Ondine Pemkinrowd – Gaylord Kemp

Note : ★★★★☆ (3.75/5)
Extrait : « Elle repense à une phrase entendue en cours de français : ‘L’enfer, c’est les autres’. Elle ne se rappelle plus le nom de l’auteur, mais elle l’approuve totalement et en saisit toute la portée. »

alix-genten-montage-fondperdu-coverTitre : Ondine Pemkinrowd
Auteur : Gaylord Kemp
Genre : Jeunesse, Fantastique
Langue : Française
Pages : 254
Note : 3.75/5

En bref : Je n’ai pas toujours été d’accord avec les choix de l’auteur sur l’évolution des personnages mais j’ai tout de même passé un bon moment. L’univers inspiré de la mythologie nordique est bien décrit et cohérent, l’histoire possède son lot de surprises et les protagonistes forment une troupe hétéroclite très agréable à suivre.

Résumé :

Ondine Pemkinrowd est une jeune collégienne qui peine à trouver sa place dans le monde. Peu sure d’elle, la vie au lycée comme à la maison ressemble à l’enfer. Un soir de canicule, elle décide de fuguer. Elle le désire si fort que soudain, un étrange personnage apparait dans son sommeil et lui propose de réaliser son souhait. Au réveil, Ondine constate avec stupeur que tout est différent. La chaleur de l’été a laissé place à un monde entièrement constitué de neige. Le Jötunheim.
Sa maison n’a pas changé mais toute sa famille a disparu. Son vœu le plus cher a été exaucé, Ondine est désormais seule. Mais ce monde enchanté le restera t-il très longtemps ?

Avis :

Ondine fait partie d’une famille recomposée. Elle vît dans une maison avec son père, sa belle-mère et sa demi-sœur. Elle a du mal à trouver sa place aussi bien chez elle qu’à l’école où ses camarades de classe ne ratent pas une occasion de se moquer de ses kilos en trop. Un soir, après une journée particulièrement difficile, Ondine décide de préparer sa fugue, persuadée qu’elle ne manquera à personne. C’est cette nuit-là qu’un homme nommé Utgardloki lui parle à travers son écran d’ordinateur et lui propose de le rejoindre dans un monde où elle sera acceptée qu’importe son physique. Ondine accepte.

J’étais très intriguée par ce roman jeunesse qui prend son inspiration dans la mythologie nordique. Je ressors néanmoins quelque peu mitigée par ma lecture. Pour le côté mythologique, je n’ai rien à redire. L’auteur a pris les éléments dont ils avaient besoin pour son histoire, en a remodelé certains et a construit son propre monde avec. Un univers qui est agréable à parcourir. J’ai apprécié vagabonder dans le Jötunheim composé de son lac, sa forêt, de villes et de ses habitants et autres créatures légendaires. L’histoire propose son lot de rebondissements et d’aventures et cela en bonne compagnie.

Tous les personnages ont un rôle à jouer, l’auteur n’a rien laissé au hasard et c’était plutôt chouette. J’ai bien entendu eu une préférence pour Knife, le premier compagnon de voyage d’Ondine. Je ne m’attendais cependant pas à ce qu’il évolue de cette façon. Je trouve que cela rendait les choses un peu trop facile pour nos héros mais bon, on est dans un roman jeunesse alors je suppose que c’est préférable. Puis, l’aspect magique n’était pas mauvais en soi, cela restait bien expliqué et cohérent avec les éléments qu’on avait en notre possession sur la façon dont le monde dans lequel débarque Ondine est régit.
Par contre, la haine de Jody envers notre héroïne était pour moi disproportionnée. Je n’ai pas compris pourquoi elle la détestait autant. Faire des remarques sur son poids dès qu’elles se croisent ou avec ses amis, je veux bien, les jeunes font des choses stupides quand ils se sentent supérieurs. Mais qu’elle soit aussi vindicative envers Ondine même chez elle, devant ses parents supposent qu’il y a plus qu’un sentiment de supériorité, or, je n’ai pas vu de possibles antécédents qui auraient pu justifier qu’elle soit aussi malveillante.

