Octobre 2017 #2 – Yamanashi

20-22 octobre 2017 : Blues The Butcher + Country Festival

Un week-end chargé s’annonce au restaurant et cela commence par une soirée Live le vendredi soir. ROCK a invité le groupe « Blues The Butcher » afin qu’il interprète quelques uns de ses titres autour d’un repas privé.

A cette occasion, le restaurant a fermé ses portes plus tôt que prévu pour avoir le temps d’installer la scène et tout le matériel nécessaire au bon fonctionnement de la soirée. Pendant que le groupe était en train de s’installer, avec des collègues, nous avons mis en place les tables et commencé à préparer les boissons. Comme c’était une soirée spéciale, le menu variait par rapport à ce que le restaurant proposait d’habitude. La nourriture était donc limitée à certains plats et côté boissons, bien que toutes les bières étaient disponibles, ce n’était pas le cas des softs.

Une fois tout en place, nous avons eu une petite réunion où notre manager nous a distribué nos tâches pour la soirée (prendre les commandes, préparer les boissons, servir, débarrasser, etc.). Comme je maîtrise tout le menu des boissons, on m’a demandé de m’occuper des softs et aussi de l’envoi des plats en salle étant donné que la cuisine se trouve du même côté. J’étais bien contente de mon poste car la musique était tellement forte tout au long de la soirée que, sourde comme je suis, j’aurais été bien incapable de prendre les commandes !

La soirée en elle-même s’est bien passée et tout le monde était plus en forme que jamais. A chaque fin de chanson, j’entendais Muto-san crier des encouragements et je le voyais taper dans ses mains ou siffler. De base, il a une voix qui porte et la discrétion n’est pas son fort mais ce soir-là, il s’est lâché et il faisait presque autant de bruit que tout le reste de la salle réunit… xD Fumiya a essayé de limiter à un moment donné et de siffler en mettant ses doigts dans la bouche mais sans succès. Du coup, il s’est entraîné tout le reste de la soirée et j’ai suivi son exemple lorsque j’ai remarqué que je ne savais, moi non plus, plus siffler xD. Je ne recommande pas spécialement cette activité en plein boulot car c’est plus fatiguant qu’autre chose… puis nous n’avions pas l’air très malin, Fumiya avec les doigts dans la bouche et moi à côté avec la bouche en cul de poule…

Lors des dernières chansons, alors que j’attendais patiemment derrière le comptoir que les minutes passent, j’ai été happée par Nanayo et Mana qui m’ont entraîné sur la piste de danse improvisée. Ma tête me lançait des signaux de détresse « Non pas la piste de danse ! Je suis sûre qu’il y a du boulot en cuisine, laissez-moi retourner là-bas, pleaaaase ! ». Je n’ai malheureusement pas réussi à leur échapper et j’ai dû me trémousser pendant six longues minutes avant que le groupe décide de conclure le concert et que je puisse retourner me cacher derrière le comptoir. Bon j’exagère un peu, ce n’était pas si terrible que ça, puis Fumiya qui nous a rejoint malgré lui n’avait pas l’air plus à l’aise que moi alors ça m’a rassuré !
La soirée s’est terminée sous des tonnerres d’applaudissements et une fois tout rangé et nettoyé nous avons pu rentrer chez nous nous reposer.

