Que passe l’hiver – David Bry

Note : ★★★★☆ (3.75/5)
Extrait : « Il n’est jamais trop tard. Jamais. Ce qui ne se répare pas se recrée. Ce qui est brisé s’invente à nouveau. La vie, Stig, possède des ressources infinies. Malgré tout. »

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Titre : Que passe l’hiver
Auteur : David Bry
Genre : Jeunesse, Fantasy
Langue : Française
Pages : 395
Note : 3.75/5

En bref : L’univers hivernal emprunt de magie, de légendes et de mystère m’a plu. J’ai aimé voir Stig avancer avec son handicap et l’accepter tel quel. Les autres personnages sont tout aussi intéressants malgré le fait que l’auteur ne prenne pas le temps d’exprimer tout leur potentiel. Cette histoire riche en intrigue et folklore aurait mérité d’être plus étoffé.

Résumé :

Stig vient d’avoir vingt ans, l’âge de porter une épée et de se rendre – enfin ! – sur le Wegg, l’étrange montagne où réside son souverain, le roi de la Clairière. Mais son premier solstice d’hiver ne se déroule pas comme il l’avait imaginé. À peine le jeune seigneur est-il arrivé que la mort répond aux augures néfastes et que les fils enchevêtrés du destin tissent un avenir que personne, ni homme ni dieu, semble pouvoir prédire. Menacé sans qu’il en comprenne la raison, Stig aura fort à faire pour découvrir ce qui se trame dans l’ombre des festivités, protéger ceux qu’il aime… et même survivre. Y parviendra-t-il ?

À la croisée de l’ode initiatique et du huis-clos, Que passe l’hiver raconte le destin d’un jeune homme au pied bot et d’un roi aux longs bois de cerf, pris dans le maelström d’un monde qui se meurt, peut-être…

Avis :

Tous les ans, les quatre clans de la Clairière se retrouvent sur le Wegg pour fêter le solstice d’hiver et renouveler leurs vœux auprès de Cudwich, le Roi de la Clairière. Cette année Stig, du clan Feyren, a vingt ans et il va enfin pouvoir participer à cet événement qui le fait rêver depuis toujours. Les choses seront cependant très loin de celles que son frère lui a conté toutes ces années.

J’ai acheté ce livre aux Imaginales il y a 4 ans puis je l’ai mis de côté pour lire une trilogie de Gabriel Katz sans jamais revenir dessus. Quelques couches de poussière plus tard, je me suis lancée dans ce one-shot et même s’il y a quelques points à revoir, l’univers m’a ravi. 
Tout d’abord, la plume de l’auteur est poétique et immersive. On est plongé au cœur de la Clairière, de ses légendes et de sa magie. Malgré quelques erreurs de syntaxe et des tournures de phrase maladroites, j’ai été transportée dans cet univers enneigé.

Un monde composé de quatre clans, les Feyren, les Oren, les Dewe et les Lugen. Les Lugen vivent au nord de la Clairière et maîtrisent la magie et les esprits. La famille Dewe vit à l’ouest et a la capacité de se fondre dans la nuit et les ombres. Les Oren, quant à eux, viennent du sud et ont le pouvoir de lire les fils du Destin et de voir tous les possibles. Enfin, nous avons la famille des Feyren venant de l’est et qui peuvent se changer en animal (loup, ours, corbeau,…). C’est dans cette dernière qu’est né Stig, notre héro et fils cadet du maître du clan. Il a la particularité d’avoir un pied bot et cet handicap lui vaut le dédain de son père et une mise à l’écart du trône. Les remarques et regards de son entourage blessaient Stig mais au fil des ans, son cœur s’est endurci et maintenant, il apprend à apprécier cette liberté.

