Dans les forêts de Sibérie – Sylvain Tesson

Note : ★★★☆☆ (3.25/5)
Extrait : « Penser qu’il faudrait le prendre en photo est le meilleur moyen de tuer l’intensité d’un moment. » – « L’immobilité m’a apporté ce que le voyage ne me procurait plus. »

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Titre : Dans les forêts de Sibérie
Auteur : Sylvain Tesson
Genre : Autobiographie
Langue : Française
Pages : 290
Note : 3.25/5

En bref : Un carnet de voyage qui soulève de nombreuses questions sur notre quotidien d’Hommes sédentaires et sur l’urbanisation de la planète qui progresse au détriment de la nature. J’ai aimé le parcours de l’auteur mais je l’aurais encore plus apprécié s’il l’avait raconté avec moins de figures de style dans son texte et moins d’alcool dans son sang.

Résumé :

Assez tôt, j’ai compris que je n’allais pas pouvoir faire grand-chose pour changer le monde. Je me suis alors promis de m’installer quelque temps, seul, dans une cabane. Dans les forêts de Sibérie.

J’ai acquis une isba de bois, loin de tout, sur les bords du lac Baïkal. Là, pendant six mois, à cinq jours de marche du premier village, perdu dans une nature démesurée, j’ai tâché d’être heureux. Je crois y être parvenu.

Deux chiens, un poêle à bois, une fenêtre ouverte sur un lac suffisent à la vie. Et si la liberté consistait à posséder le temps ? Et si le bonheur revenait à disposer de solitude, d’espace et de silence – toutes choses dont manqueront les générations futures ? Tant qu’il y aura des cabanes au fond des bois, rien ne sera tout à fait perdu.

Avis :

Sylvain Tesson est un écrivain et explorateur français qui voyage dans des conditions souvent extrêmes et qui relate ensuite son parcours par écrit. Cette fois-ci, il a décidé de partir vivre dans une cabane en bois au bord du lac Baïkal en Russie pendant six mois.

Je n’avais jamais lu de livre de Sylvain Tesson mais un de mes colocs lit tous ses ouvrages et j’étais donc curieuse de connaître les péripéties qu’il contait dedans. Je me suis lancée dans celui-ci en particulier parce qu’il était court et que le lac Baïkal est une étendue d’eau magnifique qui m’intriguait.

Je n’ai pas autant aimé que ce que j’espérais. Nous accompagnons Sylvain Tesson de l’achat de ses six mois de vivre en février jusqu’à ce que son ami russe Sergueï vienne le chercher en bateau en juillet. Nous suivons son arrivée dans la cabane, les travaux qu’il entreprend avant d’y vivre, nous le voyons, pendant six mois, faire des rencontres plus ou moins amicaux avec des hommes et des animaux, faire des expéditions dans la glace ou en montagne, nous l’observons dans ce quotidien rythmé, bien souvent, par des besoins primitifs comme manger, boire, se réchauffer, se protéger et dormir. Enfin, nous entrons dans sa tête et découvrons toutes les pensées et réflexions philosophiques qui lui passent par la tête durant cet isolement volontaire. Ses introspections amènent le lecteur à réfléchir lui aussi, sur ses véritables besoins, sur sa consommation, sur sa relation avec ses comparses et la nature.

En soi, j’ai bien aimé le parcours qu’il a fait et les questionnements qu’il soulève. Il découvre le silence et par ce biais, à quel point les humains peuvent être nuisibles et bruyants. Il renoue avec la nature et voyage très régulièrement autour du lac Baïkal pour apercevoir de nouveaux points de vue et partager quelques instants avec les autres habitants du lac. Ces rencontres font souvent l’objet de discussions courtes mais intéressantes sur les différences entre les français et les russes et leur manière de concevoir la vie.
Ce qui ne m’a pas plu cependant, c’est la façon dont il nous raconte son périple. J’ai trouvé qu’il y avait beaucoup trop de métaphores et de comparaisons. Son texte est bourré de figures de style, ce qui l’alourdit fortement. Certains apprécieront la poésie de l’auteur mais pour ma part, je m’attendais à un texte plus concret. Je n’ai rien contre ses réflexions philosophiques, au contraire, mais lorsqu’il part dans les descriptions de son état ou de son environnement, ça devient illisible et inutilement pompeux à cause des multiples métaphores filées qui parsèment le livre. C’est vraiment un coup à perdre ses repères et à ne même plus savoir de quoi ou de qui il parle à la base…

Un autre point qui m’a dérangé et qui vient du comportement de Sylvain Tesson, c’est sa consommation d’alcool. La Russie et la vodka, c’est une grande histoire d’amour, je le sais bien mais lire à chaque page que l’auteur se vide une bouteille, c’est ni glorifiant ni intéressant. Je me doute qu’à -30°C, l’alcool est un bon moyen de se réchauffer mais les mentions constantes des verres de vodka et de bière qu’il s’enfile seul ou à plusieurs sont si nombreuses que c’est à se demander s’il n’est pas devenu alcoolique durant son séjour. C’est le genre de détails dont je me serais bien passée en tout cas.

Bref, « Dans les forêts de Sibérie » est un carnet de voyage qui soulève de nombreuses questions sur notre quotidien d’Hommes sédentaires et sur l’urbanisation de la planète qui progresse au détriment de la nature. J’ai aimé le parcours de l’auteur mais je l’aurais encore plus apprécié et été impressionnée par ses péripéties s’il l’avait raconté avec moins de figures de style dans son texte et moins d’alcool dans son sang.
D’autres de ses ouvrages m’intéressent comme Sous l’étoile de la Liberté où il parcourt le chemin des gens qui ont fui les goulag, Carnets de steppes où il traverse l’Asie Centrale à cheval ou encore On a roulé sur la Terre où il part faire le Tour du monde à bicyclette mais si sa plume est identique à celui-ci, je crains de ne pas les apprécier non plus… Je retenterai probablement à l’occasion.

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