Moeginomura organisait ce week-end là, le Country Festival. Un événement se déroulant sur deux jours et où des petits stands vendant des produits locaux et artisanaux sont installés non loin du restaurant. Le week-end fût, pour moi, riche en émotions, je suis passée par la surprise, la peur, la stupéfaction, le rire et j’en passe en deux jours seulement. La surprise tout d’abord, quand Takaki (un des cuistots) m’a interpellé alors que je ramenais un plateau de verres en cuisine. En général, quand on est en plein rush, on évite de se parler pour ne pas se déconcentrer et parce qu’on n’a pas le temps tout simplement. Du coup, lorsqu’il m’a appelé alors que j’étais en train d’essuyer mon plateau, je ne m’y attendais tellement pas que j’ai sursauté jusqu’à faire tomber mon plateau sur les verres que je venais de poser sur le plan de travail… On s’est tous les deux stoppés nets dans ce que nous faisions et on s’est regardés avec de grands yeux en mode *oups, boulette*. Comme ça ne lui ressemble pas de m’interrompre en plein rush, je m’attendais à ce qu’il me demande de vérifier qu’un de ces plats avait bien été servi ou quelque chose d’aussi important… Alors après avoir vérifié qu’il n’y avait pas eu de casses côté verres *ouf, c’est bon*, je me suis retournée vers Takaki, prête à accomplir sa mission (*Quelle table ? Quel plat ? Vas-y, je suis prête, balance !*) et là il m’a dit « Bonjour, Pauline. » – « Bonjour Takaki…. xD ».
C’est quelqu’un de timide donc j’étais super contente qu’il prenne l’initiative de venir me dire bonjour, ça doit être probablement la première fois qu’il agit ainsi dans de pareilles circonstances mais dans ma tête je me disais aussi « WHAT? Pourquoi tu me dis bonjour maintenant, je n’ai pas le temps ! xD ». J’ai quand même bien rigolé. Un peu moins par contre quand, plus tard dans la journée, je lui ai foutu la porte battante de la cuisine dans la tronche… *pardon* Il a dû se dire « Si c’est comme ça que je suis récompensé quand je lui dis bonjour, je vais arrêter tout de suite… » Je n’ai pas fait exprès, PROMIS !

Dans le même genre, j’ai failli avoir une crise cardiaque quand j’étais sur l’escabeau pour remettre à niveau la machine à glace et que Muto-san est venu me faire sursauter. Ce n’est pas la première fois qu’il s’amuse à me faire peur mais en général, je le vois plus ou moins arriver. Hors, cette fois-ci, j’ai eu une seconde d’inattention et il en profité. J’ai eu la peur de ma vie, mes jambes ont flanché quelques secondes et j’ai mis bien une bonne minute à m’en remettre. Il m’a rappelé un de mes professeurs à l’université qui, sur une heure de cours, arrivait toujours à m’interroger pendant les cinq minutes où je n’écoutais plus… Il avait l’air si fier de lui en plus avec son petit sourire en coin… *grrr, je l’aurais un jour, je l’aurais !*.

Dans un registre bien différent, c’est la petite-chef (la fameuse) qui m’a choqué plus que jamais. J’étais chargée par Muto-san de l’envoi des plats et je procède toujours de la même façon, c’est-à-dire que j’appelle quelqu’un, je lui donne le nom du plat, la table et si la commande est finie, je lui demande de prendre l’addition avec. Ainsi quand il y a pas mal de monde ça évite de perdre du temps et que les additions s’entassent et se mélangent. Dans l’après-midi, la petite-chef prend un plat et me dit en s’apprêtant à repartir en salle « C’est les pâtes de la 37, c’est ça ? » – « Non. *vérifie sur l’ordi* Ah si, pardon c’est bien la 37. L’addiction va avec. » J’attends que l’addition s’imprime, je la mets sur son support et je me retourne pour la lui donner en pensant qu’elle était encore là mais non, pas un chat. Sur le coup, je me dis qu’elle m’a tout simplement pas entendu et je passe à autre chose.
Cependant, alors que mon shift arrivait à son terme, la même chose se reproduit. Elle prend un plat, me demande le numéro, que je lui donne, et comme je vois que l’addition va sortir, je lui demande d’attendre et de la prendre avec elle. Elle s’avance, passe derrière moi et je me rends compte alors qu’elle n’a aucunement l’intention de s’arrêter pour prendre l’addition et qu’elle va aller directement à la table. Tout en finissant de préparer l’addition, je lui répète un peu plus fort qu’elle ne doit pas l’oublier. A ce stade, j’étais encore persuadée qu’elle ne m’avait pas entendu (certains collègues sont tellement à fond qu’ils filtrent toutes les autres informations). Mais alors que je me retourne pour lui tendre le papier, je la vois se diriger vers moi et pousser un soupir ! Vous savez le gros soupir qui veut dire « OMG, elle me gonfle celle-là, si seulement je pouvais… ». Sa réaction était si inattendue qu’au lieu qu’elle me vexe, j’étais à deux doigts d’exploser de rire. Il faut savoir que les japonais ne sont pas du genre à exprimer ouvertement leurs émotions (hypocrisie bonjour) et encore moins celles qui sont négatives. Du coup, voir quelqu’un perdre son sang froid est assez rare et j’avais bien envie de lui rétorquer « Euuh, je ne te soupire pas à la figure quand tu me saoules (et ce n’est pas les occasions qui manquent pourtant), alors tu es gentille, tu vas te retenir pendant les dix minutes qu’il me reste à faire aujourd’hui. »
Avant ce jour-là, j’avais l’impression qu’elle ne m’appréciait pas mais je me disais que c’était peut-être mon imagination… ba non, j’ai eu la preuve que son affection pour moi était aussi inexistante que celle que j’ai pour elle. Au moins l’équilibre est maintenu xD.