Là où j’ai eu plus de mal c’est le rapport que l’héroïne a avec son corps. Au départ, Ondine est une jeune fille qui ne supporte pas son corps et surtout les réflexions qui vont avec. Elle aurait beaucoup de choses à dire aux gens qui la critique mais elle n’a pas la confiance nécessaire pour leur rabattre leur clapet. Constamment diminuée, elle devient irascible et se plonge encore davantage dans la nourriture, ce qui accentue son mal-être. Elle tombe dans un cercle vicieux dont elle prend réellement conscience des conséquences lorsqu’elle arrive au Jötunheim. Là, accompagnée de personnages qui attachent plus d’importance à sa personnalité qu’à son physique, elle va changer la perception qu’elle a d’elle-même.

Jusqu’ici, je n’ai pas grand-chose à redire sur le développement du personnage. Ce qui m’a un peu déçue c’est le dénouement. L’auteur passe un joli message sur le fait que notre poids a l’importance qu’on veut bien lui donner et qu’importe les kilos en trop du moment qu’on est bien dans sa peau. Mais j’ai trouvé que ce message était gâché juste après quand l’auteur annonce qu’Ondine faisait le nécessaire pour retrouver un poids de forme. Alors oui, le poids de forme c’est le poids dans lequel on se sent le mieux donc cela peut aussi bien être 50 que 100kg mais cela sous-entendant qu’Ondine avait des kilos à perdre. Je ne sais pas si je m’exprime correctement mais j’aurais préféré qu’il n’y ait aucune volonté de l’héroïne de perdre du poids. J’aurais aimé qu’il y ait juste une évolution dans sa façon de se percevoir, qu’elle prennent suffisamment confiance en elle pour faire taire les commentaires haineux et que cela entraîne naturellement une perte de poids car elle ne compense plus son mal être par la nourriture. Je ne sais pas si vous voyez la différence ><.

Bref, « Ondine Pemkinrowd » est un joli roman jeunesse. Je n’ai pas toujours été d’accord avec les choix de l’auteur mais j’ai tout de même passé un bon moment. L’univers inspiré de la mythologie nordique est bien décrit et cohérent, l’histoire possède son lot de surprises et les protagonistes forment une troupe hétéroclite très agréable à suivre. Même si je n’ai pas été complètement convaincue par le message qu’a voulu faire passer l’auteur avec son héroïne, je ne doute pas que ce roman trouvera son public !

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2 réflexions sur “Ondine Pemkinrowd – Gaylord Kemp

  1. Je comprends la différence et j’ai eu la même réflexion en lisant le roman pour la façon dont la question du poids est présentée 😅 c’est une question vraiment difficile à traiter je trouve mais comme toi j’aurais préféré qu’elle ne change rien à la fin (car c’est ça qui est gênant) surtout qu’à aucun moment son poids n’est décrit comme mettant sa santé en danger par exemple 🤷 j’ai été typiquement comme Ondine à son âge du coup même si je suis passée à autre chose ça m’a un peu saoulée aussi, voilà je tenais juste à te dire que t’étais pas seule et que je te comprenais 😆 ça n’enlève pas des autres qualités au livre.

    J’aime

    • Ouf, j’étais pas sûre de m’être bien expliquée >< !
      C'est un sujet délicat en effet et il est très facile d'être maladroit et de vexer certaines personnes. Comme tu le soulignes, à aucun moment il n'est indiqué qu'elle met sa santé en danger ou autre. Sa surconsommation de nourriture vient de son mal être donc à partir du moment où son mal être disparaît, elle ne devrait plus avoir cette envie irrésistible de se plonger dans la nourriture et perdre potentiellement naturellement du poids. C'est ce que j'aurais préféré mais après je vois aussi la bienveillance de l'auteur derrière son message, c'est pour ça que je ne me suis pas tant attardée que ça dessus non plus ! ^^

      Aimé par 1 personne

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