Jusqu’à ce que nos os pourrissent – Yae Utsumi

Note : ★★★★☆ (3.75/5)
Extrait : « Nous faisons le serment de ne jamais trahir l’amitié qui nous unit tous les cinq, de nous entraider et de garder le secret de ce terrible crime, enterré au fond de ce trou sombre ! »

couv16904855Titre : Jusqu’à ce que nos os pourrissent
Auteur : Yae Utsumi
Genre : Shonen
Langue : Française
Tomes : 7 tomes (terminé)
Note : 3.75/5

En bref : Le récit d’une amitié scellée par un crime et la culpabilité qui s’ensuit. J’ai aimé les réflexions sur le bien et le mal et la complexité des personnages. On ressent le poids du secret qui les ronge. Je regrette par contre l’apparition de scènes violentes et dégradantes qui n’apportent pas toujours quelque chose au récit.

Résumé :

L’été de leurs 11 ans, cinq amis d’enfance commettent un meurtre et enterrent le corps au fond d’une grotte. Depuis, ils se réunissent chaque année pour se remémorer leur crime et renouveler leur serment d’amitié.
Cependant, l’année de leurs 16 ans, tout ne se passe pas comme prévu : le corps a disparu et un maître-chanteur menace de révéler leur secret ! Peur et suspicion s’immiscent dans le groupe d’amis…

Avis :

Cinq amis se retrouvent au festival de leur ville pour profiter de leur soirée. Alors que la fête bat son plein, le groupe s’éclipse dans la montagne et se retrouve dans une grotte. Là, ils creusent et déterrent un squelette. Tsubaki, Haruka, Akira, Ryû et Shintaro ont assassiné cet homme il y a quelques années et depuis ils se réunissent tous les ans autour du cadavre pour prêter serment et garder le secret. Mais lorsqu’ils se sentent épiés et que le corps de la victime disparaît, le doute s’installe dans le groupe d’amis et les tensions apparaissent. Qui a bougé le cadavre ? Et dans quel but ?

J’avais déjà lu le premier tome que j’avais trouvé prometteur mais au final, cette série a beaucoup de hauts et de bas. Je ressors donc mitigée de ma lecture. J’ai aimé le rythme donné à l’histoire, c’est vivant, prenant et on dévore les pages les unes après les autres, qu’on aime ce qu’on y lit ou non. J’ai globalement apprécié l’intrigue aussi, même si certains passages auraient mérité d’être supprimé au vu du peu d’intérêt qu’elles apportent. Je pense notamment à la scène où nos amis vont voir Muguet pour récupérer des renseignements sur un homme et qu’ils se font saucissonnés et agressés par deux jeunes qui passaient par là. J’ai trouvé ce passage malsain, beaucoup trop sexualisé et humiliant au possible. Puis, elle n’apporte vraiment rien de plus au récit et est juste là pour choquer le lecteur. C’est réussi mais pas pour les bonnes raisons… 

En parlant de sexe, il y a pas mal de scènes qui tournent autour de ça et bien qu’elles s’insèrent plutôt bien dans l’intrigue (on parle quand même de viol, de chantage et d’agressions à certains moments), je n’en fus pas particulièrement fan. J’aurais pu me passer des gros plans sur les poitrines ou les fesses des filles… Je n’irai pas jusqu’à dire que ça dessert le propos mais pour ma part, ça me laisse complètement de marbre et je n’en vois guère l’intérêt.

Hormis, le sujet du viol, d’autres thèmes sont exploités dans ce mangas. On va surtout parler de la culpabilité, la rédemption, la justice, le bien et le mal. J’ai trouvé que les pensées de nos protagonistes à ces sujets étaient très intéressantes et à travers eux, la mangaka nous offre plusieurs pistes de réflexion. Tuer est un crime mais quand il s’agit d’une personne mauvaise, quand c’est une question de vie ou de mort, n’est-il pas juste de tuer cette personne avant qu’un malheur arrive ? Qui peut se permettre de décider si le crime est justifié ou non ?
Alors qu’au début, tout le monde pense avoir fait une bonne action, le poids de la culpabilité et du secret fait douter certains et l’équilibre du groupe se brise. C’est un aspect de l’histoire que j’ai particulièrement aimé et que j’ai trouvé bien développé du début à la fin.

Côté personnages, j’ai douté de tout le monde (sauf Ryû, c’est une crème !) tellement la tension est palpable et que les crises de nerfs s’enchaînent. J’ai beaucoup aimé Shintaro qui m’a paru complexe et torturé. C’est lui qui est au centre du groupe et la raison de ce serment d’amitié. Il est mystérieux, un peu fou à un moment et on se demande vraiment comment il va finir. Je me suis posée pas mal de questions à son sujet. 
Le personnage que je n’ai pas su apprécier par contre, c’est Tsubaki. Je l’ai trouvé fausse tout du long et même le dénouement n’a pas su me convaincre de sa bonne foie. Pour moi, c’est une sociopathe et je ne lui ai pas accordé ma confiance une seule fois dans cette série. Elle m’a souvent dérangé, tout comme Akira d’ailleurs, que je n’ai pas apprécié pour les mêmes raisons.
Quant à la police, je n’ai pas du tout adhéré à l’inspecteur. L’auteur lui a donné une personnalité excentrique mais c’est tombé complètement à plat pour moi. J’ai trouvé qu’il faisait des déductions, certes vraies, mais basées sur strictement rien de concret. Puis, il disparait la moitié de la série pour se pointer comme une fleur à la fin et terminer le travail. Je ne sais pas ce qu’a voulu faire l’auteur à son sujet mais je l’ai trouvé très mal exploité. Un inspecteur lambda aurait très bien pu faire l’affaire ou même, la sœur d’Haruka qui travaille dans la police aurait été une meilleure approche dans la résolution de l’enquête par la police.

Bref, « Jusqu’à ce que nos os pourrissent » est le récit d’une amitié scellée par un crime et la culpabilité qui s’ensuit. J’ai aimé les réflexions sur le bien et le mal et la complexité des personnages. On ressent parfaitement le poids du secret qu’ils ont au fond de leur cœur et qui les ronge petit à petit jusqu’à les rendre fous. Le dénouement nous offre des éléments de réponses à ce sujet et je l’ai apprécié tel quel, même si le personnage de Tsubaki me laisse dubitative. Je regrette par contre l’apparition de scènes particulièrement dégradantes et violentes qui n’apportent rien au récit et n’a pour but que de choquer le lecteur. C’est un mangas intéressant, prenant mais inconsistant dans sa qualité.

4 réflexions sur “Jusqu’à ce que nos os pourrissent – Yae Utsumi

  1. Une fois de plus, je me retrouve totalement dans ton avis, du problème de la sexualisation de certaines scènes qui n’avaient pas lieu d’être, à l’écriture un peu bancale et provocatrice. C’est dommage parce qu’effectivement les réflexions sur la nature du crime et ses conséquences étaient pertinentes elles, mais c’est noyé sous le reste…

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  2. Si on occulte le côté sensationnaliste de certaines scènes, les questions éthiques et morales soulevées par ce pacte morbide semblent passionnantes ! Dommage que le rôle de l’inspecteur nait pas été creusé parce que j’adore les bons enquêteurs…

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