Malgré l’événement spécial, l’affluence a été moindre que prévue car, encore une fois (la troisième je crois), un typhon nommé LAN s’est pointé pile au moment des « vacances » japonaises. Ils ont vraiment la poisse cette année, un peu comme nous avec nos jours fériés qui tombent un dimanche…

24 octobre 2017 : Onsen en plein air

Dernier jour de congé avant la fin de mon service et Mana m’a proposé une journée à la montagne (ce qui ne change pas beaucoup de d’habitude…). Nous sommes partis assez tôt le matin avec Fumiya, Nanayo, Mana, sa sœur, Tom le frère de son meilleur ami, Tom et Emma deux anglais et amis de Mana ainsi que Ikeda-san. Nous nous sommes dirigés vers la montagne que j’ai escaladé déjà deux fois pour prendre le petit-déjeuner au sommet. Ce coup-ci cependant, nous n’avons pas pris la Jeep pour aller jusqu’en haut car nous étions trop nombreux et le typhon LAN qui venait de passer avait rendu le chemin complètement inondé et impraticable. J’aurais d’ailleurs bien aimé avoir cette info à l’avance, j’aurais demandé à Fumiya de me prêter des chaussures de rando en plus de son imperméable, ça m’aurait évité de finir les pieds trempés ><‘.

Après un petit-déjeuner royal avec vue sur le Mont Fuji nous sommes redescendus et nous sommes remontés en voiture direction une autre montagne à une trentaine de minutes en voiture. Arrivée sur place, il a fallu marcher pendant encore deux petites heures avant d’arriver au refuge. Là-bas, nous avons sorti notre matériel et avons mangé un très bon Nabe, ce qu’on pourrait appelé aussi un pot-au-feu japonais. Viande, légumes, ramens, tout était à disposition et nous nous sommes régalés. On voit tout de suite les gens qui ont l’habitude de manger en montagne et de faire des excursions. Ce serait moi, je me contenterai d’un sandwich, une pomme, une bouteille d’eau et puis c’est tout xD. Mais pour le coup, je ne vais pas me plaindre, c’était mon premier Nabe et c’était délicieux !

Une fois le déjeuner terminé et le matériel nettoyé et rangé, nous sommes repartis et avons marché encore une vingtaine de minutes avant d’arriver à notre destination finale : l’onsen. Mana m’avait prévenu la veille et m’avait demandé d’amener mon maillot de bain, chose que je n’avais pas en ma possession (je n’avais pas vraiment prévu d’aller me baigner cette année…). A la place, j’ai pris deux paires de sous-vêtements et un short. Je savais que l’Onsen était situé en plein air mais je pensais qu’il y aurait une cabane ou n’importe quoi d’autres pour se changer juste à côté mais non, que nenni, rien, nada, la nature et rien d’autres !

Du coup, comme l’Onsen était tout de même dans un creux, les garçons sont partis en éclaireur. Ils ont préparé le terrain, se sont changés puis sont entrés dans le bain avant de nous appeler. Nous les avons alors rejoints et pendant qu’ils étaient de dos (de vrais gentlemans, en France, tu en trouverais forcément un pour zieuter xD), nous nous sommes changés et sommes entrés à notre tour. La température extérieure devait frôlée la quinzaine de degrés, je n’ai donc pas fait ma chochotte et j’ai vite rejoint le bain qui, lui, avoisinait plutôt les 40.
Nous étions neuf dans un bain qui n’était pas très grand et les choses auraient pu devenir embarrassantes vu que c’était la première fois que nous nous retrouvions dans ce genre de circonstances. Heureusement grâce à la présence de Ikeda-san, la gêne a vite fait place aux rires lorsqu’il s’est mis à chantonner de vieilles chansons et qu’ils nous a demandé de le suivre.

