Bakhita – Véronique Olmi

Note : ★★★★☆ (4/5)
Extrait : « Elles ne passeront pas leur vie sur les pistes, un jour la marche sera terminée, un jour il y aura autre chose, et autre chose ne peut pas être pire, le pire est déjà vécu. »

couv16974925

Titre : Bakhita
Auteur : Véronique Olmi
Genre : Historique
Langue : Française
Pages : 455
Note : 4/5

En bref : Un roman qui nous raconte la vie de Bakhita, de son esclavage dès l’âge de 7 ans au Soudan à son entrée chez les Sœurs en Italie. Un témoignage dure et violent à l’instar d’une grande partie de sa vie. Un morceau de l’Histoire qu’on n’étudie pas assez à l’école malgré son importance.

Résumé :

Bakhita, née au Darfour au milieu du XIXe siècle, est enlevée par des négriers à l’âge de 7 ans. Revendue sur un marché des esclaves au Soudan, elle passera de maître en maître, et sera rachetée par le consul d’Italie. Placée chez des religieuses, elle demande à y être baptisée puis à devenir sœur.

Avis :

Nous faisons la connaissance d’une petite fille vivant dans la joie et la paix auprès de sa famille dans un petit village du Darfour. Sa vie commence a changé le jour où elle est témoin d’une razzia, des hommes sont venus enlevés les enfants du village dans l’espoir de les revendre comme esclaves dans les grandes villes alentours. A partir de cet instant, les villageois redoubleront de prudence mais ça ne sera pas suffisant car un après-midi, deux petites filles seront kidnappées à leur tour, parmi elles se trouvera Bakhita, dont le nom signifie « La Chanceuse ».

Pour compléter un challenge littéraire, je cherchais un livre dont l’histoire devait se passer dans un pays du Sahel. L’Afrique n’étant pas un continent qui me fascine plus que ça, j’étais partie sur un livre parlant de la guerre d’Algérie ou à défaut, la relecture d’une nouvelle se déroulant au Burkina Faso. Puis finalement, au gré de mes recherches, je suis tombée sur Bakhita et je me suis dit « Pourquoi pas ! ».

Je ne regrette pas mon choix parce que j’ai pu découvrir la vie d’une femme particulièrement courageuse. L’histoire nous est reportée par une tiers personne mais ça n’enlève en rien l’implication qu’on peut avoir dans ce récit car la plume de l’auteure suit et reflète parfaitement l’état d’esprit de Bakhita. Ainsi, lorsqu’elle se fait enlever vers l’âge de 7 ans, Bakhita a peur, sent que la situation, dans laquelle elle est, n’est pas normal mais elle n’a pas pleinement conscience de ce qui lui arrive, ni de ce qu’elle subit déjà. Cela se voit par l’utilisation de phrases courtes et par la description parfois abstraite des sévices, comme si l’auteure avait voulu conserver encore un peu l’innocence de cette jeune fille et du lecteur par la même occasion. Cette innocence, on va rapidement l’a lui volée aussi et à travers son périple, elle verra et endurera toute sorte d’atrocités.
Je lis pas mal de bouquins et de tous les genres donc j’ai vu passer beaucoup de scènes choquantes au fil des ans mais ça ne m’a pas empêché d’être particulièrement marquée par certains passages de ce livre. De savoir qu’en plus ce n’est pas de la fiction et que des gens ont réellement maltraité et tué des êtres humains de la façon décrite… je suis restée sans voix. Toute la première partie de ce livre est empreinte d’agressivité et d’abus. Ce n’est pas toujours facile à lire, loin de là, mais parce que je ne voulais laisser Bakhita dans cette posture, j’ai continué ma lecture. Je l’ai vu grandir et je l’ai vu grappiller des petits moments de liberté qui lui redonnait espoir et ça m’a redonner courage à mon tour.

La deuxième partie du livre voit Bakhita s’intéresser à la religion. Elle finit par entrer dans les ordres en Italie et bien que l’esclavage ne soit pas d’actualité là-bas, la présence de personnes Noires est encore rare à l’époque et elle devra faire face à tout un tas de préjugés. Il y a de nombreuses phrases que j’ai trouvé irrespectueuses et des comportements qui seraient, à notre époque, très déplacés, mais à la fin du XIXème / début XXème siècle, cela n’avait rien d’anormal. C’est ce décalage et cette évolution qu’il y a eu depuis qui m’ont intrigué plus que la religion et la foie de la protagoniste.

Bref, Véronique Olmi nous offre là le témoignage sans fioriture d’une Soudanaise arrachée à l’amour d’une mère, mise en esclavage une partie de sa vie et qui a fini par trouver l’amour de Dieu. Bakhita est une enfant dont le courage et la capacité d’adaptation m’ont ébranlé plus d’une fois. Elle devient par la suite, une femme libre, croyante mais une femme meurtrie par de trop nombreuses séparations et hantée par un passé dont elle ne peut se défaire. L’histoire est dure, violente mais elle se doit d’être connue et transmise car ce qui est arrivée à Bakhita est survenu à beaucoup d’autres enfants et peu ont eu sa chance.

Publicités

4 réflexions sur “Bakhita – Véronique Olmi

  1. Ce n’est habituellement pas mon genre de lecture parce que le fait que ce soit basé sur des choses « vraies » me perturbe bien souvent pas mal. Mais c’est vrai que ce roman semble être le genre de lecture qu’il faut faire…

    J'aime

    • Les romans relatant des histoires vraies ne sont jamais faciles à lire en effet. Ce n’est pas mon genre de prédilection non plus, je préfère les livres divertissants (le monde qui nous entoure est suffisant cruel comme ça) mais de temps en temps il est bon de lire ce genre de récit afin de ne pas oublier ce qui est arrivé et/ou peut survenir ^^
      Puis ça reste plus facile à lire qu’un bon vieux livre de cours !

      Aimé par 1 personne

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s