Ma vie de Geisha – Mineko Iwasaki

Note : ★★★★☆ (4/5)
Extrait : « Karyukai signifie ‘monde des fleurs et des saules’, car si la geisha est une fleur parmi les fleurs, elle possède aussi la grâce, la souplesse et la force d’un saule. »

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Titre : Ma vie de Geisha
Auteur : Mineko Iwasaki
Genre : Autobiographie
Langue : Française
Pages : 352
Note : 4/5

En bref : Un témoignage honnête et très instructif qui nous montre l’univers des Geisha à Kyoto au 20ème siècle. Il ne m’a pas toujours été facile de comprendre le comportement de Mineko mais j’ai tout de même apprécié la suivre de l’enfance à l’âge adulte. Un récit enrichissant.

Résumé :

Mon nom est Mineko. Ce n’est pas le nom que mon père m’ a donné à ma naissance. C’est celui qu’ont choisi les femmes chargées de faire de moi une geisha, dans le respect de la tradition millénaire. Je veux raconter ici le monde des fleurs et des saules, celui du quartier de Gion. Chaque geisha est telle une fleur par sa beauté particulière et tel un saule, arbre gracieux, souple et résistant. On a dit de moi que j’étais la plus grande geisha de ma génération ; en tout cas j’ai frayé avec les puissants et les nobles. Et pourtant, ce destin était trop contraignant à mes yeux. Je veux vous raconter ce qu’est la vraie vie d’une geisha, soumise aux exigences les plus folles et récompensée par la gloire. Je veux briser un silence vieux de trois cents ans.

Avis :

Masako a à peine cinq ans lorsqu’elle prend la décision de quitter ses parents et de prendre le prénom de Mineko. Désormais membre de la famille Iwasaki, elle est élevée en tant que atotori (prochaine héritière) et doit suivre et respecter les nombreuses règles qui règnent au sein de Gion-Kobu, le quartier des Geisha. Mais le caractère de Mineko ainsi que ce nouveau statut entraînera problèmes et jalousie dans l’Okiya (logement des Geisha).

L’histoire nous est contée par Mineko Iwasaki et est donc autobiographique. Elle nous narre sa vie de sa plus tendre enfance à l’âge adulte et j’ai été fascinée par cette femme. Je l’ai trouvé très humaine, dans le sens où, elle ne cache à aucun moment ses erreurs et travers. Elle n’épargne personne, pas même elle et certaines de ses anecdotes étaient captivantes.
Enfant, elle était couvée, choyée presque vénérée par ses parents et plus tard par Tata Oïma qui l’adoptera. Cet amour et ce désire que chacun avait de la vouloir près d’elle rend la jeune fille plutôt hautaine et peu agréable au début du livre (et encore un peu plus tard). Habituée à ce que les choses aillent dans son sens, elle boude et se remet difficilement en question quand ça tourne mal. Cela aurait pu m’agacer mais comprenant dans quel environnement elle vivait, j’ai trouvé son comportement quoique déplaisant, justifié.

En grandissant, elle se passionne pour la danse, les kimono et le monde des Geisha qui est désormais le sien et devient une femme déterminée et travailleuse mais avec toujours ce petit côté naif. S’offre alors au lecteur une source de savoir à l’état brute. Je ne me suis jamais intéressée plus que ça au quartier des plaisirs de Kyoto et le peu de fois où j’ai mis mon nez dedans, je ne m’étais imaginée qu’un système si complexe et hiérarchisé se cachait dans les rues de Gion-Kobu. Ce roman m’a appris un nombre incalculable de choses comme les différents titres donnés au Geisha en fonction de leur âge et leur statut, les différents kimonos qu’elles doivent porter en fonction de l’événement auquel elle assiste en passant par le protocole que les clients doivent respecter en présence d’une Geisha et inversement. Bref, certaines explications peuvent paraître trop longues et chargées mais étant une grande fan du Japon, j’ai été ravie d’ingérer toutes ces nouvelles données !

Ce livre permet aussi de faire tomber quelques préjugés comme celui qui sous-entend que les Geisha étaient des prostitués. Il arrivait qu’elles aient des relations, des aventures voire même qu’elles se marient avec l’un de leurs clients mais à aucun moment elles étaient payées pour coucher avec eux, cela était strictement interdit et très surveillé. Il fallait suivre un processus bien précis. Les Geishas étaient aussi des femmes très cultivées. En plus de savoir danser et jouer d’au moins un instrument, elles devaient être capables de parler de n’importe quel sujet (politique, culture, religion, sciences, etc.) susceptible d’être abordé par le client. Elles étaient là pour divertir autant leurs yeux et leurs oreilles que leur intellectuel.

Bref, « Ma vie de Geisha » est une autobiographie que j’ai beaucoup apprécié. Certaines descriptions rendent la lecture quelque peu lente mais la vie de Mineko Iwasaki n’en reste pas moins passionnante. Avoir un véritable témoignage d’un monde si fermé et attaché aux traditions était enrichissant. Si vous n’êtes pas fans des biographiques, vous pouvez toujours tenter et lire Geisha de Arthur Golden, bien plus célèbre et où l’auteur s’est inspiré de la vie de Mineko, suite à une interview, pour créer son histoire.

 

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