Quartier Lointain – Jirô Taniguchi

Note : ★★★★☆ (4.25/5)
Extrait : « Personne ne devient jamais vraiment adulte. L’enfant que nous avons été est toujours là, bien vivant, tout au fond de nous. Il est comme ce ciel. Avec le temps, nous croyons grandir. Mais la maturité n’est qu’un leurre, une entrave à notre âme libre d’enfant. »

couv19758978Titre : Quartier Lointain
Auteur : Jirô Taniguchi
Genre : Seinen
Langue : Française
Tomes : 2 tomes (terminé)
Note : 4.25/5

En bref : Même si j’ai pas aimé le design des personnages, la narration et les paysages m’ont permis d’être émue par ce héro qui retourne dans un passé marqué par le départ de son père. Tout comme lui, nous prenons conscience de l’importance de la famille, de l’engagement mais aussi de vivre libre et heureux. Une tranche de vie plein de nostalgie.

Résumé :

Un Japonais d’une cinquantaine d’années se remet difficilement des excès d’alcool commis la veille ; à tel point qu’il se trompe de train pour rentrer chez lui. Il se retrouve dans celui qui se dirige vers la ville de son enfance et il en profite pour se rendre sur la tombe de sa mère. Ce retour sur les traces de sa jeunesse va se transformer en bond dans le temps car notre héros va être transporté dans la peau de ses quatorze ans.

Avis :

Nakahara approche de la cinquantaine, il a une épouse et deux jeunes filles. A cause de son travail, il est souvent en déplacements. Un soir, alors qu’il sort d’une soirée arrosée avec des collègues, il se trompe de train et, au lieu de retourner chez lui, il se dirige vers son village natal. Lorsqu’il arrive sur place, il décide d’en profiter pour aller sur la tombe de sa mère mais imbibé d’alcool, il s’endort devant sa sépulture. A son réveil, il se rend compte qu’il a voyagé dans le temps et qu’il est redevenu le jeune garçon de 14 ans qu’il était.

C’est mon premier Taniguchi et ma lecture fût très agréable dans l’ensemble. Je vais commencer par ce qui ne m’a pas plu, les dessins. Je trouve les paysages et les décors magnifiques, ils sont réalistes et ils regorgent de détails qui nous plongent réellement dans un Japon d’après-guerre. Sur ce point là, je n’ai rien à redire. Là où c’est moins bien passé, c’est le design des personnages. Pour avoir lu quelques mangas assez vieux, je sais bien que c’est le style de l’époque mais je ne m’y fais pas, je trouve que les personnages manquent de dynamisme et de fluidité. Ils ont l’air figé quand ils parlent, on dirait qu’ils passent d’une émotion à une autre, sans transition. Ce côté saccadé m’empêche d’être totalement réceptive à ce qu’ils vivent.
Malgré tout, de tous les mangas de la même époque que j’ai pu lire, c’est tout de même Taniguchi qui s’en sort le mieux de ce côté-là. Ses paysages, ainsi que sa manière de raconter son histoire, aident à la retranscription des sentiments de notre protagoniste. Tout le long de ces deux tomes, une certaine nostalgie m’a habité. C’est poétique, chaleureux et j’ai ressenti les regrets et les nouveaux espoirs de Nakahara. C’est quelque chose de difficilement descriptible mais qui m’a emporté d’un bout à l’autre du récit.

En ce qui concerne l’histoire, je l’ai beaucoup aimé. C’est toujours un peu casse-gueule de s’embarquer dans un récit sur le voyage dans le temps mais Jirô Taniguchi s’en est admirablement bien sorti. J’ai aimé cette introspection forcée sur la vie du héro. Sa vision d’adulte sur sa situation d’enfant. Le fait qu’il sache ce qu’il attend lui font se poser des questions. Une en particulier le tient réveiller. Pourquoi son père a déserté la maison du jour au lendemain ? Pourquoi est-il parti alors qu’il semblait heureux dans son ménage et fier de ses enfants ? Ce mystère qu’il n’a jamais pu démêler quand il était jeune, Nakahara va faire tout son possible pour le résoudre et pourquoi pas changer le passé. C’était touchant de voir notre protagoniste profiter de cette deuxième jeunesse pour faire quelques excès mais surtout pour éviter que sa famille se brise une nouvelle fois.
J’ai vraiment été prise par l’intrigue et la fin, bien qu’un peu brusque, est belle et nous montre à quel point ce petit séjour dans son enfance a fait évoluer le héro et lui a fait prendre conscience de l’importance de la famille.

Bref, « Quartier Lointain » est une bonne surprise. Même si je n’ai pas apprécié le stoïcisme dans le design des personnages, le langage poétique et les paysages m’ont quand même permis de me plonger dans cette histoire, et d’être touchée par cet homme de 48 ans qui retourne, contre son gré, dans un passé marqué par la disparition de son père et toutes les conséquences que cela a pu avoir par la suite. Nous suivons la quête de vérité de Nakahara. A travers lui et tout comme lui, nous prenons conscience de l’importance de la famille, de l’engagement mais aussi de vivre libre et heureux. C’est une tranche de vie bourrée de nostalgie et de chaleur, qui nous emmène auprès d’une famille comme les autres mais à laquelle on ne peut que s’attacher. L’histoire est belle, l’ambiance est bienveillante et l’évolution des personnages est instructive, je ne peux que le recommander.

4 réflexions sur “Quartier Lointain – Jirô Taniguchi

  1. Le dessin ne m’a pas plus dérangée que ça quand je l’ai lu (il y a un an) ! Mais je vois ce que tu veux dire dans le manque de fluidité ^^ C’était pas mon 1er Taniguchi mais c’est celui que j’ai préféré pour l’instant !

    J'aime

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s