Mai 2017 #4 : Beppu

21 mai 2017 : Arrivée à Beppu

J’ai continué ma visite de l’île de Kyûshû en passant par la côte Est cette fois-ci, et en m’arrêtant quelques jours pour une dernière étape : Beppu. Une ville réputée pour ses nombreuses sources chaudes !

Il n’y avait pas de bus qui faisait directement Kagoshima à Beppu, j’ai donc dû faire une escale d’une petite heure sur une aire de repos pour prendre un autre bus.
Jusqu’à présent, j’avais choisi mes logements via le site Airbnb mais ceux proposés dans la ville de Beppu étaient vachement chers par rapport à ce que j’avais l’habitude de payer. Je me suis alors dit que quitte à payer ce prix là, autant prendre un hôtel et être chouchoutée. C’est par le site Expedia que j’ai trouvé mon hôtel et je m’en suis tirée pour environ 35€ la nuit.
Arrivée à Beppu, je suis descendue du bus, j’ai récupéré mes bagages et j’ai commencé à chercher mon hôtel qui était censé se trouver à proximité. Il ne m’a pas fallu longtemps pour tomber dessus, je n’ai eu en réalité, qu’à lever les yeux. Je savais que l’hôtel était proche de l’arrêt mais je ne m’attendais pas à ce qu’il soit juste en face ! Mon côté flemmarde était plus que ravie.

Après avoir récupéré la carte magnétique de ma chambre et déposé mes bagages, je suis allée me chercher à manger pour le soir et le lendemain puis je n’ai plus bougé de la soirée. J’avais galéré avec internet toute la semaine passée à Kagoshima, j’avais du coup pas mal de choses à rattraper.

22 mai 2017 : Onsen

J’ai passé en tout quatre jours et trois nuits à Beppu et le but principal de ce séjour était de me ressourcer après avoir vagabondé pendant presque un mois au quatre coins de Kyûshû. Je n’ai donc strictement rien fait ce jour-là, hormis tester les onsens réservés aux clients de l’hôtel. Ma chambre était au sixième étage et les onsens au deuxième. Après avoir pris ma carte et mes affaires, j’ai pris l’ascenseur direction les bains publics.

C’est la septième fois que je viens au Japon mais je n’avais jusqu’à présent jamais testé les bains publics (onsens). Je suis allée quelques fois dans des onsens privatifs mais me mettre nue devant des étrangers, ce n’est pas trop mon truc alors je ne m’étais jamais lancée dans les onsens publics. Mais bon, je suis venue dans la ville des sources chaudes alors partir sans en avoir essayé une seule, c’était juste inconcevable. J’ai tenté celui de mon hôtel qui était ouvert jusqu’à une heure du matin, et j’y suis allée vers 23h en espérant y croiser peu de monde (voire personne dans l’idéal).

Il y avait des onsens exclusivement pour les hommes et d’autres pour les femmes, je précise parce qu’il existe aussi des onsens mixtes. Dans les privatifs, vu que tu es tout seul, tu fais un peu ce que tu veux mais dans les bains publics, il y a certaines étapes à suivre et lorsque je suis rentrée, j’étais un peu paumée et je ne savais pas trop comment procéder. Heureusement il y avait quelques affiches explicatives et pour le reste, j’ai fait au feeling. Je pensais qu’il y aurait un vestiaire pour se déshabiller (un peu comme à la piscine xD) mais non tu prends un panier, tu enlèves tes vêtements dans la pièce commune pour les mettre dedans et ensuite tu peux te diriger vers les bains. Il est quand même possible de mettre tes objets de valeur dans un petit casier.

Au début, je n’étais vraiment pas à l’aise et je me cachais dans ma serviette pour me déshabiller puis au fur et à mesure, je voyais les autres femmes aller et venir sans se cacher et sans aucun complexe. Chacun vaquait à ses occupations et personne ne se reluquait (c’est plus moi qui les fixait que le contraire xD) donc je me suis dit « Allez Pauline, arrête de faire ta chochotte, tu es canon, tu kiffes ton corps, c’est parti ! Go ! Go! o/ » *self-confidence zero*. J’ai arrêté de me cacher (ce n’était vraiment pas pratique de toute façon), je me suis déshabillée vitesse grand V et je me suis dirigée vers la pièce des bains. Au Japon, les bains ne sont faits que pour se relaxer, se purifier, bref, faire trempette. De plus, il faut toujours se laver avant d’entrer dans les bains pour ne pas « polluer » l’eau. Je suis donc allée côté douche me savonner avant toute chose.

