Une touche de bleu #1 – Nozomi Suzuki

Note : ★★★★★ (4.5/5)
Extrait : « Elles ont de la chance que leurs complexes se limitent à ce genre de choses ! Moi, je passe mon temps à me mentir à moi-même, à faire comme si mon visage se limitait à mon profil gauche ! »

couv8934197Titre : Une touche de bleu #1
Auteur : Nozomi Suzuki
Genre : Shojo
Langue : Française
Tomes : 3 tomes (en cours)
Note : 4.5/5

En bref : On évolue dans un cadre classique et déjà-vu mais cela permet aux personnages de s’exprimer pleinement et d’avoir toute notre attention. Ils étaient complexes et passionnants à suivre. Puis, bien qu’on devine dans quelle situation ils vont tomber, on n’a aucune idée de la façon dont la mangaka va les faire réagir. J’ai hâte de voir ça !

Résumé :

Ruriko a un naevus d’Ota, une tache de naissance bleutée sur le visage. De nature enjouée, elle sait très bien que cette particularité visuelle ne la définit pas, mais lorsqu’on est lycéenne, il est parfois difficile d’accepter son “défaut” physique… Aussi s’en prend-elle violemment à son professeur lorsqu’elle croit qu’il se moque de son apparence. Mais ce dernier lui avoue qu’il souffre de prosopagnosie, un trouble de la reconnaissance des visages rendant impossible l’identification des visages humains. Ce n’est donc pas une tache, mais une belle aura bleue qu’il voyait sur le visage de la jeune fille…
Ce récit, issu des expériences personnelles de l’autrice, aborde avec finesse et sensibilité la thématique complexe de l’acceptation de soi au-delà des complexes et des différences.

Avis :

Ruriko rentre en deuxième année au lycée, elle se retrouve dans la même classe que son amie Nanami et son professeur principal, Mr Kanda, est un jeune homme fraîchement diplômé. Lorsqu’il appelle Ruriko pour la photo de classe, il est surpris par son visage. Ruriko pense que c’est dû à sa tache de naissance bleutée mais ne s’en formalise pas vraiment, étant habituée depuis sa plus tendre enfance à sentir les gens la dévisager. Cependant, si son professeur l’a regardée ainsi c’est pour une toute autre raison. Kanda est atteint de prosopagnosie, une maladie qui l’empêche d’identifier les personnes grâce à leur visage. Pour lui, tout le monde a exactement le même faciès, du moins jusqu’à ce qu’il fasse la rencontre de Ruriko, qu’il arrive à différencier des autres justement grâce à sa tâche. Leur particularité respective va les rapprocher.

Je ne suis pas du genre à me jeter sur les shojos dès le premier tome. J’attends souvent que quelques volumes soient sortis pour voir si la série va tenir sur la longueur et si on ne va pas tomber dans une histoire vue et revue. J’ai fait une exception pour Une touche de bleu car les thèmes exploités m’ont interpelé. J’avais un bon feeling et pour le moment, ce premier tome tient toutes ses promesses.

Je vais commencer par parler des personnages principaux. Ruriko est une jeune fille enjouée, entourée de quelques amies fidèles et qui semble épanouie dans sa vie de lycéenne. Cependant, au fil des pages, nous apprenons que ça n’a pas toujours été le cas et que même maintenant, il lui arrive d’avoir des coups de mou. Elle essaye de passer outre son naevus d’Ota, d’accepter cette singularité afin de ne pas être défini pas ce seul aspect. Elle comprend que plus elle le cachera, plus les gens le verront alors que si elle en parle avec légèreté, les personnes qu’elle rencontre seront plus susceptible de passer à autre chose et de s’intéresser à qui elle est et non à ce à quoi elle ressemble. Malgré tout, c’est un combat du quotidien et il lui arrive de se laisser submerger par les regards et les remarques. C’est une héroïne qui m’a beaucoup touché et à travers elle, j’ai ressenti la sincérité de la mangaka. Nozomi Suzuki s’est inspirée de ses expériences personnelles pour créer Ruriko et elle traite le sujet avec beaucoup de tact et de sensibilité.

Quant au professeur Kanda et son prosopagnosie, c’est un trouble peu connu et développé dans la littérature. Pour l’instant j’apprécie la façon dont elle est présentée. Kanda nous explique sa maladie de manière factuelle, il est plutôt distant et froid par rapport à elle, comme s’il était blasé ou complètement habitué à jongler avec les difficultés que cela lui apporte. Pourtant, le changement de décor dans la deuxième partie du tome nous dévoile une facette complètement différente du professeur. J’ai beaucoup aimé sa personnalité à ce moment-là, je l’ai trouvé chaleureux, bienveillant, drôle (bête ? xD). Il est à l’opposé de son comportement dans le cadre scolaire. J’ai aimé cet aspect décontracté qui nous permet de nous plonger dans quelques scènes du passé et de découvrir qu’il n’a pas toujours été à l’aise avec son trouble et qu’il est, aujourd’hui encore, traumatisé et sur la défensive sur certains sujets. Un retournement inattendu mais fortement apprécié !

En ce qui concerne l’histoire globale, il n’y a pas de grosses surprises pour le moment. Hormis les problèmes respectifs des protagonistes, on évolue dans un cadre de lycée avec les lieux et les événements qui vont avec, mais aussi les ragots et les interactions classiques prof/élèves et entre élèves. Le cadre changeant en milieu de tome, les sentiments évoluent à mesure que les barrières tombent. Ce cadre en question d’ailleurs m’a agréablement surprise parce qu’au Japon, ce n’est pas quelque chose qui est souvent mis en lumière ou en valeur, à tel point qu’on se demande si ça existe. Enfin, des scènes du passé viennent titiller notre curiosité et le final nous promet un deuxième tome riche en émotions.

Bref, ce premier tome de « Une touche de bleu » est vraiment très bon. Même si le coup de crayon de Nozomi Suzuki ne se démarque pas des autres shojos et qu’on évolue dans un cadre classique et déjà vu, les personnages sont puissants, complexes et font tout l’intérêt de cette histoire. J’apprécie leur personnalité, leur force de caractère, leurs blessures et leurs complexes. Je dirais même que c’est le fait qu’on soit dans un environnement aussi familier qui nous les rend si émouvants et passionnants à suivre. De plus, bien qu’avec les quelques flashbacks qu’on voit, on devine les situations dans lesquelles ils vont tomber, on n’a aucune idée de la façon dont la mangaka va les faire réagir face à ces obstacles et je suis très curieuse de voir ça !

2 réflexions sur “Une touche de bleu #1 – Nozomi Suzuki

  1. Je m’étais un peu braquée au début face au concept de « shojo+ » de Glénat, comme si juste « shojo » ne suffisait pas. Je n’aime pas ce dénigrement. Mais j’ai décidé d’aller au-delà. Les thèmes du titre me tentait bien alors que je l’ai quand même acheté. J’ai lu ton avis en diagonale pour me garder le max de surprise mais on dirait que j’ai bien fait de craquer, le titre a l’air d’avoir une belle sensibilité et originalité à sa façon.

    J'aime

    • S’il y a bien un truc auquel je ne fais pas du tout attention, c’est bien les labels 😅 Tu peux mettre ce que tu veux avant ou après, pour moi ça restera du Shojo.

      Tu as bien fait de passer au-delà, je pense que tu apprécieras ta lecture !

      Aimé par 1 personne

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