Le Clan des Otori, tome 4 : Le Vol du héron – Lian Hearn

Note : ★★★★★ (5/5) Coup de cœur
Extrait : « L’enfer n’existe pas, […]. Excepté celui que les hommes créent sur cette terre. Ne tentez plus jamais de m’approcher. » – « Toute chose a une cause et un effet. »

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Titre : Le Clan des Otori, tome 4 : Le Vol du héron
Auteur : Lian Hearn
Genre : Fantasy, Historique
Langue : Français
Tomes : 4 + 1 tomes (terminé)
Note : 5/5 Coup de cœur

En bref : Un final grandiose. Les personnages sont humains et très attachants. Le récit lui, est bourré d’intrigues, d’alliances et de trahisons. J’ai aimé suivre cette partie d’échecs géante qui nous envoie sur un dénouement explosif et tragique mais tellement émouvante. Je recommande à 200%.

Résumé :

Seize ans ont passé… Takeo et Kaede font régner sur les Trois Pays la paix et la prospérité. Leur fille aîné, la belle Shigeko, promet d’être une héritière digne d’eux. Mais cette harmonie est en danger. Certains membres de la Tribu n’ont pas renoncé à leur vengeance, des guerriers forts de l’appui de l’empereur convoitent le pouvoir, les étrangers arrivent avec leur religion et leurs armes à feu et le fils caché de Takeo, que la prophétie désigne comme artisan de sa mort, a grandi. Les ressorts de la tragédie sont en place…

Avis :

Cela fait seize ans que le combat contre Sire Araï a eu lieu et que la paix et la prospérité règnent désormais sur les Trois Pays. Takeo a œuvré pour cette paix en unifiant la Tribu grâce à Kenji Muto et en éliminant un maximum de Kikuta. Avec son épouse, ils ont redonné de la vigueur aux champs et de l’espoir et de la tranquillité pour les habitants de ses terres. Ensemble, ils ont aussi eu trois filles : Shigeko, la grande sœur et Miki et Maya, les jumelles. Seize années paisibles pour le clan des Otori mais seize années à ruminer une vengeance pour d’autres. En effet, une partie de la prophétie n’a toujours pas été réalisée et certains comptent bien faire en sorte qu’elle s’accomplisse.

Par où commencer… Tout d’abord l’univers. Seize années se sont écoulées et beaucoup de choses ont changé. L’auteur va profiter de la première partie du livre pour nous expliquer tout ça. Nous connaîtrons les mariages qui ont eu lieu, la répartition des terres qui s’est faite entre les Otori et les autres grandes familles. Nous découvrirons l’expansion du commerce, l’arrivée d’objets exotiques ainsi que le contrôle des armes à feu, la règlementation de la Tribu, etc. Il faut se mettre à jour mais pas d’inquiétude, l’auteur fait ça à merveille. Elle prend son temps et même si, par conséquent, l’action n’est pas au rendez-vous, j’ai pris plaisir à assimiler toutes ces nouvelles informations.  

C’est vraiment compliqué de faire une chronique sur un livre qui est de un, conséquent (750 pages quand même), et de deux, qui aborde tous les thèmes possibles et imaginables. Nous avons l’aspect religieux avec l’arrivée des étrangers et le christianisme qui vient affronter le bouddhisme (ce n’est jamais mentionné comme tel mais nous ne sommes pas dupes !). Nous avons l’aspect économique, toujours avec les étrangers qui veulent s’installer et commercer avec les marchands mais dont Takeo souhaite limiter les déplacements afin de mieux contrôler ce qui rentre dans le pays. Puis nous avons l’aspect politique avec Zenko, le fils d’Araï qui veut récupérer ce qui lui appartient, ou encore Akio qui cherche à se venger de Takeo et enfin, avec l’Empereur qui apprécie guère que Sire Otori ait récupéré le gouvernement des Trois-Pays alors qu’il venait de donner son aval à Sire Araï. En plus de tout cela, vient s’ajouter les superstitions et les problèmes familiaux et ceux concernant la Tribu.

Je pourrais vous parlez encore d’autres sujets qui ont été abordés dans ce roman comme le rejet, le deuil, le viol, la rumeur, les croyances, la puberté,… mais ma chronique ferait alors 10 pages et vous allez en avoir marre. Je dirai simplement qu’il y a pas mal de non-dits dans ce roman, de choses qui sont implicites, sur lequel l’auteur ne s’épanche pas trop ou qu’on peut facilement outrepasser mais qui, si on le remarque, ajoute une dose de drame et de complexité au récit. Bref, beaucoup de choses à démêler, à développer et à analyser. Autant vous dire que les 700 pages sont bien utiles pour raconter tout ça.

Côté personnages, encore une fois il y a aura des pertes, des rencontres et pas forcément celles qu’on attendait. Les protagonistes m’ont vraiment embarqué dans leurs péripéties et dans leurs désirs. J’ai ressenti le poids des années de Takeo, la colère, l’amour, la pitié, le regret et que sais-je encore. Quel qu’ait été le personnage, je l’ai trouvé très humain dans la manière qu’il avait d’exprimer ses sentiments positifs ou négatifs. J’ai adoré Takeo, Taku, Shigeko, Kenji, Maya, un peu moins Kaede, Hana et Zenko, même si, quand on connait leur vécu, on comprend pourquoi ils agissent ainsi.

Enfin, certains pourraient dire qu’il ne se passe pas grand-chose avant l’arc final, que cela pourrait être réduit à seulement quelques phrases et qu’on s’ennuie. Ils n’auraient pas tout à fait tort. Pour ma part, c’est exactement pour cette raison que j’ai tant aimé ce tome. Une grosse partie du livre est utilisée pour nous exposer la situation sociopolitique du pays, pour nous conter les griefs de chacun, pour nous expliquer comment les graines de la haine ont poussé en seize ans. Puis nous voyons, petit à petit, chaque participant déplacer ses pions sur l’échiquier, Takeo pour éviter à tout prix la guerre, Zenko pour récupérer ses terres, Saga pour conquérir les Trois-Pays, Akio pour tuer Takeo. C’est une véritable guerre froide qui a lieu, un jeu d’alliances, de faux-semblants et j’ai trouvé ça fascinant à suivre ! Il y a tellement de couches et de facettes à observer pour comprendre toute la complexité de ce qui se déroule sous nos yeux, tellement de destins qui se croisent… que le dénouement ne m’en a paru que plus percutant et tragique. Alors oui la fin est explosive et pleine d’actions mais le reste, avec toutes ses intrigues, n’en est pas moins passionnant !

Bref, « Le Clan des Otori : Le Vol du héron » offre une magnifique conclusion à cette saga. J’ai aimé l’univers, la crédibilité et la richesse que l’auteur lui a donné en faisant s’écouler lentement les saisons, en bloquant nos héros tout l’hiver en pleine montagne parce qu’il neige ou en faisant passer plusieurs jours ou semaines entre l’envoi et la réception d’un message ou le déplacement de troupes. J’ai aimé les personnages, leur dualité, leur évolution au fil du temps et la puissance de leurs émotions. Même nos héros ne sont pas tout blanc, avec Kaede qui n’arrive pas à aimer ses jumelles par exemple. Enfin, la plume de l’auteur vient ajouter encore plus de consistance à tout ça et ce fût un pur plaisir à lire !

Découvrir mes chroniques de la saga complète : Préquel / Tome 1 / Tome 2 / Tome 3.

2 réflexions sur “Le Clan des Otori, tome 4 : Le Vol du héron – Lian Hearn

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