Lettre à mon ravisseur – Lucy Christopher

Note : ★★★★☆ (4.25/5)
Extrait : « C’était bizarre de t’entendre parler autant. D’habitude tu ne disais que deux ou trois mots à la fois. Je n’avais jamais imaginé que toi aussi, tu avais une histoire. Jusque là, tu n’étais qu’un ravisseur sans circonstances atténuantes. Tu te résumais à un être stupide, mauvais et dérangé. En te mettant à parler, tu as changé. »

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Titre : Stolen (VF : Lettre à mon ravisseur)
Auteur : Lucy Christopher
Genre : Jeunesse
Langue : Anglaise
Pages : 299
Note : 4.25/5

En bref : Un récit ou plutôt une lettre bouleversante. J’ai été captivée par l’histoire de Gemma et par la poésie qu’elle mettait dans ses mots. J’ai aimé et détesté les personnages (pas toujours dans cet ordre). Ce livre a fait naître en moi des sentiments très contradictoires, c’était plutôt déroutant.

Résumé :

Ça s’est passé comme ça.
J’ai été volée dans un aéroport.
Enlevée à tout ce que je connaissais, tout ce qui était ma vie.
Parachutée dans le sable et la chaleur.
Tu me voulais pour longtemps.
Et tu voulais que je t’aime.

Ceci est mon histoire.
Une histoire de survie.
Une lettre de nulle part.

Avis :

Gemma est à l’aéroport avec ses parents avec qui la communication passe de moins en moins bien. Elle profite d’un moment de liberté pour aller se chercher un café. C’est à la caisse qu’elle fait la connaissance de Ty, un garçon plus âgé qui lui paye son café et lui propose de s’asseoir à sa table pour discuter. Voulant échapper encore quelques minutes à ses parents, Gemma accepte. Cependant, elle ne rejoindra jamais ses parents à la porte d’embarquement car Ty profite d’un moment d’inattention de la jeune fille pour droguer sa boisson et la kidnapper. Gemma se réveillera alors dans une grande maison en bois au beau milieu d’un désert et c’est là que commencera sa captivité.

La particularité de ce roman réside tout d’abord dans le style d’écriture. Le récit n’est qu’une grande lettre de Gemma à Ty, son ravisseur. On apprend donc ce qui est arrivé à la jeune fille et toutes les émotions qu’elle a ressenti, de sa rencontre avec son ravisseur jusqu’à la conclusion de la lettre. Malgré le fait que cette lettre ait pour destinataire Ty, Gemma ne bride en aucun cas ses émotions et elle couche sur le papier ses sentiments à l’état pur. La curiosité face à cet homme qui l’a abordé, la détresse quand elle comprend qu’elle a été kidnappée, la haine et la peur qu’elle éprouve envers Ty mais aussi la compassion et l’amour (?) quand elle découvre petit à petit son histoire. Gemma passe par toutes les émotions possibles et à travers elle, nous ressentons bon nombre d’entre elles. Ce flot de sensations était vraiment déroutant parfois. J’ai trouvé cela tellement bien décrit que j’ai fini par me demander si ce n’était pas une histoire autobiographique ou au moins tiré d’une histoire vraie mais non, l’auteure c’est seulement inspiré des nombreux déménagements dont elle a été sujette quand elle était plus jeune.

L’histoire se passe donc dans le désert australien et nous suivons le quotidien de Gemma et Ty. L’action est loin d’être présente dans ce roman. A part quelques passages, le rythme est lent mais pour une fois ça ne m’a pas dérangé car Lucy Christopher s’attarde sur le ressenti des personnages. Du coup, même si je n’étais pas spécialement pressée de reprendre ma lecture, dès que j’étais plongée dedans, il m’était difficile d’en sortir. La fin, quant à elle est à la fois prévisible et inattendue. Prévisible car il n’y a pas 36 façons de terminer une histoire de ce genre mais inattendue car, au vu de la tournure que prenait les événements, la fin que l’auteure nous offre n’était pas celle que je prévoyais.

Côté personnages, j’ai eu beaucoup de mal à apprécier Ty. Enfin, je dirais plutôt que j’ai tout fait pour ne pas l’aimer. Au début, c’était facile car on ne sait rien de lui à part le fait qu’il ait kidnappé Gemma. Mais au fil des pages et des observations de la jeune fille, on commence à connaître son quotidien, ses habitudes, son passé et son objectif. Et bien que son acte n’en reste pas moins inadmissible, on ne peut s’empêcher d’être un brin attendri par nos découvertes et de se dire que finalement, il n’est pas si méchant que ça. J’ai détesté avoir ces pensées car quelques soient les raisons de Ty, ça ne devrait en aucun cas justifier son kidnapping. Ce tiraillement est d’ailleurs exprimé par Gemma avec une justesse bouleversante d’un bout à l’autre du récit.

Bref, « Lettre à mon ravisseur » est un roman qui dégouline d’émotions, bonnes et mauvaises. Le rythme est lent, l’action peu présente mais la puissance et la poésie dans les mots de Gemma suffisent à maintenir le lecteur en éveille jusqu’au bout. Une lecture qui laisse des marques.

 

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