Stig est un personnage qui m’a beaucoup plu. Il a un handicap mais du haut de ses vingt ans, il ne s’en formalise plus vraiment. Bien sûr, il a des moments de doute et de colère face à son incapacité à se mouvoir comme il le souhaite. Il n’a pas non plus confiance en sa capacité à être aimé par quelqu’un d’autre mais il a tout de même conscience du chemin qu’il a parcouru et qu’il n’aurait sans doute jamais emprunté s’il avait eu deux jambes valides. Il ne se serait probablement pas intéressé aux légendes de la Clairière, à l’histoire du Wegg et de la famille des Ordrains, à l’origine des règles de la Clairière. Il n’aurait peut-être pas eu autant de considération pour les autres clans ou les hors-clans et ne se serait pas autant intéressé à la nature qui l’entoure et aux bêtes qui l’habitent. Il a conscience de tout ce qu’il aurait raté et cela en fait un personnage mature et agréable à suivre.

Je parle de Stig parce que c’est le héro mais il y a beaucoup d’autres personnages qui ont un rôle important, comme les chefs de clan, Cudwich, Johan, Gaid, Umbre ou encore Ewald. Ce serait trop long de parler de chacun d’entre eux, mais sachez qu’ils sont tous appréciables et qu’il n’y en a pas un seul qui n’a pas sa place dans cette histoire. L’auteur a réussi à créer un huit-clos le temps du solstice d’hiver et il est de ce fait, facile de faire connaissance avec tous les personnages. De plus, même si les liens entre les événements qui se produisent n’ont pas l’air d’exister, ils sont bien présents et nous les découvrons petit à petit.

Les personnages sont bien décrits, néanmoins je regrette que David Bry est abrégé le rôle de certains aussi vite. J’aurais aimé qu’il prenne davantage le temps de les développer, de parler de leur passé, leurs origines, leur histoire,… Ainsi, j’aurais été bien plus touchée par leur devenir. Alors certes, c’est dynamique, les rebondissements sont réussis et le dénouement incertain mais il y a cette frustration, cette sensation d’avoir raté des scènes vitales. Je ne sais pas si c’était voulu mais j’ai un peu eu l’impression d’être devant un livre dont vous êtes le héro et d’avoir pris que des mauvaises décisions…

Je dirais que c’est le défaut de ce livre. Il se passe énormément de choses en seulement 400 pages et l’auteur a crée un monde et des personnages si fascinants que j’aurais apprécié qu’il prenne le temps d’exploiter tout ça, quitte à faire une duologie plutôt qu’un one-shot. J’aurais aimé qu’on en sache plus sur la magie des Lugen, sur la capacité de voyager dans les ombres des Dewe, sur la dangerosité pour les Oren de parcourir les fils du Destin, sur les différentes formes que peuvent prendre les Feyren ou encore sur les liens qui unissent Cudwich aux clans. Ainsi, il aurait été plus aisé de comprendre les complots et autres manigances qui se montent durant cette assemblée. Là, nous devons considérer comme acquis toutes ces informations et la vérité nous tombe dessus sans qu’on est réellement besoin de réfléchir ou de la chercher. J’ai trouvé ça dommage qu’il n’y ait pas plus d’enquêtes et de réflexion de la part du lecteur. 

Bref, « Que passe l’hiver » est un one-shot plutôt original. L’univers hivernal emprunt de magie, de légendes et de mystère m’a plu, ce n’est pas souvent que je lis des romans se déroulant constamment sous la neige. J’ai aimé voir Stig avancer et grandir avec son handicap et l’accepter comme faisant parti intégrante de son corps, de sa vie. Les autres personnages ont l’avantage d’être autant intéressant les uns que les autres mais ils ont aussi l’inconvénient de partir avant même d’avoir pu exprimer tout leur potentiel. Cette histoire riche en intrigue et en folklore aurait mérité un développement plus important. Le lore est là mais pas suffisamment exploité à mon goût. Du coup, bien que j’ai passé un bon moment, j’ai eu sensation de trop peu à la fin de ma lecture.

4 réflexions sur “Que passe l’hiver – David Bry

  1. Je l’ai aussi dans ma PAL et j’ai vraiment envie de le lire depuis que j’ai découvert l’auteur avec La princesse de la nuit, mais ce que tu dis de la narration me fait un peu peur… Ça me rappelle Oraisons que je viens de finir où j’ai passé un bon moment mais été frustrée aussi à cause de ce que tu décris… A voir ^^

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