Par la suite, nous nous sommes lancés quelques défis dont le principal fût d’aller faire trempette dans la rivière qui passait à côté et de tenir le plus longtemps possible. Le premier challenger fût Tom (le japonais) qui bien que tout musclé, a rebroussé chemin à peine le mollet entré ! Ensuite, ils ont envoyé Fumiya mais comme il ne voulait pas y aller tout seul, je l’ai accompagné. Je dois avouer que la rivière était froide mais franchement, elle n’était pas glacée au point où on ne pouvait même pas tremper un doigt de pied. J’y suis donc allée avec Fumiya et après qu’il soit entré dans l’eau jusqu’aux épaules et qu’il ait fait un mini tour sous la petite cascade, il est ressorti illico presto ! Pour ma part, je ne suis pas allée sous la cascade mais j’ai tenu plus de dix secondes avec de l’eau jusqu’aux épaules et bien que j’aurais pu rester un peu plus longtemps, j’ai préféré retourner dans l’onsen et ne pas attraper froid. Sur le chemin du retour, j’ai eu le droit à des applaudissements et des compliments comme si je venais de battre un record du monde xD.

Ma prestation a enhardi Tom (l’anglais) qui fût le challenger suivant avec Tom (le japonais) qui a voulu retenter sa chance. Leurs courages ne sont cependant pas allés plus loin que leurs cuisses cette fois-ci et je reste donc la gagnante de cette compétition. Aucun prix à la clé à part être traité de folle et/ou d’extraterrestre xD.
Pour retourner dans nos habits, nous avons procéder pratiquement de la même façon. Nous nous sommes retournés, les garçons sont sortis, se sont changés et sont partis se mettre de l’autre côté de la colline avant que nous fassions de même.

Le soir, après être revenus de la montagne, nous avons remercié Ikeda-san pour cette excursion et nous nous sommes retrouvés chez moi avec les autres pour une soirée Takoyaki et jeux de cartes. Cette journée fût vraiment excellente sur tous les points (paysages automnales, nourriture, amis, etc.) enfin peut-être pas côté odeur… j’ai eu beau me laver deux fois les cheveux, j’avais le sentiment de sentir encore le souffre à des kilomètres et je ne parle même pas de mes vêtements… Mais à part ça, c’était parfait, j’ai eu l’occasion de discuter longuement avec Fumiya au cours de la journée et c’est un garçon vraiment charmant. J’aurais aimé qu’on ait eu ces conversations bien plus tôt, j’ai l’impression d’avoir gaspillé un temps précieux T___T.

25-26 octobre : Megane et Soirée entre collègues

Le lendemain de mon jour de congé, Mana m’a emmené dans une boulangerie nommée Megane non loin du ROCK pour petit-déjeuner avant d’aller bosser. C’est la boulangerie où travaille le fils de Ikeda-san et j’en avais entendu beaucoup de bien mais comme c’est tout de même un petit peu loin à pied, je n’y étais encore jamais allée. Sur place, j’ai commandé un menu composé de toasts avec de la confiture de myrtilles et un lait chaud. Et nous avons eu le droit à une soupe aux fleurs gratuitement par le fils de Ikeda-san qui nous a reconnu. J’étais un peu sceptique en ce qui concerne la soupe mais elle s’est avérée très bonne et elle avait beaucoup d’arômes ! Quant aux restes du menu, je pensais que ça ne suffirait pas à remplir mon estomac et j’étais prête à commander l’œuf et les tranches de bacon que j’avais repéré mais finalement, ce fût largement suffisant ! Je me les réserve pour la prochaine fois, rien que de les voir, ils m’ont fait baver.

En sortant, je me suis faite plaisir à la boutique et en plus d’un donught que Mana m’a offert, j’ai acheté un pain perdu au miel et à la vanille. Ils ne sont pas restés bien longtemps dans leur sachet et ils ont vite rejoint mon estomac *miam*. Aaah, pourquoi je ne suis pas allée là-bas plus tôt ! Certes, je préfère mon lit a une marche de trente minutes chaque matin mais si j’avais su les plats succulents qui m’attendaient au bout, j’aurais fait plus d’efforts ! ><

Le 26 octobre, le ROCK a une nouvelle fois fermé ces portes plus tôt que prévu, officiellement pour maintenance mais officieusement pour maintenance et soirée entre collègues *fufufu*. Après avoir fini le service du midi, débarrasser, nettoyer et ranger toute la vaisselle, Muto-san nous a donné à chacun une tâche à accomplir et la mienne fût de passer l’aspirateur dans tout le restaurant. La salle est grande mais franchement, je ne pensais pas que ça allait me prendre autant de temps… J’ai dû passer plus d’une heure et demi à faire ça, ce qui fait qu’une fois terminé, tout le reste était déjà fait et ils n’attendaient plus que moi. J’ai eu le droit à trente minutes de pause avant le début de la soirée alors j’ai couru jusqu’au dortoir, pris une douche, me suis habillée et j’y suis retournée direct.

