Maux mêlés – Tohru Tagura & Meguru Izawa

Note : ★★★★☆ (4/5)
Extrait : « C’est important de corriger ses défauts mais c’est mieux de développer ses qualités je trouve. » – « Quand tu auras trouvé la bonne distance à garder entre les gens et toi, ça ira mieux. »

couv58132493Titre : Maux mêlés
Auteur : Tohru Tagura & Meguru Izawa
Genre : Shojo
Langue : Française
Tomes : 2 tomes (terminé)
Note : 4/5

En bref : Le récit démarre comme tant d’autres mais les mangakas ont réussi à développer les thématiques de l’être et du paraître ainsi que de la communication avec subtilité, réalisme et bienveillance. J’ai aimé les nombreuses facettes des personnages et l’ambiance chaleureuse de l’auberge. J’aurais cependant bien voulu plus d’info sur nos héros.

Résumé :

Tsukasa Ayase est en deuxième année de lycée. Plus jeune, elle a été traumatisée par un de ses camarades d’école… Depuis, elle fuit les interactions avec les garçons. Habitant avec son père et ses grands-parents, son quotidien va être chamboulé quand, à cause de la baisse du tourisme dans sa région, la pension familiale qui lui sert de maison va devenir une auberge pour lycéens. Du jour au lendemain, elle devra, bien malgré elle, cohabiter avec deux camarades d’école. Mais l’un d’entre eux semble aussi enfouir dans son cœur une douleur inavouée…

Avis :

Les parents d’Ayase tiennent une auberge et pour palier à la baisse de fréquentation de leur établissement hors période estivale, ils décident de louer leurs chambres à des lycéens et étudiants. Deux chambres trouvent preneur rapidement et Ayase se retrouve à cohabiter avec deux garçons qui sont en troisième année dans son lycée. La nouvelle aurait pu faire plaisir à la jeune femme si elle n’avait pas peur des interactions avec la gente masculine. En effet, plus jeune, Ayase a reçu des remarques désobligeantes de la part de ses camarades de classe qui l’empêche désormais d’interagir naturellement avec les garçons.

Si ce mangas m’a intrigué c’est avant tout pour ses belles couvertures pastelles (oui, je suis faible) mais aussi pour le thème qu’il explore : la communication. N’étant pas forcément très à l’aise en public ou face à des inconnus (même si je m’améliore au fil des années), j’ai voulu voir comment les mangakas allaient traiter ce sujet qui me parle. Résultat ? J’en suis plutôt satisfaite bien que j’ai un sentiment de trop peu à la fin de ces deux tomes.

J’ai aimé toute la partie sur la difficulté de communiquer et les quiproquos que cela peut engendrer, sur les préjugés et les apparences. Comme le dit si bien Ayase, comment doit-on se comporter avec les autres quand on passe pour une hypocrite si on sourit ou pour quelqu’un de froid et sinistre quand on ne fait rien ? La cohabitation avec nos semblables n’est pas si facile que ça et de ce fait, j’ai trouvé l’héroïne touchante dans sa façon de faire des efforts et d’essayer de trouver la bonne distance entre les gens et elle. En deux tomes, nous la voyons bien progresser et s’épanouir. Cette évolution se fait grâce à son père, toujours de bons conseils, mais aussi grâce à ses deux colocataires, Matsuoka et Miwa, qui la bousculent dans son quotidien.

J’ai adoré le personnage de Matsuoka. Il a un passif (et présent) avec les femmes qui l’ont rendu méfiant envers elles mais aux côtés d’Ayase, il va réussir à faire la part des choses et se détacher de l’emprise que ce traumatisme à sur lui. On comprend dans le premier tome pourquoi il s’est installé à l’auberge et dans le deuxième nous avons un aperçu plus poussé de son malaise. Par contre, même si j’ai aimé la façon dont le sujet a été traité et le poids qui semble s’être envolé du cœur de Matsuoka quand il affronte ses peurs, j’aurais apprécié avoir plus de background sur le personnage. Il y a pas mal de scènes importantes qui nous sont montrées sans préambules et il faut faire place à l’imagination parce qu’elles ne sont pas souvent expliquées. C’est flagrant chez Matsuoka mais c’est aussi valable pour les autres personnages où nous devons prendre pour acquis ce qu’on nous présente…

En ce qui concerne Miwa, je suis un peu plus mitigée. Il faut vraiment attendre la fin du tome 2 pour comprendre son cheminement de pensées et son comportement. C’est un personnage complexe qu’il n’est pas facile d’apprécier et par moment je dois avouer qu’il m’a agacé car, sous ses grands sourires, je le trouvais faux. Néanmoins, plus on avance dans le récit, plus on découvre des facettes de sa personnalité. Sa solitude m’a touché ainsi que l’absence de sentiments qu’il ressent pour autrui. Il a des réflexions particulières mais non moins intéressantes sur sa manière d’agir en société. J’ai aussi aimé l’entendre parler d’asexualité et d’aromantisme. Ce n’est pas spécialement développé et c’est juste des dires de Miwa pour expliquer sa vision des choses mais ça a le mérite d’être présent et d’apporter un peu plus de lumière sur ces orientations sexuelles et romantiques.

Enfin, je mettrais tout de même un bémol sur l’aspect romance de ce mangas. J’ai trouvé les déclarations d’amour express et loin d’être nécessaire. Je pense qu’une relation d’amitié solide entre notre trio aurait très bien pu faire l’affaire pour développer tous les thèmes dont il est sujet ici. Pour ma part en tout cas, ça aurait même eu plus d’impact si leurs liens étaient restés platoniques.

Bref, « Maux mêlés » est une duologie très intéressante. L’histoire démarrait comme tant d’autres mais au fil des pages, les mangakas ont réussi à nous proposer des personnages émouvants et un traitement réaliste des sujets développés. Nous voyons nos héros affronter aussi bien le monde extérieur que les démons qui les habitent, nous les voyons se découvrir, se soutenir, grandir et s’épanouir, tout cela dans un environnement bienveillant et entouré de personnages chaleureux (Gros bisou au papa et au papy d’Ayase !). Même si j’aurais aimé en savoir plus sur la famille de Matsuoka ou sur le quotidien et le passé de Miwa, j’ai aimé partager leur vie à l’auberge et découvrir aussi bien leurs qualité, que leurs défauts. Ce fût une lecture à la fois sombre et chaleureuse.

8 réflexions sur “Maux mêlés – Tohru Tagura & Meguru Izawa

    • Ouiiii, j’aimais beaucoup les personnages et je voulais vraiment en savoir plus sur eux et que leurs problèmes soient amenés avec plus de préparation !
      Puis Miwa est un personnage qui aurait mérité plus d’instropection afin de mieux comprendre ce qu’il ressent ou justement ne ressent pas pour le coup. Il n’est pas facile a appréhender au départ !

      Aimé par 1 personne

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