Le requiem d’un soupir – Tiffany Schneuwly

Note : ★★★★☆ (4.25/5)
Extrait : « La vie me rappelait brutalement que la normalité n’avait pas sa place dans mon quotidien. Des larmes brouillaient ma vision alors que je cherchais du réconfort dans les yeux d’Arnaud. »

couv58809821Titre : Le requiem d’un soupir
Auteur : Tiffany Schneuwly
Genre : Fantastique
Langue : Française
Pages : 210
Note : 4.25/5

En bref : Mercedes était touchante et agréable à suivre. J’ai aimé son parcours, sa force et sa joie de vivre malgré l’asthme qui l’handicape. Le livre est bien dosé entre les moments de joie et de peine, on ne tombe jamais dans le pathos. Je recommande cette lecture pour son thème et la façon dont il a été exploité, avec bienveillance et vérité.

Résumé :

Une inspiration…une expiration…un soupir… La vie de Mercedes se résume à cela. À 19 ans, elle souffre d’un asthme sévère et ne peut profiter de sa vie comme elle le souhaite. Partagée entre la surprotection de sa mère et l’amour qui frappe à sa porte, la jeune femme tentera de se battre pour parvenir à vivre sa vie comme elle l’entend. L’asthme est une maladie commune, mais pas moins grave pour autant. Découvrez l’histoire d’une jeune fille qui se bat pour survivre, pour soupirer son requiem…

Avis :

Je remercie la maison d’édition Livr’s qui a accepté de m’envoyer ce roman qui traite d’un sujet trop peu souvent exploité ou même mentionné.

Mercedes est une jeune femme de 19 ans atteinte d’une asthme sévère dont les crises peuvent se déclencher à tout moment. Malgré ce handicap, elle est bien décidée à vivre sa vie aussi normalement que possible, ce qui n’est pas du goût de sa mère, qui s’inquiète constamment et qui aimerait enfermer sa fille chérie dans une bulle protectrice.

Avant toute chose, ce roman est classé en fantastique sur Livraddict mais c’est, en réalité, davantage un livre contemporain, une tranche de vie, qu’un ouvrage fantastique. L’aspect surnaturel est bien trop peu présente pour être catégorisé  dans ce genre.

Ce livre est important à découvrir car le thème principal de l’asthme est pratiquement jamais exploité dans la littérature. En tout cas, depuis que je lis des bouquins, c’est la première fois que j’en lis un de ce type. En plus de traiter d’un sujet peu répandu, ce dernier est bien exploité et décrit. Je n’ai pas d’asthme et je peux difficilement dire avec certitude que le ressenti de Mercedes, lors de ces crises, est réaliste mais l’auteur semble s’être inspirée de son propre vécu et ce qui est sûr, c’est que c’est crédible. Nous sentons toute la frustration de l’héroïne quand des crises ont lieu et qu’elle est incapable de reprendre sa respiration mais aussi sa panique à l’idée que ce soit la crise de trop, ou encore la culpabilité qu’elle ressent parfois lorsqu’elle embarque ses amis ou sa famille dans ses tourments. Mercedes est un personnage touchant à suivre car malgré sa maladie, elle a décidé de vivre aussi normalement que possible. Interdiction de se morfondre sur son sort ou de s’enfermer à jamais dans sa chambre. Elle ira à l’école comme tout le monde, elle entrera à l’université, elle sortira avec ses amis, elle aura un copain et une famille. Elle ne se laissera pas abattre et pour tout cela, j’ai adoré suivre son parcours.

