Juillet 2017 #3 : Kiyosato

21 juillet 2017 : Arrivée à Kiyosato

J’ai quitté ma jolie petite maison avec tous mes bagages *c’est lourd* et j’ai pris le train direction la préfecture de Yamanashi. Je n’ai pris que des trains locaux parce que ça coûte moins cher et du coup je suis arrivée en milieu d’après-midi à Kiyosato.

Kiyosato est une petite ville se situant dans les montagnes de la préfecture de Yamanashi entre Matsumoto et Kofu. C’est la quatrième fois que je vais là-bas. Durant mes études universitaires, j’ai pris des cours de japonais qui m’ont permis chaque été de partir en stage au Japon pendant deux mois. La première fois, j’avais travaillé dans un hôtel au bord de mer dans la préfecture de Chiba et les autres années, je suis venue à Kiyosato. Dans cette ville se trouve Moeginomura, un genre de complexe où se trouve un hôtel, un restaurant et de nombreuses boutiques de souvenirs. Jusqu’à présent, j’avais travaillé en cuisine dans le restaurant de l’hôtel où je m’occupais de préparer le petit-déjeuner et les entrées et les desserts du déjeuner. On était peu nombreux ce qui fait que l’ambiance était très conviviale presque familiale même. J’ai passé d’excellents moments là-bas et j’ai vraiment été chouchoutée.
Cette année cependant, je travaille en tant que véritable employée au restaurant qui se situe juste à côté, le « ROCK » mais qui est dirigé par les mêmes personnes. J’avais postulé via leur site internet quelques mois plus tôt lorsque j’avais vu leur campagne de recrutement sur Facebook et j’avais d’ailleurs été surprise d’avoir une réponse positive dans l’heure mais aussi qu’ils se souviennent de moi (bon j’étais venue trois fois déjà mais quand même >.<‘). Ce restaurant est réputé pour son riz au curry et bien que le staff soit beaucoup plus important et changeant que celui de l’hôtel, on y est tout aussi bien accueilli !

Arrivée donc à Kiyosato, je suis allée aux bureaux pour signaler ma présence et après qu’on m’ait dit où j’allais loger durant mon séjour, je suis allée récupérer mon uniforme de travail et je me suis dirigée vers mon dortoir. C’est plus un chalet qu’un dortoir et j’y côtoie deux autres françaises qui sont en stage tout comme je l’ai été autrefois. Après une bonne douche, je suis retournée au restaurant pour manger un morceau et j’y ai rencontré les autres français qui sont en stage cet été (quatre en tout) et j’ai discuté avec d’anciennes connaissances. Parce que, bien que je n’ai pas travaillé au ROCK les années précédentes, j’y passais beaucoup de temps, ce qui m’a permis de faire de sacrés rencontres ! La plupart était surpris de me revoir mais tous ce sont souvenus de moi alors que le contraire ne fût pas toujours vrai (je suis désolée, moi et les noms…). J’ai eu le droit à toutes sortes de réflexions comme « Tu n’as pas changé ! », « Tu as maigri non ? », « Mais tu as quel âge maintenant ? », « Tu as visité probablement plus d’endroits que la plupart des japonais, tu devrais te marier avec un japonais et t’installer ici ! ». Bref, c’était drôle mais comme je commençais à bosser dès le lendemain, j’ai fini par rentrer au dortoir pour déballer mes affaires et me reposer.

22-24 juillet 2017 : Au boulot !

Avant de commencer mon shift, je suis retournée au restaurant de l’hôtel pour dire bonjour à Tsukada-san, le chef cuistot avec qui j’avais bossé les années précédentes. Il fût ravie de me revoir et un peu déçu que je ne travaille pas à ses côtés cette année. On a discuté un peu puis après qu’il m’ait dit que je pouvais revenir quand je voulais, je l’ai quitté pour me diriger vers les vestiaires du ROCK et démarrer ma journée.