Une fois fait, j’avais le choix entre deux bains, celui à l’intérieur ou celui en plein air avec un petit jardin japonais. La vue était vraiment sympathique alors j’ai opté pour le bain extérieur. Entre l’eau brûlante et le vent frais, c’était juste super agréable ! Personne ne se parlait et tout le monde profitait de l’instant présent. Je suis restée une petite demi-heure avant de sortir pour me rincer. J’étais rouge écrevisse et mon cœur battait à tout allure. Mais ça aura eu le mérite de me décontracter les muscles pendant quelques heures et ayant de gros problèmes à ce niveau là au cou et aux épaules, ce fût une véritable libération ! Après m’être séchée, je me suis habillée avec le kimono de l’hôtel et je suis remontée à ma chambre boire un litre d’eau pour me réhydrater.

23 mai 2017 : Beppu Jigoku (Hells) Tour

Deuxième jour et cette fois-ci, je suis sortie de mon hôtel pour aller visiter les célèbres sources chaudes naturelles de Beppu. Il en existe en tout sept qu’il est possible de visiter (elles ne sont pas faites pour se baigner cependant). L’entrée de chacune est à 400 yens mais il existe aussi un pass pour les sept à 2 000 yens. C’est ce que j’ai acheté et j’ai donc pris ma journée pour tous les faire.

Toutes les sources se situaient à l’Est de la ville dans les quartiers de Kannawa et Shibaseki. J’ai pris un bus jusque là-bas et j’ai fait le reste à pied. Dans le quartier de Kannawa se trouve les sources « Umi Jigoku », « Oniishibozu Jigoku », « Shiraike Jigoku », « Kamado Jigoku » et « Oniyama Jigoku », dans celui de Shibaseki, plus au Sud, se trouve « Chinoike Jigoku » et « Tatsumaki Jigoku ». Chacune d’entre elles à sa spécificité et elles étaient toutes intéressantes à leur manière.

« Umi Jigoku » (la mer de l’Enfer) fait partie de mes préférés. C’est une source chaude d’un bleu magnifique et entouré d’un jardin, d’un lac avec des nénuphars et d’un temple. Il y a aussi un musée (qui était en rénovation) et un espace pour se faire un bain de pieds.
Dans le même style, il y avait « Shiraike Jigoku » (l’étang blanc de l’Enfer). L’eau y est bleu aussi mais elle est recouverte d’une couche nuageuse ce qui rend la rend trouble (un peu comme un diabolo schtroumpf xD). Cette source est accompagnée d’un mini aquarium (à l’agonie) où différentes espèces de piranhas sont observables.

Dans un genre complètement différent, il y a « Oniishibozu Jigoku ». Une source chaude boueuse. L’eau épaisse et grise fait constamment des bulles et c’est de là que vient son nom. C’est le seul des sept à être de cette couleur. J’aurais bien aimé mettre ma main dedans pour en connaître l’aspect réel.

Enfin, le quartier de Kannawa est aussi composé des sources « Kamado Jigoku » (Le chaudron de l’Enfer) et « Oniyama Jigoku » (la montagne de monstres de l’Enfer). La première est une source classique qui propose un grand espace pour boire l’eau de la source et cuisiner des aliments à la vapeur mais aussi prendre un bain de pieds ou de mains. Je voulais manger un truc cuit à la vapeur des bains mais il y avait beaucoup trop de monde alors j’ai abandonné l’idée et je suis allée ailleurs. La deuxième quant à elle, est une source chaude qui dégage une montagne de fumée, ce qui rend pratiquement impossible la vue de l’eau en dessous. Elle porte aussi son nom parce qu’il y a des crocodiles en captivité. Crocodiles qui m’ont fait de la peine car ils avaient l’air tout patraques.

