Les événements aléatoires – Véronique d’Anthonay

Note : ★★★☆☆ (3/5)
Extrait : « Tu dormais si bien que je n’ai pas voulu te réveiller, Juliette est à l’école et reste à la cantine aujourd’hui. A ce soir, mon amour, je t’aime. John. »

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Titre : Les événements aléatoires
Auteur : Véronique d’Anthonay
Genre : Thriller
Langue : Française
Pages : 329
Note : 3/5

En bref : L’histoire démarre bien mais prend des proportions telles que la crédibilité des personnages a été mise à mal. La folie qui emporte notre héro peut expliquer ses actes disproportionnés mais les autres n’ont pas cette excuse… Après, tout n’est pas à jeter, la plume de l’auteur est fluide et immersive et le récit, malgré les lacunes, reste original. 

Résumé :

John Wallace va vivre le pire drame que l’on puisse imaginer : perdre sa femme et ses deux fils dans un accident de voiture. Il va tenter de survivre, mais ses efforts seront voués à l’échec. Il va alors transformer progressivement la réalité pour qu’elle corresponde à nouveau à ses désirs.
Mais peut-on jouer ainsi avec le destin ?

Avis :

Le pitch de ce roman m’a intrigué et c’est ce qui m’a poussé à l’acheter. Le début de l’histoire tient ses promesses avec un prologue sous tension et des premiers chapitres qui nous mettent tout de suite dans une ambiance tragique. John Wallace apprend la mort de sa femme et ses enfants et il est dévasté au point d’être hospitalisé plusieurs semaines. Puis, nous le voyons se reconstruire petit à petit, grâce à Sonia, la puéricultrice de sa fille Juliette, seule rescapée de l’accident. Il a alors une seule idée en tête : retrouver le bonheur et la famille qu’il a perdu. Il entame une opération d’envergure pour atteindre son objectif et c’est à partir de ce moment-là que j’ai commencé à décrocher.

Ces premiers pas dans l’illégalité sont « acceptables », on comprend sa douleur et ce qu’elle entraîne comme comportement. Néanmoins, plus on avance dans le récit, plus j’ai trouvé ses actes disproportionnés et irréalistes. Mais en soi, pourquoi pas, notre protagoniste plonge dans la folie, on le voit bien et avec l’argent et les compétences qu’il a, il peut se permettre de faire tout ce qu’il veut. Même si c’est un peu gros à avaler, ce n’est pas ce qui m’a le plus dérangé dans ce roman. A vrai dire, je trouve que John est un personnage très bien décrit psychologiquement et qui évolue tout du long (pas dans le bon sens mais c’est autre chose ça xD).

Ce qui m’a le plus agacé, ce sont tous les personnages qui gravitent autour de lui, à commencer par Brad Connely. C’est un américain avec qui John fait affaire et je n’ai jamais rencontré un homme si détestable. Aussi désemparé soit-il, je n’ai pas compris, de base, comment il a pu accepter un tel échange avec John puis même s’il n’avait pas eu le choix (ce qu’il avait), il aurait pu prévoir un plan B ou être sûr que les événements allaient se dérouler comme il l’espérait. Bref, il m’a rendu dingue et j’ai trouvé la fin bien trop douce en ce qui le concerne. 
A côté de ça, nous faisons aussi la connaissance d’un garçon d’une douzaine d’années et alors qu’il ne parle pratiquement pas et subi pendant les trois-quarts du livre, il se sent tout d’un coup, l’âme d’un détective. La transition était trop brusque et j’ai eu l’impression qu’il avait soudainement ouvert les yeux pour se rendre compte de tout ce qui se passait de louche autour de lui. C’était bizarre, à croire que l’auteur n’avait pas réfléchi plus tôt à la façon dont elle pourrait sauver certains de ses personnages…

Mais la palme de la stupidité revient au commissaire Laudy et son coéquipier Harrel. L’incompétence de la police dans ce roman m’a fait halluciner. Entre les bavures et leur capacité à foncer droit dans le mur, ils étaient forts. Certains passages, en plus d’être choquants, sont complètement illogiques. Pour n’en citer qu’un, une jeune fille est retrouvée violée dans une forêt. Le petit-ami de cette dernière est suspecté par la police suite à la découverte d’un préservatif usagé dans leur appartement ainsi que de son sac et de son téléphone qui supposent qu’elle est rentrée chez eux après être sorti (ok). De son côté, il ne se souvient pas de sa soirée et clame son innocence (ok, pas terrible comme alibi). Verdict de la police : le petit-ami est probablement gai et c’est son partenaire qui a violé sa copine pendant que lui était en train de les regarder (??), du coup petite inspection des fesses de monsieur pour savoir s’il est toujours vierge ou pas. Vous trouvez ça logique ? Non ? C’est normal. Je ne suis pas enquêtrice mais avec ces informations, il y avait mille autres possibilités plus crédibles que celle-là…

C’est un exemple parmi tant d’autres de l’enquête désastreuse de la police. Laudy et Harrel enchaînent les bourdes, sont imbus d’eux-mêmes et incapables de se remettre en question. Ils partent sur des théories alambiquées, ne prennent pas en compte des preuves tangibles (ou alors que celles qui les arrangent) et occultent des témoignages crédibles pour se concentrer sur d’autres plus douteuses. En plus de ça, ils ont le culot de faire la morale aux autres en leur disant qu’il ne faut rien laisser de côté et exploiter toutes les pistes (LOL). Rien que d’y repenser, ça m’énerve ! J’adore les policiers/thrillers et je sais que je deviens moins indulgente avec le temps mais tout de même, faut rester un minimum cohérent. Pour une phrase correcte et plein de bon sens, ils sortent deux conneries, c’était fou !

Pour ce qui est de la fin, je ne sais pas trop quoi dire dessus. Elle se termine de manière assez mystérieuse et je n’ai pas détesté mais elle ne m’a pas fait palpiter non plus. En fait, j’étais tellement exaspérée par le comportement de la plupart des personnages et par les coïncidences trop parfaites que j’étais juste contente que ça se termine… ^^’)

Bref, je ressors déçue de ma lecture. « Les événements aléatoires » partait d’une bonne intention mais l’histoire prend des proportions telles que la crédibilité et la cohérence dans le comportement des personnages ont été mises à mal. La folie qui emporte notre protagoniste peut expliquer certains actes disproportionnés mais ses acolytes ou ses « adversaires » n’ont pas cette excuse eux. Après, tout n’est pas à jeter, la plume de l’auteur, par exemple est fluide et immersive, on se sent proche des personnages (qu’on le veuille ou non). Puis, le récit, même s’il contient de nombreuses lacunes, reste original. 

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