Les carnets de Pauline Thot – Rébecca Brocardo

Note : ★★★★☆ (3.5/5)
Extrait : « Lui aussi en voulait au monde entier. Il lui rappelait parfois Benjamin et ravivait la douleur muette qui l’habitait depuis. Partout où je me souviens, je trouve ton absence de cette vie et c’est comme si je n’avais pas existé. »

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Titre : Les carnets de Pauline Thot
Auteur : Rebecca Brocardo
Genre : Contemporaine
Langue : Française
Pages : 192
Note : 3.5/5

En bref : La plume de l’auteure est excellente sans aucun doute. Par contre, ne cautionnant pas toujours les choix de l’héroïne, j’avais du mal à accrocher au récit et par moment, il m’arrivait de me perdre dans les pensées du personnage.

Résumé :

1999. Pauline étouffe dans sa petite ville de province. Introvertie et malmenée en classe, elle ne revit que pendant les vacances en Corse, où elle se découvre à la fois désirable et vulnérable. Pour assouvir sa soif de liberté, elle se révoltera tour à tour contre l’autorité, les hommes et la société. Dans ses carnets, Pauline raconte à la première personne sa lutte solitaire contre la honte et la culpabilité qu’elle ressent dans sa construction en tant que femme dans un pays où leur condition et leur sexualité posent toujours problème. Avec son « Je », elle joue à se moquer de tout pour ne pas souffrir. Véritable journal de société, ce récit riche et sensible témoigne de la difficile transformation d’une adolescente en adulte, dans une fin de siècle ponctuée par de profondes mutations technologiques et sociétales. C’est en partageant son vécu qu’on s’attache à l’héroïne, à son histoire, et à son parcours.

Avis :

Rebecca Brocardo m’a proposé de lire son roman en échange d’une review (je la remercie au passage !) et le résumé m’intriguant, j’ai accepté avec plaisir. Ce n’est pas le genre de romans que je lis d’habitude mais il est parfois bon de sortir des sentiers battus.

Nous suivons donc la vie de Pauline, durant une dizaine d’années à travers ses carnets, sorte de journaux intimes où elle étale certains pans de sa vie, ses réflexions et ses critiques de la société. On y découvre son quotidien, ses relations avec ses parents ainsi que ses fréquentations au collège, au lycée, à l’université puis dans le monde du travail.

La lecture de ce roman est double. Nous avons d’un côté, la vie et les sentiments de Pauline, qu’elle écrit tels qu’elle les ressent, et dont la narration est à la première personne du singulier. Puis, d’un autre côté, nous avons les descriptions et les explications de l’auteure qui va se pencher sur certains passages de la vie de Pauline (mentionnés ou non par cette dernière) et qui va nous aider à mieux comprendre notre héroïne. J’ai beaucoup aimé ce système de double narration qui est particulièrement bien maîtrisée par Rebecca Brocardo. On passe de l’un à l’autre avec beaucoup de fluidité grâce à deux styles d’écriture très différents l’un de l’autre. Alors que la plume de Pauline est poétique et imaginée au point où je finissais par me perdre dans ses réflexions et ne plus savoir où elle voulait en venir, la narration externe de l’auteure est plus terre à terre et va droit au but, ce qui permettait de recentrer le sujet et de repartir sur de bonnes bases.

En ce qui concerne l’histoire, l’auteure va traiter de nombreux sujets à travers la vie de Pauline comme les études, les évolutions technologiques et leurs impacts sur les relations sociales, la politique, l’économie,… mais c’est surtout sur la place de la femme dans la société que l’auteure va s’arrêter, en racontant les amitiés et les amours de Pauline et ses relations avec les hommes d’une manière générale.
Je dois avouer avoir eu un peu de mal avec certains sujets. J’ai trouvé les parties sur les premiers téléphones portables et les débuts d’internet très intéressantes. Cela m’a rappelé le bruit infernal que faisait mon modem quand j’allumais le pc ou quand mon frère et moi on se battaient pour avoir la connexion internet parce que deux en même temps, ce n’était pas possible xD. Les débuts de messenger, des forums et tchats en tout genre ont grandement modifié notre façon de communiquer avec les autres et Pauline nous décrit avec beaucoup de vérités ces changements.

Par contre, je n’ai trouvé aucun intérêt au passage sur la politique. L’échange est long et n’apporte pas grand-chose au reste du récit. J’ai aussi moins adhéré aux histoires d’amour de Pauline… Au personnage tout court d’ailleurs. Elle s’annonce comme quelqu’un qui ne veut pas faire comme les autres, qui veut être libre, avoir une vie palpitante et ne pas être considérée comme un objet par le sexe masculin. Cependant, elle est constamment dans les bras d’un homme. Elle veut qu’on la respecte pour ce qu’elle est mais elle n’hésite pas à écraser, envoyer balader ou tromper le premier qui passe (le respect, ça marche dans les deux sens…). Elle est belle, elle le sait et elle en joue au point où je l’ai trouvé parfois bien arrogante. J’aurais aimé que quelqu’un la remette à sa place au moins une fois. Tout le monde est constamment à ses pieds, prêt à se jeter sur elle, dès qu’elle donnera le feu vert.

Pauline semble être une fille que rien intéresse et du coup pour ajouter un peu de piment dans sa vie, elle décide de prendre toutes les mauvaises décisions qu’elle peut. Sexe, drogues, violences, tout y passe. Et c’est d’autant plus triste qu’elle a des réflexions vraiment poussées sur certains sujets. Pendant ma lecture, je n’arrêtais pas de me dire « Comment une fille (puis une femme) si intelligente et cultivée peut faire des choix aussi bêtes ? »
Ce décalage entre sa pensée et ses actions était assez perturbant. C’est une fille pleine de contradictions, qui veut tout mais qui ne se donne pas les moyens d’avancer et bien que c’est finalement quelque chose de très humain, je n’ai pas réussi à l’apprécier davantage pour autant.

Lorsqu’elle devient adulte, elle dit à plusieurs reprises qu’elle a changé, qu’elle n’est plus la même qu’avant et alors que c’est vrai sur certains aspects, sur d’autres je la trouve toujours aussi immuable. Quant à la fin, je me serais bien passée de l’épilogue. D’habitude, j’aime savoir ce que les personnages deviennent mais pour le coup, le post-épilogue m’avait plu et je serais bien restée sur cette fin ouverte qui laisse place à l’imagination…

Bref, la plume de l’auteure et les différentes narrations étaient parfaitement maîtrisées. Les réflexions de Pauline étaient intéressantes et poussées, parfois un peu trop d’ailleurs. Je n’ai pas accroché au personnage que j’ai trouvé trop dans l’excès et pessimiste. Cependant, qu’on aime ou non ce livre, qu’on n’apprécie ou non l’héroïne, on ne peut rester indifférent à ce qu’elle a vécu. Je n’ai pas réussi à adhérer au personnage mais peut-être que ce sera votre cas !

Plus d’infos sur Rebecca Brocardo ici : Twitter / Blog / Facebook.

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