Visiter ces cinq source chaudes m’a pris toute la matinée et je me suis restaurée près de l’une d’elles avant de continuer ma route et d’aller dans le quartier suivant. J’ai pu tester un pudding cuit à la vapeur et c’était délicieux *miam* ! J’ai marché trois kilomètres pour atteindre le quartier de Shibaseki (rassurez-vous il existe des bus pour faire le trajet xD). En cours de route, je suis passée par des rues où de l’eau des sources chaudes passaient en dessous, de ce fait, de la vapeur sortait des interstices, c’était assez marrant. Cela donnait l’impression que la Terre respirait.

Après ces trois kilomètres (et sûrement quelques japonais qui se demandaient qu’est-ce qu’une étrangère faisait à marcher sur le bord de la route au milieu de nul part), je suis arrivée devant « Chinoike Jigoku » (L’étang sanglant de l’Enfer). Elle porte ce nom à cause de sa couleur rouge-orangée. Elle était vraiment sympa et originale comparée aux autres. Il y avait aussi un énorme magasin de souvenirs mais j’ai réussi à ne pas craquer ! *fière*. Enfin, j’ai terminé par « Tatsumaki Jigoku » (Le jet de l’Enfer) qui se situait juste à côté. C’est une source complètement différente des autres, je ne suis pas sûre que les mots « source chaude » soient vraiment adaptés car c’est en réalité un geyser qui crache de l’eau brûlante pendant une dizaine de minutes et cela toutes les demi-heures environ. Quand je suis arrivée, la source était au repos et j’ai dû attendre une quinzaine de minutes avant qu’elle jaillisse à nouveau. Ce n’était pas foufou pour le coup.

Le tour fini, j’ai pris le bus pour rejoindre ma chambre et j’ai attendu que la soirée soit bien entamée pour retourner une dernière fois aux bains publics de mon hôtel. La journée fût longue et éreintante, et bien que les sources chaudes que j’ai vu, furent superbes, elles puaient le sulfure d’hydrogène (odeur d’œufs pourris pour ceux qui ne sont pas familiers avec les composants chimiques) alors une bonne douche était nécessaire.

Cette fois-ci, j’étais un peu plus à l’aise (pas au point d’entrer avec la serviette sur l’épaule non plus xD). Il y avait une mère avec sa fille et moi-même dans la salle commune et au moment où j’avais fini de me déshabiller, on entend quelqu’un toquer à la porte. Normalement, elle s’ouvre automatiquement avec la carte magnétique de notre chambre et il n’y a pas besoin de toquet. On était toutes à poil et on n’avait aucun moyen de savoir qui était de l’autre côté, un homme, une femme, un client, un membre du staff… ça toque une deuxième fois *panique*. Je vois que la mère n’a pas l’air prête à s’habiller ni à aller ouvrir la porte alors je m’enroule dans ma serviette et je pars ouvrir en vérifiant que la dame est partie se camoufler avec sa fille derrière un meuble au cas où se serait un homme.

Finalement, ce n’était qu’une cliente qui avait un problème avec sa carte qui s’était sûrement démagnétisée et qui ne pouvait pas entrer. Elle m’a remercié et je suis partie vaquer à mes occupations. Je suis restée un peu plus longtemps que la dernière fois mais en switchant entre les bassins intérieur et extérieur. Il y avait deux coréennes qui n’arrêtaient pas de blablater alors j’essayais de les esquiver (et elles avaient l’air fascinées par mon tatouage dans le dos aussi et le regardaient d’une manière peu discrète). J’ai aussi entendu des voix d’hommes à un moment donné et c’est là que j’ai capté que le bain en plein air des hommes se trouvaient juste derrière le petit mur et ça m’a rappelé les nombreux mangas et animes où les mecs essayent d’escalader le mur pour zieuter de l’autre côté. Je comprends mieux d’où vient l’idée !

Bref, ces quelques jours à Beppu furent bien reposants et diaboliques *ahaha* Pardon… J’ai repris du poil de la bête et je suis prête à attaquer la deuxième partie de mon road trip ! Hagi me voici ! *youhou*

PS : Les photos de cet article sont de moi, merci de ne pas vous en servir sans mon accord ^^ (cliquez dessus pour les voir en plus grand).

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