La couleur venue d’ailleurs – H.P. Lovecraft

Note : ★★★★☆ (3.75/5)
Extrait : « Alors, on coupera les bois sombres, et la lande du diable sommeillera tout au fond des eaux bleues dont la surface reflétera le ciel et ondoiera au soleil. Et alors les secrets des jours étranges rejoindront ceux des profondeurs […]. »

couv27629442Titre : La couleur venue d’ailleurs
Auteur : H.P. Lovecraft
Genre : Fantastique, Horreur
Langue : Française
Pages : 80
Note : 3.75/5

En bref : Ici, on constate à quel point Lovecraft est doué pour décrire une scène dans les grandes lignes et nous suggérer les détails dans ses silences. C’est une lecture qui demande plus d’attention que d’habitude mais ça ne m’a pas dérangé pour autant. Les frissons que ça m’a apporté et le malaise dans lequel nous laisse l’auteur à la fin en valaient la peine !

Résumé :

Non loin de la ville d’Arkham, dans le Massachusetts, se trouve la lande du diable. Ce lieu terrible et étrange hante la mémoire des villages voisins depuis la tragédie qui s’y est déroulée. En 1882, une météorite s’écrase près de la ferme de la famille Gardner, chargée de couleurs jusqu’alors inconnues sur terre. L’objet excite d’abord la curiosité des scientifiques, avant de susciter l’inquiétude et la crainte. Car la terre se meurt bientôt, empoisonnée par le sinistre visiteur céleste, et tandis que les récoltes pourrissent sur pied et que les animaux agonisent, victimes de mutations grotesques, les habitants de la ferme basculent l’un après l’autre dans une folie terrifiante et meurtrière…

Avis :

Un homme est chargé d’inspecter la lande du diable avant qu’un aménagement du terrain soit fait et qu’on inonde la zone. Il découvre que la lande appartenait à la famille Gardner et que suite à la chute d’une météorite, des événements étranges ont commencé à se produire dans la ferme des Gardner et ses alentours. Néanmoins, personne au village ne souhaite relater ce qu’il s’est réellement passé, seul le vieux Ammi accepte. Le prospecteur écoute, pour le meilleur et pour le pire…

Je continue d’explorer le monde de Lovecraft avec l’édition de Bragelonne que j’aime vraiment beaucoup. Après L’appel de Cthulhu et L’horreur à Dunwich, j’ai jeté mon dévolu sur la courte nouvelle qu’est La couleur venue d’ailleurs.

Etant donné sa longueur, je ne m’éterniserai pas. Il m’a fallu quelques pages pour entrer dans l’histoire. Je ne sais pas si c’est la traduction qui était maladroite ou le style de l’auteur mais certaines phrases ne me paraissaient pas correctes, notamment dans l’ordre des mots. J’ai parfois du m’y prendre à plusieurs reprises pour trouver l’endroit où il fallait faire une pause pour que la phrase ait plus de sens. Cela paraît bête dit comme ça mais Lovecraft faisant de longues sentences et ayant une manière d’écrire qui invite à l’imagination, si les phrases ne sont pas compréhensibles du premier coup, tout tombe à l’eau.

Après un début fébrile, j’ai donc réussi à entrer dans l’histoire. Nous sommes en 1882 et nous sommes aux côtés de la famille Gardner, tout d’abord ravie de l’attention que la météorite apporte sur elle mais qui va vite déchanter quand des événements étranges vont s’enchainer les uns après les autres. J’ai beaucoup aimé ce que j’ai découvert. Lovecraft a un don pour décrire l’indescriptible. Il joue très bien avec l’imagination du lecteur en dépeignant suffisamment la scène pour qu’on puisse la visualiser dans les grandes lignes mais en allant pas trop dans le détail afin que chacun puisse se représenter le paysage et les incidents qui ont lieu de la manière qui nous sied et que nous jugeons la plus effrayante.

C’est une manière de faire qui me rappelle les réalisateurs des années 80/90. A l’époque les effets spéciaux n’existaient pas ou alors coûtaient une fortune. L’équipe de tournage devait faire preuve de beaucoup d’ingéniosité, en utilisant des moyens détournés et en usant de la suggestion, pour instaurer la peur au spectateur. C’est plus ou moins ce que fait l’auteur ici et c’est très bien exécuté.

En ce qui concerne la fin, elle est parfaite jusque dans la dernière ligne qui nous plante là, seule et sans défense avec un petit frisson qui nous parcourt la colonne vertébrale quand on comprend ce que Lovecraft sous-entend par ses mots. Est-ce vraiment la fin de cette histoire et n’entendrons-nous jamais plus parler de cette couleur venue d’ailleurs ?

Bref, « La couleur venue d’ailleurs » est une très bonne nouvelle de Lovecraft. J’ai aimé replongé dans son univers et voir à quel point l’auteur est doué pour décrire une scène dans les grandes lignes et nous suggérer tous les détails dans ses approximations et ses silences. Cela change d’un Zola ou d’un Balzac qui vont jusqu’à t’expliquer la couleur du papier peint de chaque pièce… xD Etant donné que j’apprécie visualiser ce que je lis, cette lecture m’a demandé plus d’attention que d’habitude mais ça ne m’a pas dérangé plus que ça. Les frissons que ça m’a apporté et le malaise dans lequel nous laisse l’auteur à la fin en valaient la peine !

3 réflexions sur “La couleur venue d’ailleurs – H.P. Lovecraft

  1. Oui avec Lovecraft c’est à nous de faire preuve d’imagination et de nous faire le film en tête mais c’est justement une des choses que j’aime.
    Après, ce n’est pas mon texte préfère de lui, je préfère ceux où il rattache plus directement l’histoire à son mythe des anciens ><

    J’aime

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