Les Hauts de Hurle-Vent – Emily Brontë

Note : ★★★★☆ (3.5/5)
Extrait : « Ma grande raison de vivre, c’est lui. Si tout le reste périssait et que lui demeurât, je continuerais d’exister ; mais si tout le reste demeurait et que lui fût anéanti, l’univers me deviendrait complètement étranger, je n’aurais plus l’air d’en faire partie. »

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Titre : Les Hauts de Hurle-Vent
Auteur : Emily Brontë
Genre : Classique
Langue : Française
Pages : 451
Note : 3.5/5

En bref : Un livre à l’ambiance très particulière, je l’ai aimé et détesté à la fois. Les personnages ont tous un petit grain de folie et d’un côté, j’ai eu du mal à les apprécier, mais d’un autre, je les ai trouvé fascinant ! Laissez-vous emporter par ce roman pour le moins surprenant.

Résumé :

Les Hauts de Hurle-Vent sont des terres balayées par les vents du nord. Une famille y vivait, heureuse, quand un jeune bohémien attira le malheur. Mr. Earnshaw avait adopté et aimé Heathcliff. Mais ses enfants l’ont méprisé. Cachant son amour pour Catherine, la fille de son bienfaiteur, Heathcliff prépare une vengeance diabolique. Il s’approprie la fortune de la famille et réduit les héritiers en esclavage. La malédiction pèsera sur toute la descendance jusqu’au jour où la fille de Catherine aimera à son tour un être misérable et fruste.

Avis :

Si cette chronique n’a pour vous aucun sens, si vous trouvez que je dis tout et son contraire, c’est normal ! J’ai eu du mal à trouver les mots pour décrire ce que j’ai ressenti durant ma lecture. Rares sont les romans qui me font cet effet mais ça arrive et je vais essayer tant bien que mal de vous expliquer ce que j’ai pensé de cet ouvrage.

Nous commençons l’histoire avec l’arrivée de M. Lockwood dans sa nouvelle résidence. Souhaitant échapper aux mondanités, il a décidé de louer la maison des Hauts de Hurle-Vent située dans un lieu reculé d’Angleterre. Là-bas, il fait la connaissance de son propriétaire M. Heathcliff, de Cathy Linton et de Hareton Earnshaw mais surtout il rencontre la gouvernante Nelly Dean. Au service de la famille Earnshaw depuis des dizaines d’années, elle fera le récit de la vie de M. Heathcliff à M. Lockwood, intrigué par cet étrange trio loin d’être hospitalié.

Je pensais au départ lire une histoire d’amour entre M. Lockwood, nouvel arrivant au village et Cathy Linton, prisonnière de sa maisonnée mais ce ne fût pas du tout le cas. Je n’irai pas jusqu’à dire que M. Lockwood ne sert à rien dans ce roman mais en réalité, à part donné une excuse pour que le passé des personnages soit raconté, il n’a pas vraiment d’autres utilités. Je l’ai néanmoins apprécié car il nous permet d’avoir un point de vue complètement extérieur et neutre à l’histoire et ça donne des scènes assez sympathiques. Quant au passé de M. Heathcliff, il commence lorsque ce dernier, âgé d’environ six ans, est recueilli par M. Earnshaw à la suite d’un voyage et continue sur une quarantaine d’années. On y découvre la façon dont il a été élevé, ses relations avec Catherine et Hindley, les enfants de M. Earnshaw et aussi celles avec Edgar et Isabelle, les enfants de la famille Linton, les plus proches voisins de M. Earnshaw. On suit toute cette petite troupe jusqu’à leur passage à l’âge adulte et au-delà.
C’était intéressant de voir l’évolution des personnages au fil des années, d’observer à quel point certains ont changé et d’autres sont restés fidèles à eux-mêmes. Il m’a quand même fallu pas mal de temps pour réussir à ériger l’arbre généalogique de tout ces individus sans me tromper. Entre l’utilisation tantôt des noms, tantôt des prénoms puis les mariages, etc. il y a de quoi se perdre.

Côté personnages, car c’est tout de même ce qu’il y a de plus marquant dans ce roman, je les ai autant aimé que détesté. J’ai essayé au départ de déterminer qui était le « méchant » et qui était le « gentil » mais j’ai très vite abandonné quand je me suis rendue compte qu’ils étaient tous extrêmement humains. Même Nelly Dean qui est la constance de ce roman et bien souvent, la voix de la sagesse, à ses travers. C’est à la fois déroutant et intriguant… au fil de ma lecture, je me disais « Mais ce n’est pas possible, il n’y en a pas un pour rattraper l’autre, ils sont tous irrécupérables ! ».
Heathcliff qui est timide et mignon comme tout au début, change radicalement de personnalité suite aux brimades de Hindley notamment. Il me faisait beaucoup de peine quand il était enfant et je ne pouvais m’empêcher de l’encourager à se rapprocher de Catherine mais ce sentiment a vite disparu comme neige au soleil, une fois celui-ci devenu adulte. Bien que cette transition soit tout à fait compréhensible, je l’ai trouvé poussé à l’extrême. J’ai du mal à imaginer qu’on puisse détester et vouloir se venger de quelqu’un à ce point pendant autant d’années. J’ai un côté bisounours je sais, mais quand même !
Pour ce qui est de Catherine, d’une manière générale, je n’ai pas aimé ce personnage. Je la trouve détestable du début à la fin, ce qui est plutôt fascinant étant donné que c’est le personnage principal avec Heathcliff. Je m’attendais à ce qu’elle ait une prise de conscience à un moment donné, qu’elle retrouve ses esprits et qu’elle remette les choses en ordre mais l’auteure n’est pas allée là où je l’attendais. Au contraire, Emily Brontë a continué à creuser le caractère narcissique et proche de la folie de Catherine. C’était risqué mais le résultat n’en est que plus singulier.
Les autres personnages ont tout autant de défauts que Catherine et Heathcliff, ce qui fait que je ne les ai pas plus apprécié qu’eux.

L’auteure nous dépeint dans Les Hauts de Hurle-Vent des personnages égoïstes qui, bien qu’ils aient des raisons (bonnes ou mauvaises, c’est au lecteur d’en décider) d’agir ainsi, ne semblent pas avoir le courage de passer outre leurs erreurs et leurs sentiments (colère, chagrin, etc.) pour trouver un compromis avec leur entourage. Etant d’une nature plutôt conciliante, c’est un concept qui m’a à la fois dérangé et captivé.

Bref, nous voici avec une romance originale pour l’époque et probablement encore aujourd’hui. La violence de certaines scènes est plutôt choquante surtout si on remet le roman dans son contexte historique. La noirceur des personnages ainsi que les descriptions des lieux où ils interagissent créent une ambiance très particulière et difficile à décrire. Ce fût une lecture troublante et je ne peux que vous conseiller de le lire pour vous faire votre propre avis sur cette histoire.

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Une réflexion sur “Les Hauts de Hurle-Vent – Emily Brontë

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