j’ai eu la chance de pouvoir observer le Mont Fuji lorsque nous sommes passés à côté. Il était vraiment impressionnant avec son manteau de neige et j’ai réussi à prendre de jolies photos. D’ailleurs, je remercie les *clic clic* constants que les japonais faisaient car j’étais tellement à fond dans mon bouquin que sans eux, je n’aurais pas eu le réflexe de lever la tête pour observer le paysage.

Arrivée à Tokyo et plus précisément à Eifukucho, la gare la plus proche de mon logement, un des gérants est venu m’accueillir et m’a accompagnée jusqu’à mon lieu de résidence. Malheur à lui, il m’a proposé de traîner ma valise jusqu’à destination. Je l’ai prévenu qu’elle était lourde mais en bon japonais qu’il est, il n’a pas pris en compte mon avertissement. Chose qu’il a dû regretter au bout d’une centaine de mètres je pense.

J’ai décidé pendant mon passage à Tokyo de séjourner dans une maison partagée. Tout d’abord parce que c’est moins cher que de prendre un appartement toute seule ou de loger dans une auberge de jeunesse et deuxièmement pour pouvoir échanger et rencontrer de nouvelles personnes. J’ai choisi la compagnie Borderless House qui propose de nombreux logements à Tokyo et dans quelques autres grandes villes du Japon. Leur concept m’a beaucoup plu parce que contrairement aux autres types de maisons partagées que j’ai pu voir, celles de Borderless House obligent chaque maison à avoir en son sein une égalité hommes/femmes et une égalité japonais/étrangers. Cela permet de brasser les cultures et d’apprendre les uns des autres. Je viens à Tokyo principalement pour étudier donc je voulais aussi une maison proche de mon école et sans trop de monde. J’ai opté pour celle de Eifukucho et nous sommes six locataires : deux japonais, une japonaise, un italien, une australienne et moi-même.

La maison n’est pas géante mais elle est charmante et se situe dans un quartier résidentiel calme, à proximité de la gare qui peut m’emmener à Shinjuku ou Shibuya en une quinzaine de minutes. Après avoir signé mon contrat et vu les différentes règles de la maison, j’ai passé le reste de la journée dans ma chambre à déballer mes affaires. Puis, le lendemain, j’ai fait connaissance avec Marco et Yusuke qui m’ont invité à aller manger au restaurant et où on a visité un joli temple pour terminer la journée.

10 janvier 2017 : Naganuma School – Le Test d’entrée

Comme je l’ai dit plus haut, je séjourne à Tokyo pour étudier. Je me suis inscrite à Naganuma School pour un semestre (trois mois) où je vais (ré)apprendre le japonais. J’ai des bases et je comprends la plupart des choses qu’on me raconte mais je ne sais pas utilisée les bonnes structures de phrase lorsque je réponds. Je suis arrivée à un stade où il ne m’est plus possible de progresser par moi-même. Voulant absolument maîtriser la langue correctement, j’ai décidé d’entrer dans cette école. J’ai pris connaissance de cet établissement lors d’un de mes covoiturages. La passagère que j’avais avec moi, travaillait précédemment à l’ambassade de France au Japon et avait étudié à Naganuma pour améliorer son japonais. Elle me l’avait chaudement recommandé, me disant que là-bas, les cours étaient homogènes et que tous les points (grammaire, conjugaison, kanji, etc.) étaient abordés.

J’ai suivi les inscriptions en ligne, ait été acceptée et je me suis pointée à 10h pile au portail de l’école pour finaliser mon inscription. Lorsque je suis arrivée, j’ai eu l’impression de participer à une course d’orientation. Je me suis dirigée vers le point marqué ‘n°1’ où on m’a envoyé dans une salle pour me demander de sortir mon passeport et ma carte de résidence, je suis ensuite ressortie pour aller au point ‘n°2’ où ils ont vérifié mon nom et m’ont donné des documents à remplir. Bref, il y avait en tout treize stands alors je ne vais pas tous vous les faire mais, en tout cas, on m’a bien baladé et à chaque stand passé, j’avais le droit à un petit tampon sur ma feuille pour vérifier que j’avais bien passé toutes les étapes *l’efficacité à la japonaise*.

Cette école sépare les élèves en classe de quinze personnes maximum et cela, en fonction de ton niveau de japonais. J’ai dû passer ce jour là un examen de japonais où il m’a fallu remplir un questionnaire à choix multiples de quatre pages en quinze minutes. C’était assez hardcore et j’ai eu 68/100. Il semblerait que ce soit un bon score parce que lorsque l’on m’a rendu ma copie corrigée, on m’a demandé de repasser un examen de quinze minutes d’un niveau plus élevé *what?* pour savoir si je pouvais accéder à la classe supérieure. Me voilà donc reparti pour quatre pages de QCM toujours en quinze minutes ! Et je dois avouer que celui-là, je l’ai fait à moitié avec mes connaissances et l’autre moitié avec mon intuition. J’ai tout de même eu 54/100 (la moyenne !!). Je n’ai pas cherché à savoir si c’était les 54 points de mes connaissances ou de mon intuition… Dans tous les cas, ils ont considéré que j’avais suffisamment souffert et que je pouvais passer à l’examen oral. Pour ce dernier, j’ai simplement eu une conversion d’une vingtaine de minutes avec une professeure qui m’a posée différentes questions sur mes passions, si j’avais déjà étudié le japonais, si j’arrivais à expliquer le sujet d’une image, lire des kanjis, etc.