Ma plus grande peur en commençant à travailler dans un restaurant aussi grand était de ne jamais réussir à retenir le numéro des tables et le nom des plats. Quand j’étais serveuse à Tokyo, le menu était peu varié et il n’y avait que dix tables qui étaient rarement toutes occupées en même temps donc je n’ai eu aucune difficulté mais là, sans compter le comptoir, il y avait 55 tables dont la plupart sont des tables de quatre personnes mais certaines sont suffisamment grandes pour en accueillir une dizaine. Quant aux menus, il est très diversifié et certains plats ont des noms à rallonge.

Du coup, pour me familiariser à tout ça et parce que j’étais encore bien incapable de faire quoique ce soit d’autres, on m’a mise à l’eau (au sens figuré hein !). J’ai donc passé les premiers jours à servir des verres d’eau aux clients à leur arrivée et cela m’a permis petit à petit de retenir le numéro des tables. J’ai aussi commencé à servir quelques plats mais il fallait en général qu’on me répète le nom à chaque fois avant que j’aille le servir. Et même ainsi, ça m’arrivait d’oublier le nom ou le numéro de la table en cours de route… *poisson rouge*

La journée s’est plutôt bien passée et j’ai pu croiser des gens que je connaissais et que je n’avais pas vu la veille et j’ai fait de nouvelles connaissances, bien entendu.
Après le boulot, je suis allée avec deux des français au Robenso, un bar qui se situe juste derrière notre dortoir et où j’ai passé d’innombrables soirées, plus ou moins arrosées. Les barmans, Keita-san et Taichi, m’ont tout de suite reconnu et ont été très surpris de me revoir. Ils m’ont sorti « Eeeh Pauline ?! Qu’est-ce que tu fais là, tu es revenue ? ». Je leur ai raconté mon voyage, ce que je devenais et de leurs côtés ils se sont (encore) penchés sur ma situation amoureuse en me recommandant un des serveurs avec qui je travaille au ROCK xD. Ce n’est d’ailleurs pas les seuls à vouloir me caser et ils ont tous la même personne en tête, un des managers des serveurs du restaurant. Mais surtout, même après deux ans, ils se sont souvenus de mon cocktail préféré et ça, ça fait chaud au cœur (enfin, ça montre surtout que je passais beaucoup de temps là-bas… xD).

Au bout d’un moment, nous nous sommes mis à discuter avec un autre client du bar et comme nous avions fini nos verres et que nous étions plus ou moins en train de boire l’eau des glaçons qui fondaient, le client a commandé deux petites bouteilles de Nihonshu (de l’alcool japonais) qu’il a partagé avec nous. Nous avons appris par la même occasion quelques coutumes japonaises comme comment faire savoir à son interlocuteur que nous ne voulons plus boire en soulevant son verre et en faisant « Tot-tot-tot-tot… ».
Ce fût une très bonne soirée et après avoir fait le tour de Moeginomura et d’être allée au Robenso, j’ai vraiment eu l’impression d’être de retour à la maison. Les gens ici, sont vraiment gentils et conviviaux, c’est comme une seconde famille !

Le lendemain, Ryo-san, un des trois frères qui gèrent Moeginomura nous a offert des gâteaux, d’ailleurs, pratiquement chaque jour, quand il nous croise, il nous offre de la nourriture. Ce n’est certainement pas ici que je vais mourir de faim ! C’était aussi dimanche et ce jour est synonyme de riz au curry à la cantine. Mais attention, c’est le riz au curry fait par la Mamie du ROCK ! La sauce change tous les dimanches et c’est un régal, j’attends toujours chaque dimanche avec impatience ! Mon préféré est celui avec des patates et des carottes dedans *o*). Elle aussi m’a reconnue quand je suis arrivée et elle était très émue de me revoir (du coup, j’ai eu le droit à une double ration *héhé*).

25-26 juillet 2017 : Jour de repos et Robenso

Le 25, j’étais en congé et on a profité avec les filles qu’il n’y ait pas trop de monde au restaurant pour y aller. J’avais pris mon ordinateur dans l’espoir de bosser un peu. J’ai le wi-fi au dortoir (enfin disons plutôt que je capte celui du dortoir des garçons qui se trouve à côté) mais la connexion n’est pas idéale. Finalement, je n’ai pas beaucoup avancé dans l’écriture de mes articles car nous étions installées depuis seulement quelques minutes quand Mikami, un des deux managers, est venu nous demander ce que nous voulions manger et/ou boire. J’ai donc fini avec dans les mains, une glace, un Ginger Ale et une bière offerte, ce qui m’a occupé une bonne partie de la soirée (leurs glaces sont trop bonnes >///<).