Autour d’elle gravitent d’autres personnages comme ses amis Coralie et Alice qui la connaissent depuis toujours et lui rappellent qu’elle a le droit de profiter de la vie et sa famille composée de ses parents et de son frère Amaury et sa compagne Célia.
Comme à chaque fois qu’il y a un frère dans une histoire, j’en suis devenue rapidement fan. Amaury est toujours là pour protéger sa petite-sœur et pour s’immiscer dans les disputes entre elle et leur mère. Toujours prêt à l’accueillir sous son toit pour qu’elle puisse respirer (au sens propre et au sens figuré), c’est le grand-frère par excellence !
Son père, quant à lui, temporise aussi et bien qu’il s’inquiète pour sa fille, il essaye de ne pas trop le montrer et de n’être que réconfort pour elle. C’est un blagueur que j’ai aimé suivre et qui a le don d’alléger l’atmosphère quand la situation devient trop tendue.
Enfin, le personnage le plus important après Mercedes, Ania, sa mère. Je ne l’ai pas beaucoup apprécié (voire pas du tout même) mais, étant donné que c’est l’effet escompté, je dirais qu’elle est bien écrite. Surprotectrice, elle s’inquiète à longueur de journée pour sa fille et part au quart de tour dès qu’une sortie est prévue ou qu’une crise a eu lieu. Je comprends tout à fait son désir de couver sa fille pour qu’il ne lui arrive rien mais, sans être à côté de moi, elle a réussi à m’étouffer ! Je n’en pouvais plus de la voir cosntamment sur le dos de Mercedes, même quand celle-ci venait d’avoir une forte crise et qu’elle avait besoin que de deux choses : du calme et du repos. C’était agaçant de voir sa détresse et son impuissance face à la situation se transformer en reproches en tout genre. C’est un personnage complètement aveugle aux réels besoin de sa fille et de ce fait très frustrant.

Pour ce qui est de l’histoire, j’ai beaucoup aimé suivre la vie de Mercedes, les bons comme les mauvais moments. Il y a juste deux points qui m’ont dérangé. Le premier, c’est le changement quelque peu brutal dans le comportement d’Ania. On se doute qu’une conversation a eu lieu et que c’est le point déclencheur à cette transformation mais j’aurais aimé connaître la teneur de cette discussion. Il y a un nombre incalculable de disputes tout au long du roman et je me suis demandée ce que celle-là avait eu de spécial pour qu’elle ait un impact plus important que les autres sur son attitude envers Mercedes.
Le deuxième point est sur le vocabulaire utilisé. L’héroïne dit qu’elle va au collège mais aussi qu’elle passe le Bac à la fin de l’année. Elle boit de l’alcool, peut conduire et je dois avouer que je me suis demandée comment tout cela était possible. Je suis alors allée revérifier l’âge de Mercedes, qui est de 19 ans. Pour l’alcool et la conduite, tout s’explique mais pour le reste ça restait très flou. Après quelques recherches, j’en ai conclu que l’auteur étant suisse, peut-être que le système éducatif est différent du notre dans sa structure et son appellation. Comme je n’ai pas le souvenir qu’un lieu précis soit mentionné, ça m’a un peu perturbé durant ma lecture. Une précision à ce sujet n’aura pas été de refus !

Bref, « Le requiem du soupir » est une très belle histoire sur une jeune femme qui se bat pour mener une vie comme les autres malgré sa maladie. Mercedes était un personnage touchant et agréable à suivre. J’ai aimé son parcours, sa force et sa joie de vivre. Le livre est très bien dosé entre les moments de joie et de peine. On ne tombe jamais dans le pathos ni dans la lourdeur grâce à ces passages de légèreté mais aussi grâce à l’amour et l’humour de son entourage. Je n’ai pas particulièrement apprécié la mère de Mercedes mais c’était son rôle. Il en fallait un, c’est tombé sur elle. Je recommande cette lecture pour son thème et la façon dont il a été exploité, avec bienveillance et vérité.

2 réflexions sur “Le requiem d’un soupir – Tiffany Schneuwly

  1. Merci pour cette chronique 😊 c’est vrai que moi non plus je n’ai jamais croisé de texte sur l’asthme avant celui ci pourtant j’ai toujours connu des personnes qui en souffraient d’une manière ou d’une autre. Je n’ai pas le sentiment que ce soit une maladie peu répandue donc c’est étonnant qu’on n’en parle pas tant que ça en littérature 🤔

    J'aime

    • Je n’ai jamais eu de personnes autour de moi qui avait de l’asthme mais c’est une maladie qu’on connait tous d’une manière ou d’une autre (Malcom a peut-être aidé xD). Cependant, j’ai l’impression qu’on a souvent cette image du pschit de Ventoline dans la bouche quand on est un peu essoufflé et qui est un peu gênant mais pas mortel. J’ai du coup trouvé ça intéressant qu’on en découvre une version plus grave ^^.

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