Le Fou et l’Assassin #1-2 – Robin Hobb

Note : ★★★★★ (5/5)
Extrait : « Le temps est un professeur cruel qui donne des leçons que nous apprenons beaucoup trop tard pour en avoir l’utilité. »

La-fille-de-l-aain

Titre : Le Fou et l’Assassin #1-2
Auteur : Robin Hobb
Genre : Fantasy
Langue : Français
Tomes : 6 tomes (terminé)
Note : 5/5

En bref : J’ai adoré vivre des jours plus ou moins heureux aux côtés de Fitz à Flétribois. Même si nous avons une bonne idée de ce qui attend nos héros, on se complait facilement de ce lieu paisible ponctué seulement par les tracas du quotidien. Cela rend la scission à la fin encore plus marquante. La paix est complètement brisée et le point de non-retour est arrivé.

Résumé :

Fitz, l’assassin royal, est à la retraite et coule des jours paisibles, entouré de sa femme Molly et de ses enfants. Un soir, trois inconnus se présentent en se disant ménestrels puis s’enfuient dans une tempête de neige, tandis qu’une messagère disparaît soudainement sans avoir remis son message à Fitz. Quinze ans plus tard, Fitz se désole de n’avoir aucune nouvelle du Fou…

Avis :

Fitz vît à Flétribois avec Molly et ses beaux-fils. Les années passent et sont ponctuées par les fêtes de l’Hiver, les visites d’Ortie, Crible et Heur, les naissances et les décès. Se complaisant dans cette vie où il est entouré des gens qui l’aiment, les sens autrefois aiguisés de notre assassin s’émoussent. Néanmoins pour que le tableau soit parfait, Fitz aimerait que le Fou soit auprès de lui mais il n’a aucune nouvelle de son ami depuis qu’ils se sont quittés bien des années auparavant. Le Fou ne lui a t-il vraiment jamais envoyé de messages ?

Le dernier cycle de L’Assassin Royal commence et je suis à la fois impatience de lire cette histoire, anxieuse de découvrir ce qu’elle recèle et triste que l’univers s’achève après cette trilogie. Malgré tout ces sentiments qui s’affrontent, j’ai pris énormément de plaisir à lire ces deux premiers tomes.

Ce que j’ai pu remarquer en premier lieu, c’est que l’auteur a légèrement changé sa façon d’écrire et de présenter son histoire. En effet, Robin Hobb fait toujours une ellipse de dix ans entre chaque trilogie et c’est ce qu’elle a fait ici. Cependant, une fois qu’elle entame son récit, il est rare que beaucoup d’années s’écoulent entre le début et la fin de l’histoire (sauf dans la première trilogie où elle raconte l’enfance de Fitz au château mais là encore, c’est assez succinct). J’ai donc été surprise de passer une dizaine d’années au sein de Flétribois à observer le quotidien de Fitz et sa famille. Surprise mais pas ennuyée car même s’il ne se passe pas grand-chose de palpitant, j’ai adoré découvrir ce que sont devenus les personnages que j’ai côtoyé pendant tant d’années mais aussi rencontrer les nouveaux acteurs de cette trilogie. L’auteur prend le temps de poser le décor, placer ses pions et tisser des liens entre ses personnages. C’est une phase à laquelle certains ont du mal à accrocher mais pour ma part, j’ai toujours aimé cette partie, ce calme avant la tempête. Elle regorge à chaque fois d’indices sur l’évolution de l’intrigue, des personnages et elle nous permet de nous impliquer davantage dans leur quête et de compatir à leur sort.

Une autre nouveauté, c’est l’apparition d’une double narration. Nous en avions dans Les Cités des Anciens et Les Aventuriers de la mer mais pour L’Assassin Royal, jusque-là, la parole n’était donnée qu’à Fitz. Cela sera encore le cas une bonne partie du tome 1 mais petit à petit, la narration sera partagée avec sa fille. J’ai été un peu perturbée par ce changement au départ mais l’ai très vite assimilé et ai compris son utilité. J’ai adoré être dans la tête de sa fille mais surtout, j’ai aimé avoir sa vision de la maisonnée et comprendre comment elle perçoit son père. Les événements renforceront le lien qui les uni et alors son point de vue deviendra de plus en plus vital.

En ce qui concerne les personnages, comme je l’ai dit, j’ai aimé retrouver Fitz, Molly, Ortie, Crible, Umbre et toute la troupe. Je regrette que certains ne soient pas plus présents (nostalgie quand tu nous tiens) mais je comprends l’envie de l’auteur de laisser la place à de la chair fraîche ! Puis Fitz a fait savoir qu’il voulait se tenir éloigner des tractations politiques alors… ça se ressent avec ces deux tomes plus personnels et centrés sur sa famille. Big up à Œil-de-nuit aussi, qui malgré son décès bien des années plus tôt garde une place dans le cœur de Fitz et du coup dans l’histoire. J’aime beaucoup la façon dont Robin Hobb continue à perpétuer sa mémoire, ça me fait chaud au cœur à chaque fois.
Pour les petits nouveaux, j’ai pris plaisir à découvrir Allègre, Persévérance et Abeille, beaucoup moins à rencontrer FitzVigilant et Evite. Autant pour le premier je lui trouve des circonstances atténuantes et j’ai surtout de la peine pour lui, autant pour la deuxième, j’ai juste envie de la baffer à chaque fois qu’elle parle xD. Franchement dans la catégorie, imbue d’elle-même, je lui donne la palme d’or, elle m’insupporte et j’ai hâte qu’elle change ou qu’elle débarrasse le plancher !

Enfin, je n’ai pas vraiment parlé de l’intrigue mais à part quelques brides et indices par-ci par-là sur la suite possible des événements, il faut attendre la deuxième moitié du tome 2 pour que l’action démarre réellement. Par conséquent et pour ne pas trop vous spoiler, j’en parlerai davantage dans ma prochaine chronique je pense. Je vous dirais seulement que « le calme avant la tempête » mentionné plus haut est la bonne expression pour résumé ces deux tomes. J’avais deviné pas mal de choses dès le début mais rien ne m’avait préparé à un tel remue-ménage. Du coup, j’ai très très hâte de lire la suite, ça va faire mal, je le sens !

Bref, les tomes 1 & 2 de la saga « Le Fou et l’Assassin » nous offrent une magnifique introduction à cette trilogie. Comme à son habitude, Robin Hobb prend le temps de poser son univers, de nous présenter ses nouveaux personnages et d’approfondir les liens qui existent entre eux mais aussi avec nous. De ce fait, j’ai adoré explorer Flétribois et « vivre » des jours plus ou moins heureux aux côtés de Fitz. Même si nous avons, au fil des pages, une bonne idée de ce qui attend nos protagonistes, on se complait facilement de cet environnement paisible ponctué seulement par les tracas du quotidien. Cela rend le bouleversement final encore plus marquant. La paix à Flétribois est complètement brisée et le point de non-retour est arrivé.

Découvrir mes chroniques de la saga complète : Tomes #3-4 / Tomes 5-6

4 réflexions sur “Le Fou et l’Assassin #1-2 – Robin Hobb

  1. Je suis comme toi, même s’il ne se passe pas grand-chose, j’aime l’ambiance dans laquelle elle nous plonge ici entre retrouvailles, changement, nouveau rythme et entendre la voix singulière d’Abeille est un vrai plus, c’est la petite originalité. Mais on sent clairement qu’on est sur une fin dans le ton général et ça renforce l’émotion du tout .

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