Le lendemain, je suis retournée au Robenso, toute seule cette fois-ci et j’ai discuté avec Keita-san, le barman qui m’a appris qu’il était allé au restaurant de Ramen qui se situe sur la route menant à la gare. Il a discuté avec la gérante et il a mentionné que cette année encore, il y avait des français qui étaient à Moeginomura pour l’été. A ce moment là, la gérante s’est souvenue d’une soirée où une française avait pris une grosse cuite dans son restaurant et avait fini par s’endormir dans les toilettes. Keita-san dans toute sa discrétion *ironie* lui a alors dit que cette française était elle aussi de retour au ROCK cette année ! Pas besoin de spécifier que c’était moi la française en question je suppose… Alala, j’ai tellement honte que cette dame se souvienne de moi à cause de ça. Je crois que je n’oserai plus jamais remettre les pieds dans son établissement xD.

27-29 juillet 2017 : Field Ballet et Level Up

Le 27 juillet, c’est le début du Field Ballet à Kiyosato, un événement qui se déroule chaque année en été pendant deux semaines. Durant cette période, une estrade est construite non loin du restaurant et chaque soir, un ballet a lieu. Cette année, la troupe interprète Gisèle et Cendrillon. J’avais eu l’occasion de voir Le Lac des Signes lors d’une de mes précédentes venues et bien que je n’ai pas d’intérêt particulier pour la danse classique, j’avais trouvé le ballet et les décors très beaux.
Mais bon, événement spécial veut aussi dire beaucoup plus de clients. Et vu qu’on était en semaine, il n’y avait pas d’extra alors j’ai passé une grosse partie de l’après-midi à la plonge avec Florian qui m’aidait à ranger la vaisselle une fois lavée. Nous fûmes une bonne équipe et malgré les piques d’affluence, nous n’avons jamais été débordés *warrior*. Par contre, le soir, j’avais les mains dans un sale état… tout fripé et avec la peau qui partait au bout des doigts à cause de l’eau chaude et du savon. C’était très glamour ! J’ai aussi pu revoir Kaori à la fin de mon shift. Elle est revenue travailler au ROCK pendant le Field Ballet alors nous allons essayer de nous voir durant cette période une dernière fois avant qu’elle retourne à Hiroshima et moi en France.

Le lendemain, il y a eu une baisse d’affluence en milieu d’après-midi alors Ryo-san en a profité pour nous embarquer avec lui et nous sommes allés balayer avec les filles le trottoir en face du ROCK et qui amène jusqu’au combini (supérette ouverte 24h/24). Nous nous sommes, pour cela, armées de nos Nimbus 2000 et nous avons ramassé toutes les branches, la terre et autres débris naturels qui se sont déposés sur le trottoir lorsque les gens sont venus ratiboiser les parterres de fleurs. Faire toute la rue nous a pris une bonne heure et arrivées au combini, Ryo-san nous a donné de l’argent pour que nous puissions nous acheter une glace (la fameuse carotte pour faire avancer l’âne xD) et il nous a donné une pause d’une petite demi-heure pour que nous puissions la déguster. Nous sommes allées nous poser au Chibi-ROCK, un stand ouvert durant le Field Ballet et qui propose des saucisses et des glaces pour les visiteurs et où travaille Kaori.