Cette soirée fût aussi l’occasion de dire adieux à toutes les personnes qui vont prochainement quitter le ROCK. Bien que la plupart soit partie à la fin de l’été, certains ont continué l’aventure jusqu’à l’approche de l’hiver où les conditions météorologiques deviennent alors trop contraignantes pour venir travailler jusqu’à Kiyosato (seul quelques irréductibles nippons résistent encore et toujours à l’envahisseur *kof kof* pardon). Ainsi comme lors de la soirée des français fin août, nous nous sommes tous réunis autour d’un succulent repas et nous avons passé un bon moment tout ensemble. Toutes les personnes quittant le restaurant ont dû faire un speech et bien que je m’y attendais un peu, je n’étais pas préparée pour autant… J’ai donc baragouiné quelques phrases et essayé de n’oublier personne dans mes remerciements, ce qui n’est pas évident quand une quarantaine de paires d’yeux vous fixe.

27-30 octobre 2017 : Poker + Soba + Début des adieux

Le 27 octobre, j’ai enchaîné avec une soirée poker chez Takayama. Je n’ai jamais eu une semaine aussi chargée xD. Mais bon, c’est la dernière alors je ne dis non à aucune sortie qu’on me propose car le temps précieux qu’il me reste, je veux le passer le plus possible avec mes collègues devenus amis et pas seule dans ma chambre devant mon ordinateur.

Ce fût une soirée comme beaucoup d’autres, hormis que, cette fois-ci, au lieu de gagner 11 yens, j’ai perdu 41 yens à la fin de la partie… Le grand gagnant de la soirée fût Fumiya qui jouait avec nous pour la première fois (la chance du débutant est plus fort que tout, j’aurais dû le savoir !). Les perdants devaient manger un plat concocté par Takayama mais il nous a dit ce que c’était seulement une fois que nous en ayons mangé. J’ai donc goûté pour la première fois de ma vie des testicules de cheval et je dois avouer que ce n’était pas dégueu du tout, meilleur que du foie en tout cas !

Le 30 octobre, j’ai fini à 18h au lieu de 20h afin de pouvoir aller manger des Sobas avec Ryo-san et d’autres collègues. Cela faisait des semaines que Ryo-san voulait m’emmener manger les Sobas d’un fameux restaurant mais entre une chose et une autre, nous n’avons jamais réussi à trouver un créneau qui contentait tout le monde. Finalement ce jour est arrivé et nous voici en route pour le restaurant tenu par une vieille connaissance de Ryo-san. Contrairement au restaurant classique, celui-ci est basé dans la maison même des propriétaires, une vieille maison de l’époque Edo qu’il est désormais plus facile d’apercevoir en regardant un film historique qu’en se baladant au Japon.

Le repas était excellent, les tempuras, les sobas et autres verrines non identifiées délicieux mais ce que j’ai le plus apprécié, c’est le dessert, des pêches et une sorte de friand à la patate douce accompagné d’une confiture de myrtille. J’ai eu un véritable orgasme gustatif ! J’aurais bien demandé la recette mais j’aurais été probablement incapable d’en faire des aussi bons alors je me suis contentée de savourer.

