Les deux Van Gogh – Hozumi

Note : ★★★☆☆ (3.25/5)
Extrait : « C’est parce qu’elles sont facilement lisibles que de telles œuvres touchent le public au cœur et qu’elles le toucheront encore des siècles durant. »

couv34343911Titre : Les deux Van Gogh
Auteur : Hozumi
Genre : Josei
Langue : Française
Pages : 377 pages
Note : 3.25/5

En bref : Un titre beau techniquement mais qui manque de chaleur. Les personnages ne sont pas suffisamment exploités et Théodorus a un caractère hautain qui le rend plus agaçant qu’autre chose. Le plot twist final est bien pensé mais il ne rattrape pas le rythme saccadé et le manque d’intérêt que j’ai eu pour le reste de l’histoire.

Résumé :

Fin du XIXe siècle. Théodorus Van Gogh, est un célèbre vendeur d’art chez Goupil & Cie. Ses clients : de grands bourgeois, conservateurs, en quête de signatures prestigieuses et valorisantes, persuadés que l’Art n’est accessible qu’à un échelon supérieur de la société, en excluant d’emblée la plèbe ignorante.
Mais Théo recherche et développe aussi de nouveaux talents aux techniques révolutionnaires. Souhaitant détruire le système de l’intérieur, il se sert de sa position pour mettre en avant des artistes peu académiques dont son frère Vincent…

Avis :

Dans la liste des one-shot bien noté sur Livraddict, je suis tombée sur Les deux Van Gogh d’Hozumi et je dois avouer ne pas avoir trop compris l’engouement pour ce titre…

Ce one-shot conséquent raconte l’histoire des frères Van Gogh : Vincent que nous connaissons bien et qui était un célèbre peintre du 19ème siècle et son frère Théodore (ici Théodorus) qui était un marchand d’art. Dans ce mangas, les rôles de chacun sont conservés mais leur relation diffère quelque peu de la réalité. Nous suivons principalement Théodorus et son combat contre l’Académie. Celle-ci considère que l’art ne doit pas être accessible à tous et demande à ce que chaque tableau passe entre leurs mains avant diffusion ou non dans les galeries. Théodorus lui, souhaite que chacun puisse avoir accès aux œuvres d’art et surtout, il pense qu’une œuvre doit avant tout toucher le public plutôt que de suivre des règles prédéfinies.
Nous avons donc deux visions qui s’affrontent et Vincent, ainsi que d’autres peintres encore méconnus, seront les figures de ce nouveau mouvement.

J’ai du mal à donner un avis sur ce mangas car c’est une succession de « Oui, mais… ». Tout d’abord, les dessins sont très soignés et j’ai aimé le design des personnages mais je trouve que certaines planches manquaient de vie. Pourtant, elles sont plutôt détaillées et les personnages sont expressifs mais le tout a un rendu froid et je n’ai pas réussi à entrer dans ce Paris qui est censé bouillonner de vie et d’artistes en herbe.

Côté personnages, là encore je suis mitigée. Théodorus a la classe dans son costume et il a une bonne verve mais je le trouve hautain et manipulateur. Je ne me suis pas du tout attachée au personnage alors que son intelligence et son envie de promouvoir la nouvelle génération de peintres lui conféraient toutes les qualités pour me plaire. Son frère Vincent semblait encore plus intéressant sur le papier mais il se révèle finalement fade. Il n’a, de mon point de vue, pas été suffisamment développé. J’aurais aimé qu’on entre un peu plus dans sa tête et qu’on comprenne son mode de fonctionnement. Il fait des tableaux touchants, ça ne fait aucun doute mais lui ne l’est pas.
Quant aux autres personnages, j’ai aimé qu’on retrouve d’autres peintres comme Gérôme ou Toulouse-Lautrec mais que ce soit eux ou les autres, que je n’ai pas nommé, ils ne sont pas exploités à leur juste valeur. Le premier aurait pu être un très bon antagoniste et  le second, le bras droit de Théodorus dans sa bataille contre l’Académie des Beaux Arts mais ils ne sont que des pions sur l’échiquier du jeune homme. Tout cela est très frustrant car ils sont extrêmement bien dessinés et j’avais envie de les apprécier… la magie n’a pourtant pas opéré.

Enfin l’histoire est intéressante au départ et j’ai aimé les flashback sur l’enfance des frères Van Gogh ou les petits clins d’œil aux véritables Vincent et Théodore Van Gogh. Cependant, on perd vite le fil et j’ai plus eu l’impression, dépassée la moitié du mangas, d’avoir une suite de scénettes plutôt qu’une réelle intrigue. Hozumi a voulu exploiter la complexité de la relation entre Vincent et Théodorus mais je trouve qu’il s’y est très mal pris… Le rythme s’accélère, le récit devient dramatique, chaotique et tout ce qui faisait le charme de ce titre, soit l’ambiance parisienne et la rébellion des nouveaux peintres envers l’Académie passent à la trappe. C’est ce qui m’intriguait le plus et c’est ce que l’auteur a le moins développé…

Bref, « Les deux Van Gogh » est une déception. C’est un titre beau techniquement mais qui manque de chaleur. Les personnages secondaires ne sont pas suffisamment exploités (Vincent compris) et Théodorus a un caractère de Monsieur-je-sais-tout qui le rend plus agaçant qu’autre chose. Entre l’époque, le thème et les personnages, il y avait beaucoup de potentiel mais Hozumi n’a pas su l’exploiter ni le rendre captivant. Quant au plot twist final, il est bien pensé mais il ne rattrape pas le rythme saccadé et le manque d’intérêt que j’ai eu pour le reste de l’histoire.

2 réflexions sur “Les deux Van Gogh – Hozumi

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