Malgré le fait que j’avais utilisé des gants pour balayer, je me suis retrouvée avec huit grosses cloques sur les mains… Déjà qu’avec la plonge de la veille, elles étaient moches, là, elles ne ressemblaient plus à grand-chose du tout ! Kaori a dû me donner des pansements pour que je puisse survivre au reste de la journée car à chaque fois que je prenais un coup au niveau de mes cloques, j’avais super mal. Et lorsque j’ai eu le malheur de me laver le soir-même, je me suis retenue de crier à gorge déployée… Note : Le savon sur une plaie à vif = ça PIQUE ! *outch*

Le 29 juillet, le Field Ballet a été annulé à cause de la pluie trop abondante et qui rendait la représentation risquée pour les danseurs, vu que la scène n’était pas couverte. Du coup, la baisse de régime que nous avons au niveau des clients lorsque le ballet est en cours n’a pas eu lieu et les gens ont continué à venir au restaurant pour échapper à la pluie. Ne pouvant pas faire la plonge à cause de mes mains cloquées, je suis partie faire les bières. Oui car après avoir maîtrisé plus ou moins les numéros des tables, je suis montée en grade et on m’a appris à faire les bières comme les japonais les aiment, c’est-à-dire avec pleiiiiiin de mousse *beurk*.

30-31 juillet 2017 : Ma vie – BB = Boulot + Bouffe

Ma vie en ce moment se résume en deux mots, travailler et manger mais ce n’est pas ennuyant pour autant. Tous les jours, j’apprends de nouvelles choses ! Je suis de moins en moins à l’eau et je sers de plus en plus de plats et de bières. J’ai retenu tous les noms des bières et bien que j’ai encore du mal avec quelques noms de plats, j’en maîtrise la plupart. Muto-san, qui est manager avec Mikami m’a aussi appris à faire quelques boissons froides comme les thés, les jus et les différents cafés froids proposés. Quand je suis dans les parages et qu’il y a une commande, je les prépare mais je le dérange encore assez régulièrement pour connaître certaines spécificités aux boissons. Par exemple, pour savoir quelles boissons sont accompagnées de sucre, de sirop ou de lait.

Côté clients, j’en rencontre de toutes sortes. Il y a ceux qui partent du principe que je suis étrangère et que je ne vais forcément rien comprendre à ce qu’ils me racontent, du coup, ils ne me parlent pas et attendent qu’un japonais arrive pour l’intercepter. Il y a ceux qui veulent absolument me parler en anglais et qui sortent leurs petits « Thank You » quand je les sers. Il y a encore ceux qui sont fascinés et qui me demandent d’où je viens et pourquoi je travaille ici puis il y a bien sûr, ceux qui me calculent même pas.

Mais bizarrement (je vais en étonner beaucoup) les clients que je préfère sont les enfants ! Quand je leur apporte leurs menus enfants (soit du curry, soit des pancakes), à chaque fois ils ont les yeux qui pétillent et ils regardent leur assiette comme s’ils avaient attendu ça toute leur vie xD. Puis, ils crient des « Wouaaah », « Trop bien ! », « Vite vite, je veux manger », « Oooooh, il y a même des fraises ! » en tendant leurs bras pour choper leurs plats et quand je leur sers des glaces, ça y va à coup de « Wouaah, ça a l’air trop bon. » « Haan, c’est immeeeense !! ». Ils sont trop mignons et depuis que je travaille ici, je n’en ai pas vu un seul faire un caprice dans le restaurant, ils se tiennent tous à carreaux *le bonheur* !

Côté nourriture, je n’ai pas à me plaindre non plus. Entre Ryo-san qui nous donne des trucs à manger tous les jours et les sponsors du Field Ballet qui offrent des viennoiseries au staff chaque jour, je me fais des petits-déjeuners de luxe ! Puis quand je vais au ROCK après le boulot pour travailler un peu sur mon ordinateur, il y a toujours un des deux managers pour passer dans le coin et m’offrir quelque chose à boire ou à manger que je réclame ou non. D’ailleurs, une fois je suis restée jusqu’à la fermeture et Mikami m’a même demandé quelle groupe j’aimais et quand je lui ai dit qu’en ce moment, j’écoutais beaucoup The Avett Brothers, il a mis un de leurs albums dans tout le restaurant ! Après, j’ai switché et j’ai mis un des albums que j’adore de Jason Mraz et il l’a beaucoup apprécié, du coup, il a décidé de l’ajouter à la playlist du ROCK pour les jours à venir. Donc si vous venez manger dans ce restaurant et que vous entendez Jason Mraz, c’est grâce à moi xD !

PS : Les photos de cet article sont de moi, merci de ne pas vous en servir sans mon accord ^^ (cliquez dessus pour les voir en plus grand).

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