En rentrant du restaurant, une soirée cartes s’est mise en place chez moi à l’improviste (elles n’ont jamais été prévues bien à l’avance mais bon… xD). Muto-san, Nanayo et Fumiya étaient en congés donc ce sont les premiers à être arrivés au dortoir et mon départ approchant, ils m’ont inondé de cadeaux ! J’ai reçu de leur part un puzzle de One Piece que je pourrai transformer en tableau une fois terminé, des lunettes qui brillent dans la nuit pour la soirée de Halloween et un Hanko. Le Hanko est un sceau que les japonais utilisent pour signer tous les documents importants à l’instar de notre signature manuscrite. C’est quelque chose que tout bon japonais doit avoir sur soi. J’ai été très touchée par ce cadeau en particulier, car pour le faire ça prend du temps et cela veut aussi dire qu’ils ont longuement réfléchi à comment transformer mon prénom en Kanjis et pour avoir déjà tenté le coup, ce n’est pas évident du tout. Mais eux, en plus d’avoir réussi, ils m’ont attribué des Kanjis bien trop classes pour moi *sont choupi <3*. Un peu plus tard dans la soirée, Mana, Koike et Kakegawa nous ont rejoint et nous avons joué et rigolé jusque tard dans la nuit. J’ai été ravie de voir que Kakegawa avait fait le déplacement pour notre dernière soirée cartes, lui qui ne nous accompagne jamais d’habitude ! ><

31 octobre 2017 : Halloween

Dernier jour de boulot et quoi de mieux pour finir cette aventure à Kiyosato qu’en se déguisant et en faisant la fête ? Chaque année, je voyais les photos de Halloween et ils avaient l’air de tellement s’éclater dessus que lorsque je suis revenue travailler à Kiyosato, je me suis dit que si c’était possible, il fallait absolument que j’y participe ! C’est ce que j’ai fait.

Comme à chaque fois qu’il y a un événement spécial au ROCK, le restaurant ferme ses portes en milieu d’après-midi et nous profitons du break pour faire le ménage et les préparatifs pour la soirée. Une fois que tout fût en place, nous nous sommes changés et maquillés puis nous avons attendu l’arrivée des clients qui avaient réservé leurs places pour l’occasion. Les clients sont priés de venir déguisés eux aussi et je n’ai pas pu m’empêcher de rigoler face à certains costumes. Ils ont beaucoup d’imagination et j’adore le fait qu’ils jouent le jeu à fond ! Je ne suis pas sûre qu’une telle soirée aurait autant de succès en France. Mais ce soir-là, j’ai pu rencontrer Mario et Luigi (version féminine), Kiki la petite sorcière (version masculine), une Jedi, Ghostbusters, des Bananes, toute la bande Peter Pan, un homme de Cro-Magnon et j’en oublie. C’était vraiment génial ! Le staff était aussi déguisé pour l’occasion et afin de pouvoir nous différencier des clients, nous avions choisi un thème commun : Charlie de la BD « Mais où est Charlie ? ». Nous portions tous un haut et un bonnet rayés rouge et blanc et des lunettes.

On nous avait, cette fois encore, attribué une tâche à chacun et comme ce n’était pas un menu mais un buffet qui était proposé, il y avait besoin de personne pour l’envoi des plats, j’ai donc été mise à la bière avec Fumiya et nous avons passé la soirée à servir les clients, prendre des photos, rigoler et danser au rythme de la musique. Vers la fin de la soirée, lorsque les clients ont commencé à partir les uns après les autres, nous avons été embarqué, avec Fumiya, dans une séance photos. Alors que nous étions en train de nettoyer le comptoir, les clients nous demandaient chacun leur tour s’ils pouvaient prendre des photos avec nous. Nous avons donc fini par nous accroupir prêt de l’entrée et les gens venaient se placer derrière ou à côté de nous pour avoir leur petit souvenir.

Une fois tout le monde parti, nous avons fait le grand nettoyage et j’ai été chargée non pas de l’aspirateur mais du nettoyage des toilettes. J’avais réussi à y échapper jusque là mais j’ai baissé ma garde trop vite *flûte*. Le nettoyage des toilettes n’a pas eu un effet bénéfique sur moi. Jusqu’alors, j’étais accaparée par le boulot donc je n’y avais pas pensé mais le fait que tout redevienne calme et que je sois seule avec mes pensées m’a fait prendre conscience que c’était bel et bien mon dernier jour au ROCK et que j’allais devoir quitter cette belle équipe dans les prochains jours. Je n’ai pas pleuré mais je n’étais plus aussi joyeuse et souriante que pendant la soirée…

Lorsque mon boulot fût fini, je suis retournée en salle et de voir mes collègues s’afférer à leurs tâches et me dire que bientôt je ne serais plus parmi eux m’a mi les larmes aux yeux mais je tenais encore le coup ! Par contre, quand je suis arrivée au comptoir et que Muto-san m’a dit en rigolant « Hey Pauline, tu ne pleures pas hein ?! *gros sourire* » ba ça a ouvert toutes mes écoutilles, ce fût le début de la fin… Je me doutais que j’allais pleurer (je ne me souviens pas avoir quitté une seule fois Kiyosato sans quelques larmes…) mais je ne pensais pas pleurer à ce point, un vrai bébé. Du coup, je suis allée me cacher derrière le comptoir et j’ai essayé de me remettre de mes émotions mais Muto-san m’a poursuivi et il m’a foutu une citrouille en peluche dans la tronche pour que je puisse cacher mes larmes (avec beaucoup de délicatesse comme toujours…).

