Le voleur d’estampes – Camille Moulin-Dupré

Note : ★★★☆☆ (3.25/5)
Extrait : « Les gens se disent préoccupés par leur avenir mais ils ne font que ressasser un passé qu’ils fantasment. »

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Titre : Le voleur d’estampes
Auteur : Camille Moulin-Dupré
Genre : Seinen
Langue : Française
Tomes : 2 tomes (terminé)
Note : 3.25/5

En bref : Le rendu façon estampes japonaises est très réussi, tout comme le style narratif. Je me suis régalée devant chaque planche ! Cependant, je n’ai pas été convaincue par l’histoire, que je n’ai pas trouvé suffisamment claire et développée. Il m’a manqué des explications sur le héro et j’aurais aussi apprécié une fin moins abrupte.

Résumé :

Japon, fin du XIXe siècle. Dans une société en crise, le Voleur mène une double vie. Le jour, il œuvre dans le restaurant portuaire de son père. La nuit, il dévalise la colline aux palais. Ce qui le guide : le frisson de l’aventure, la sensation de liberté, le sentiment que le monde lui appartient.
Jusqu’au jour où il cambriole le gouverneur. Jusqu’au jour où sa fille découvre son visage. Entre l’héritière, promise à un destin qu’elle refuse, et le Voleur, piqué dans son orgueil, se noue alors un étrange chassé-croisé…
Inclassable, poétique et artistique, Le Voleur d’estampes saura vous inviter au voyage dans une histoire dessinée et racontée comme un recueil d’estampes japonaises…

Avis :

Nous sommes dans un Japon en plein changements où l’occidentalisation s’accentue et les différences sociales aussi. Dans une ville dirigée par un Gouverneur, un voleur sévit. Il dérobe des objets de valeur de n’importe quelle taille et forme mais au lieu de redistribuer les richesses tel un Robin des Bois, il conserve toutes ses prises dans un lieu tenu secret.
C’est ainsi que les jours passent, jusqu’à ce que le voleur s’attaque à la résidence du Gouverneur. Ce dernier, blessé dans son honneur va ordonner au responsable de l’armée de la ville d’attraper le coupable. En échange, l’homme pourra se marier avec sa fille.
Du côté de notre voleur, pendant son larcin, il fait la rencontre de la fille du Gouverneur, qui va tomber sous son charme et essayer aussi, de son côté, de découvrir son identité.

La première chose que l’on remarque dans cette duologie, c’est le dessin. Je l’ai trouvé vraiment magnifique ! On retrouve parfaitement le style graphique typique des estampes japonaises. Les personnages ont le visage un peu allongé, sur le côté et les traits sont arrondis. En ce qui concerne les décors, ils ont des formes souvent géométriques et peu détaillées. Enfin, on reste dans des tons sombres avec une majorité de noire la plupart du temps. Tout ce contraste permet de mettre en valeur aussi bien les personnages que l’environnement dans lequel ils sont. Franchement, je n’ai rien à redire dessus, le style est maîtrisé et l’auteur nous offre des doubles pages absolument magnifiques !

Cependant, dans un mangas avoir un bon coup de crayon ne suffit pas, il faut aussi que l’histoire soit à la hauteur et je n’ai pas trouvé que c’était le cas ici. J’ai aimé le côté chimérique, le parallèle entre le voleur et le Tengu et d’une manière générale le folklore japonais qui est bien représenté et nous rappelle une nouvelle fois les estampes japonaises. Malheureusement l’intrigue ne suit pas. Entre le voleur, la fille du gouverneur, son « futur » mari et quelques marchands du village, le récit s’éparpille beaucoup trop pour une duologie. On reste en surface quelque soit le personnage que nous suivons ou le sujet qui est traité.

On ne sait pas vraiment pourquoi le voleur dérobe des œuvres. Ses actions sont floues alors qu’il est au cœur de toutes les intrigues. C’est pareil avec la fille du Gouverneur qui consomme de l’opium et dont nous entrevoyons régulièrement les rêveries sans pour autant en comprendre toujours le sens. Cela rend l’histoire non pas creuse mais manquant tout de même de consistance, d’explications. L’auteur est parti vers quelque chose de trop abstrait et il m’a perdu en cours de route… S’il y a une morale à son histoire, s’il a voulu faire passer un message sur les classes sociales, sur la drogue, sur l’amour, le vol ou je-ne-sais-quoi d’autres, sachez que pour ma part, je ne l’ai pas vu et encore moins compris… Tout comme le revirement de situation final d’ailleurs. C’est, je pense, une tragédie dont on n’aurait pu se passer.

Bref, « Le voleur d’estampes » est visuellement un ouvrage de qualité. Le rendu façon estampes japonaises est très réussi, tout comme le style narratif. Je me suis régalée devant chaque planche ! Malheureusement, je n’ai pas été convaincue par l’histoire, que je n’ai pas trouvé suffisamment claire et développée. Il m’a manqué des explications sur le personnage principal et j’aurais aussi apprécié une fin moins abrupte.

2 réflexions sur “Le voleur d’estampes – Camille Moulin-Dupré

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