La machine à brouillard – Tito Desforges

Note : ★★★★☆ (4/5)
Extrait : « J’ai écrit plus haut qu’il y avait eu un moment où j’étais devenu fou. Eh bien, docteur, retenez ça : la folie est un abîme et qui y plonge n’en voit jamais le fond. »

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Titre : La machine à brouillard
Auteur : Tito Desforges
Genre : Thriller
Langue : Française
Pages : 224
Note : 4/5

En bref : Un thriller sombre, dérangeant, au final particulièrement émouvant. On s’y attend plus ou moins tout le long du roman mais l’effet est tout de même bien présent. J’ai été un peu rebutée par la narration et la violence dont fait preuve le héro au début mais le dénouement m’a fait revoir mon jugement.

Résumé :

Mac Murphy est un soldat d’élite. Mac Murphy est fort. Mac Murphy est dur. Mac Murphy est fou. Mac Murphy trimbale dans sa tête une épouvantable machine à brouillard qui engloutit ses souvenirs, sa raison et l’essentiel de son âme, morceau après morceau.
Quand les habitants de Grosvenore-Mine, ce village perdu dans les profondeurs de l’Australie, se hasardent à enlever la fille de Mac Murphy, ils ne savent pas à quel point c’est une mauvaise idée.
Une époustouflante plongée dans l’amour d’un père pour sa fille et dans les tréfonds de la démence d’un homme. Inlâchable. Attention : cauchemar.

Avis :

Nous suivons le traitement du soldat Mac Murphy par le docteur Zimmers et son assistant, le Docteur Jovic. Nous ne savons pas exactement ce qu’il a au début du livre, seulement qu’il a des pertes de mémoire et qu’il veut voir sa fille, qu’il pense être aux mains du Docteur Zimmers. Cependant, un événement semble avoir, tout de même, déclenché ses troubles et après que les médecins aient donné à Mac Murphy, une feuille et un stylo, il va relater son histoire afin d’extérioriser ses démons.

Je remercie les éditions Tarnauda, pour m’avoir fait découvrir le travail de Tito Desforges.

Dès le début, on se doute que l’histoire ne va pas être très joyeuse et qu’elle va tourner autour de la recherche de la fille de Mac Murphy. Néanmoins, nous ne connaissons absolument pas les circonstances de cette recherche ni, si c’est réellement la perte de sa fille qui a engendré les troubles de la mémoire et le déni dans lesquels s’est plongé le héro. J’étais donc curieuse de découvrir tout ça et j’ai assez vite enchaîné les pages de ce court roman.

Hormis les enregistrements retranscrits par le Docteur Jovic, la narration est principalement du pont de vue de Mac Murphy. Sous forme de lettres écrites pour le Professeur Zimmers, il raconte ce qu’il lui est arrivé au village de Grosvenore-Mine. J’ai eu beaucoup de mal avec la manière d’écrire du protagoniste. C’est un soldat, malade qui plus est, qui couche sur le papier les mots tels qu’ils lui viennent en tête. Nous avons du coup affaire a un langage parlé contenant peu de ponctuations. Ce n’est pas toujours très agréable, ni fluide à lire. Même si c’est cohérent avec le caractère du personnage principal, j’ai eu du mal à m’y faire.

Ensuite, Mac Murphy n’est pas un personnage très sympathique, du moins, dans un premier temps. Il est adorable avec sa fille certes mais en ce qui concerne les étrangers, il a le sang chaud et ne supporte pas d’être contredit. Ses sautes d’humeur le rendent dangereux et nous allons vite voir jusqu’où sa colère et son amour vont l’emmener.
Ce n’est vraiment pas joli à voir et à plusieurs reprises, j’ai grimacé devant les descriptions de torture et de violence que je lisais. D’un autre côté, la psychose dans laquelle Mac Murphy est plongée est intéressante à suivre, bien que les habitants du village en fasse les frais de la plus horrible des manières. Comprenant, au fil du roman, de mieux en mieux la maladie du patient, on finit par se demander si ce qu’il dit est véridique ou s’il s’est perdu dans ses illusions.

Le dénouement, qui nous permet d’avoir une réponse à toutes ses interrogations est perturbant et terriblement touchant. Jusque là, le roman ne m’avait pas particulièrement transcendé, je l’appréciais mais je savais que je n’allais pas en garder un souvenir indélébile. Cependant, la fin m’a fait revoir mon jugement. Elle m’a scotché et j’ai adoré la façon dont toutes les pièces du puzzle se sont assemblées pour former une image nette et précise des événements. Tout à un sens, tout a été calculé par l’auteur jusque dans les moindre détails et j’ai été transportée sur les derniers mètres. Je ne m’y attendais pas !

Bref, « La machine à brouillard » est une découverte sympathique. Je n’étais pas vraiment emballée par ce récit au départ, à cause de la violence plutôt gratuite qui y est dépeinte et le style de narration choisi pour le héro mais la fin m’a fait changé d’avis. Le final est poignant et rend ce thriller sombre et morbide, percutant et extrêmement bien pensé.

 

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