Celle que je suis – Bingo Morihashi & Koko Suwaru

Note : ★★★★☆ (4/5)
Extrait : « Je déteste mon corps. Mes bras, mes jambes, mon visage, mon torse, le bas de mon corps… Tout. »

couv14255778Titre : Celle que je suis
Auteur : Bingo Morihashi & Koko Suwaru
Genre : Shojo
Langue : Française
Tomes : 2 tomes (terminé)
Note : 4/5

En bref : Une saga au thème peu traité et qui a été abordée ici avec beaucoup de sensibilité. J’ai été charmé par Yûji et même si le deuxième tome est de moins bonne qualité, c’est une histoire que je recommande pour son originalité et pour la visibilité qu’elle apporte sur les transgenres.

Résumé :

Années quatre-vingt, Tokyo. Yûji Manase est étudiant. Mais il vit au quotidien avec deux secrets dont il n’a jamais parlé à personne : d’une part, les sentiments qu’il éprouve pour son ami de longue date Masaki Matsunaga, et de l’autre, le malaise qu’il ressent vis-à-vis de son corps. Un jour, Yûji pose la main sur une robe que sa sœur a laissée dans son appartement, sans savoir que cet acte allait bouleverser sa vie…

Avis :

Yûji s’est toujours trouvé mal dans sa peau, comme si à la naissance, on ne l’avait pas mis dans le bon corps. Au fil des années son mal être grandi et se fondre dans la masse devient de plus en plus difficile. Un soir alors que sa sœur lui rend visite et laisse chez lui une robe, Yûji va se laisser tenter et l’essayer. Ce geste anodin lui fera prendre conscience du manque qu’il a depuis toujours mais surtout de la façon de le combler.

Depuis quelques années Akata propose des titres variés aux sujets souvent forts et actuels, c’est encore une fois le cas avec Celle que je suis. On y parle de transgenre et c’est bien la première fois que je lis un mangas sur ce thème. Rien que pour ça, il vaut le détour. Yûji est un homme qui s’est toujours senti femme, il déteste son corps et aimerait trouver une oreille attentive à ses problèmes mais la société et ses codes sont contre lui et l’empêchent de trouver sa « voie ».
On entre dans la problématique très connu du regard des autres sur nous. Comment est-on ? Comment voudrait-on réellement être ? Et comment notre entourage ou la société voudrait qu’on soit ? Dans ce premier tome, j’ai trouvé que tout était abordé avec beaucoup de pudeur et de sensibilité. J’ai été touchée par le personnage principal et sa quête d’identité. On ressent sa détresse, son envie d’être différent mais la peur d’être rejeté par sa famille et ses amis. Mentir lui semble alors la seule solution jusqu’à ce que les mensonges s’entassent et l’asphyxie.

Ayumi, une fille du même club que Yûji a aussi un complexe sur son apparence. Elle a un côté garçon manqué et cela ne semble pas attirer le garçon qu’elle aime, Masaki. Elle voudrait être plus féminine mais le courage et la confiance en elle lui font défaut.
A la fin du tome cependant chacun va prendre une décision qui va chambouler sa vie.
En plus de ces deux personnages, nous avons Etsuko et le fameux Masaki. Bien que Masaki soit le centre de l’attention, on ne sait pas grand-chose sur lui et il m’a été difficile de l’apprécier. De même pour Etsuko que j’ai trouvé fade face à Ayumi et Yûji.

J’ai donc été séduite par ce premier tome, malheureusement le charme n’a pas vraiment opéré dans cette suite et surtout fin. Tout d’abord parce que je n’ai pas retrouvé cette sensibilité qui m’avait tant plu dans le tome précédent. On s’enlise dans une romance tout ce qu’il y a de plus banale pendant toute la première partie et le thème du transgenre qui faisait l’originalité du mangas n’est pratiquement plus abordée. Il faut attendre la deuxième moitié pour qu’il refasse surface et là encore, tout se passe bien trop vite. Yûji fait des pas de géants dans l’acceptation de soi et rien n’est développé ou très peu.

J’ai vraiment été déçue par la fin que j’ai trouvé précipité et bâclée. Il y avait largement de quoi faire encore un ou deux tomes. Après, je n’ai pas de sources sûres mais il semblerait que le mangas n’ait pas vraiment fonctionné au Japon et que l’éditeur ait demandé à la mangaka de terminer au plus vite son histoire.
C’est quelque chose de très courant là-bas et vu comment le dénouement est accéléré, ça ne m’étonnerait pas que ce soit vrai. Cela expliquerait aussi la vitesse de résolution des problèmes de chacun, les révélations et les ellipses à foison pour éviter les passages de réflexion et de remise en question. C’est dommage…

Bref, « Celle que je suis » est une duologie au thème original et abordé avec beaucoup de délicatesse et de subtilité dans le premier tome. Le deuxième ne fait certes pas honneur à la saga mais cela reste tout de même une histoire globalement touchante, qui mérite qu’on y jette un œil. C’est le genre de récit qui a besoin d’un maximum de visibilité pour que d’autres se lancent dans l’aventure et que ça devienne une histoire comme les autres.

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4 réflexions sur “Celle que je suis – Bingo Morihashi & Koko Suwaru

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