Devil’s Line – Ryo Hanada

Note : ★★★★★ (5/5) Coup de cœur
Extrait : « Des vampires qui passent pour des humains. Des vampires qui tuent des humains. Des humains qui se comportent comme des vampires. Maman, je suis perdue. »

couv24981356Titre : Devil’s Line
Auteur : Ryo Hanada
Genre : Seinen
Langue : Française
Tomes : 14 tomes (terminé)
Note : 5/5 Coup de cœur

En bref : « Devil’s Line » pêche par la qualité de ses dessins au début, mais c’est vraiment le seul défaut que je peux lui reprocher, et encore, on s’y habitue. Pour le reste, c’est parfait ! Les personnages sont variés et bien développé, l’histoire est bourrée de rebondissements et nous offre des réflexions sociétales captivantes. Je recommande !

Résumé :

La société des hommes n’est pas celle que l’on croit. Sans le savoir, elle abrite une population de vampires qui côtoient les humains tout en dissimulant leur vraie nature. C’est ainsi que Tsukasa, étudiante à la vie tranquille, va en faire l’âpre découverte. Sauvée de justesse par un homme nommé Anzai, elle comprend que ce dernier n’est autre qu’un membre d’une brigade spéciale, chargée de neutraliser les vampires ayant franchi l’interdit : boire du sang humain.

Une irrésistible attirance naît entre Tsukasa et Anzai, être hybride, dont la soif de sang ne cesse de s’accroître en sa présence… Vampire et humain, prédateur et proie…

Avis :

Deuxième découverte « spécial confinement » que je poursuis et deuxième coup de cœur.  Devil’s Line nous plonge dans un univers où les vampires vivent plus ou moins cachés aux côtés des humains. La 5ème section de l’équipe F est un groupe d’interventions composé de vampires et d’humains, qui sont chargés d’appréhender les vampires ayant commis un délit. Parmi les vampires recrutés, nous retrouvons Yuki Anzai qui, lors d’une filature, fait la rencontre de Tsukasa Taira. Les deux jeunes gens tombent amoureux l’un de l’autre mais Anzai étant un vampire et Tsukasa, une humaine, il va leur falloir faire beaucoup de compromis ainsi que combattre l’opinion publique pour espérer trouver le bonheur.

Quand on me dit vampire, je pense tout de suite à Dracula et en mangas, Vampire Knight et j’imagine donc des personnages buveurs de sang, ne pouvant vivre que la nuit, immortels et de ce fait d’une lignée lointaine qui leur donne un caractère hautain et majestueux, comme si nous, humains, n’étions que du menu fretin.
J’ai donc été agréablement surprise quand j’ai vu que la plupart des clichés sur les vampires (lumière, pieu, ail, crucifix, etc.) avaient complètement été écartés de l’histoire pour finalement nous montrer des personnages pas tant éloignés que ça de nous. D’ailleurs Yukimori, un vampire, se décrit simplement comme étant « un humain qui est né avec une dépendance au sang des autres humains ». Je trouve cette description particulièrement parlante et révélatrice de ce que le mangas souhaite nous faire passer comme message.

En effet, Devil’s Line a un aspect politique très prononcé avec le CCC (un groupe terroriste dont le but est de faire prendre conscience de la dangerosité des vampires), le R2PC (qui est pour l’égalité entre les vampires et les humains), le gouvernement mais aussi la police, qui est au cœur de la plupart des événements. Ces divergences d’opinion et les actions que chacun est amené à prendre pour prouver son propos font apparaître des réflexions sociétales très intéressantes. Doit-on considérer les vampires comme des humains ou comme des meurtriers en puissance et ainsi les condamner avant qu’ils aient commis le moindre crime, juste parce que la probabilité qu’ils passent à l’acte, est plus grande ?
Beaucoup de questions se posent au fil des tomes et c’était passionnant de voir les avis de chacun se télescoper et parfois changer.

C’est d’ailleurs toutes ces réflexions qui rendent les personnages si intéressants, profonds et imprévisibles. L’auteur, à travers eux, nous montre une multitude de points de vue et de sentiments. J’ai vraiment été touché par les personnages, et pas seulement les protagonistes mais aussi les personnages secondaires, qui sont très bien développés. Chacun a son histoire, ses états d’âme et ils nous font passer par mille et une émotion. Vous n’êtes pas au bout de vos surprises. Les rebondissements, complots et trahisons sont multiples et je n’en avais pas vu venir la moitié. Je suis restée choquée plusieurs fois face à une découverte !
Il y a une véritable diversité dans les opinions des personnages ainsi que dans leur sexualité. Sujet qui a une place tout de même importante dans le mangas, étant donné que les désirs sexuels sont aussi source de transformation chez les vampires. Ainsi, vous trouverez des relations vampires/humains dont le couple phare est Anzai et Tsukasa mais aussi des relations M/M et F/F. Vous entendrez parler d’asexualité (ce qui est plutôt rare) et vous ferez face à des rapports beaucoup plus ambiguës où il sera difficile d’y coller une étiquette. Je ne m’attendais pas à une si grande variété de personnages et de relations. De plus, à aucun moment, le mangaka nous donne l’impression qu’il les a placé là juste pour remplir un quota. Ils ont une réelle utilité et ils enrichissent l’univers de Devil’s Line avec brio.

Pour revenir à l’histoire générale, comme tout le reste, elle est magnifiquement bien développée. Je n’ai pas vu le temps passé et j’ai dévoré les tomes les uns après les autres. J’ai autant aimé le début que le milieu ou la fin. Le rythme est soutenu, les évolutions des personnages logiques et touchantes et la fin est parfaite telle quelle. Elle se finit en réalité au tome 13, le dernier tome servant d’épilogue. Il n’est pas indispensable mais j’ai adoré retrouver chaque personnage et pouvoir observer leur fin personnelle. Un petit bonus qui fait plaisir et qui gâche rien à l’histoire si vous avez aimé tout ce que vous avez lu précédemment !

Bref, « Devil’s Line » pêche par la qualité de ses dessins dans les premiers tomes mais c’est vraiment le seul défaut que je peux lui reprocher, et encore, par la suite, elle s’améliore et donne même un certain charme à l’histoire. Pour le reste, tout est parfait. Le background des personnages est varié et très bien développé, l’histoire est dynamique, bourrée de rebondissement et nous offre des réflexions sociétales captivantes. Il n’y a pas de vampires dans le monde où nous vivons mais ce n’est pas pour autant que les thèmes exploités ne nous parlent pas, au contraire, il n’y a qu’un pas à faire pour voir le parallèle avec notre société et les discriminations qui y ont lieu.
Je terminerai par une citation d’un personnage qui m’a beaucoup marqué et qui résume plutôt bien le mangas : « Qu’est-ce qui fait d’un monstre, un monstre ? ». Vous avez quatre heures !

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