A la suite de ces tests, ils ont délibéré et m’ont attribuée une classe (B-B2) et des horaires de cours qui ne changeront pas de tout le semestre. Après un petit diaporama qui présente les cours et l’école, j’ai pu rentrer chez moi, lessivée mais impatiente de commencer.

12-20 janvier 2017 : Naganuma School – Les cours

J’ai découvert ma classe dès le lendemain et nous sommes onze élèves. La moitié sont des taïwanais, un quart sont des chinois et le quart restant est composé d’une coréenne, d’un anglais et moi-même. Autant vous dire que je me sentais un peu seule au départ et vu qu’il y a une majorité d’asiatiques, j’étais persuadée que la classe allait être très compétitive et que ça allait être chacun pour sa peau. Mais encore une fois, je me suis trompée. Tout le monde s’entraide et dès qu’un élève a des difficultés à trouver ses mots, vous pouvez être sûr que la moitié de la classe va se mettre à lui souffler les réponses. Je ne m’ennuie pas une seule seconde et mon cerveau est comme une éponge qui absorbe tout ce qu’il entend. J’ai l’impression d’apprendre chaque jour beaucoup plus que pendant les trois années de japonais que j’ai fait durant mes études en France. J’apprends en moyenne deux ou trois nouvelles structures de phrases chaque jour ainsi que cinq nouveaux kanjis. Le lendemain, nous revoyons les structures apprises la veille et en apprenons de nouvelles. Chaque jour, nous avons des contrôles sous forme de dictée et des devoirs à rendre pour vérifier que nous connaissons les kanjis et que nous avons assimilés les structures étudiés. Chaque vendredi, nous avons un examen un peu plus important qui regroupe l’ensemble des points appris durant la semaine. En plus de ça, nous allons avoir un semi-partiel début février et les examens du semestre fin mars qui nous permettront de passer ou non au niveau supérieur. C’est intense mais passionnant !

Les professeurs quant à eux sont de très bons pédagogues. Depuis que j’ai commencé les cours, j’ai dû avoir une dizaine de professeurs différents mais à aucun moment le contenu des cours se chevauchait. Chaque professeur sait exactement où le précédent s’est arrêté dans le cours et il n’y a aucune répétition *l’efficacité à la japonaise 2.0*. C’est un peu perturbant de voir autant de têtes défilées chaque jour mais ça nous permet de rester alerte en classe. J’aime tout particulièrement un de mes professeurs, le seul homme qui nous fait cours en réalité. Il est dynamique, bon pédagogue et horriblement drôle. Ses cours sont un vrai one-man show et c’est le fou-rire garanti. Il nous raconte des anecdotes sur sa vie (il voulait être catcheur quand il était petit mais il n’en a pas du tout la carrure xD), il se moque de lui-même en disant qu’il est petit (mais d’après lui, il est ‘handsome’ donc ce n’est pas grave) et il n’hésite pas à mettre son corps à contribution (en imitant le bonhomme de ‘sortie de secours’ ou le kanji de ‘hito’ par exemple). Bref, ça faisait longtemps que je n’avais pas autant apprécié mes cours.

21 janvier 2017 : Tokyo – Entretien d’embauche

En plus des cours qui ne se déroulent que de 13h30 à 17h, j’étais à la recherche d’un emploi à mi-temps pour gagner un peu d’argent (sinon je suis bonne pour rentrée à la maison très prochainement). Je me suis inscrite sur Hello-Sensei où je propose des cours de conversation en français et en anglais. Cela n’a rien donné pour l’instant (c’est peut-être une bonne chose parce que moi et les gosses…), du coup j’ai continué mes recherches sur différents sites internet comme Craigslist ou JobBoard et c’est finalement sur le site d’Expat’ que j’ai postulé pour un travail à mi-temps en tant que serveuse dans un restaurant français chic. Le restaurant en question organise aussi des mariages les week-ends donc tenue très correcte exigée. A part ça, le travail consiste à faire le service, débarrasser les tables et nettoyer la salle une fois la journée terminée. Rien de bien exceptionnel en soi mais le gros avantage, c’est qu’ils veulent bien s’adapter à mes horaires de cours. La paye est plutôt basique mais ils offrent le repas et remboursent une partie de mes frais de transport donc j’ai envoyé un mail pour postuler. J’ai passé un entretien aujourd’hui même avec trois autres françaises. Il s’est très bien passé et après nous avoir expliqué le concept du restaurant, les conditions d’embauche et nous avoir demandé nos disponibilités, nous avons toutes les quatre été retenues. Mes journées vont être encore plus chargées que d’habitude et j’aurais moins de temps pour lire mais je suis impatiente de me mettre au travail dès jeudi prochain.

PS : Les photos de cet article sont de moi, merci de ne pas vous en servir sans mon accord ^^ (cliquez dessus pour les voir en plus grand).

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24 réflexions sur “Janvier : Tokyo – Partie 1

  1. Ca a l’air de super bien se passer le début de ton aventure ! J’espère que la suite continuera à te plaire 😀 Ca fait plaisir de voir que d’autres personnes sont dans la même situation que moi ! Amusez-toi bien ! 😀

    Aimé par 1 personne

  2. Contente de découvrir le blog d’une autre passionnée :3
    Le lever de soleil du nouvel an n’est pas un impératif, il y a pleins de petites traditions associées au 1er janvier. Genre si ton premier rêve comprenait le mont fuji, un faucon ou… une aubergine ça porte chance aussi 😉

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