Après ça tout le monde a capté que j’avais pleuré alors il me regardait avec des petits yeux tristes et compatissants et ça me donnait encore plus envie de pleurer. Et à chaque fois que j’arrivais enfin à me contrôler, il y avait Fumiya qui me tapotait la tête en signe d’encouragement ou Muto-san qui me criait « Pauliiiine, pleure pas ! » (ce qui lui a valu une citrouille dans le ventre à un moment donné) ou encore Mikami qui me disait « Pauline, pourquoi tu t’en vas ? T’en vas pas ! Qu’est-ce qu’on va faire sans toi ? » (ce que vous faisiez avant que j’arrive peut-être ? xD). Autant vous dire que je ne ressemblais plus à rien et que ça les faisait bien rire ! Shou-chan essayait de me réconforter en me disant que je reviendrai bientôt ici et quand je lui ai expliqué qu’à chaque fois que je viens le staff a changé et que, bien que je sois sûre de retrouver certaines personnes, ce n’est pas le cas pour d’autres et même si je les reverrai probablement un jour, je ne sais pas quand ça sera ni quelles seront les circonstances. Bref, après lui avoir expliqué tout ça, elle m’a sorti « Punaise, je vais me mettre à pleurer à cause de toi maintenant ! » *pardon ? xD*.

Pour clôturer cette soirée, j’ai dû faire un speech et j’étais prête cette fois-ci ! J’avais réfléchi à ce que je voulais dire alors quand Mikami m’a donné la parole j’étais au taquet, je me suis concentrée, j’ai respiré un bon coup et… j’ai réussi à dire « Merci beaucoup ! » avant d’éclater en sanglots pour la n-ième fois de la soirée… Mon cas était vraiment désespéré ce soir-là mais finalement c’est peut-être mieux ainsi. Mes larmes ont été, je crois, plus explicites que n’importe quel mot que j’aurais pu sortir pour exprimer toute la reconnaissance et la joie que j’ai eu à travailler avec eux !
Pour certains, ce n’est peut-être qu’un boulot mais pour moi, ce fût ma vie entière pendant un peu plus de quatre mois, ce fût mon boulot et ma maison, mon patron et ma famille, mes collègues et mes amis. Ça n’a pas toujours été facile, j’ai passé des journées tellement crevantes que je passais les moindres pauses à comater sur le canapé de la salle de repos. J’ai eu des envie de meurtres, j’ai cassé de nombreux verres, j’ai fait des erreurs de commandes, je me suis trompée de tables un nombre incalculable de fois mais malgré toutes ses boulettes, ils ont continué à me donner du travail. Et mieux que ça même, ils m’ont donné des responsabilités. Ils m’ont fait confiance là où d’autres se seraient contentés de me laisser à la plonge.

Puis entendre au détour d’un verre que malgré qu’ils doutaient de mes capacités au départ, ils ont trouvé que j’avais fait du bon boulot, que j’avais travaillé parfois mieux que d’autres japonais et qu’ils n’ont jamais eu peur de me laisser la boutique entre les mains et de partir en pause, c’est juste hyper gratifiant et ça rend les adieux encore plus difficiles. Alors oui, j’ai pleuré comme un bébé et j’ai fait un câlin à tout le monde avant de partir car vu que je n’arrivais pas à en placer une, c’était le seul moyen que j’avais à disposition pour les remercier pour cette belle aventure qui fût longue et courte à la fois. Merci beaucoup, merci pour tout et je ne sais pas quand ce sera mais comme dirait Schwarzy « I’ll be back! ».

PS : Les photos de cet article sont de moi, merci de ne pas vous en servir sans mon accord ^^ (cliquez dessus pour les voir en plus grand).

 

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