La musique des âmes – Sylvie Allouche

Note : ★★★★☆ (3.75/5)
Extrait : « Ils nous ont tout pris. Tout. Nos biens, nos femmes et nos enfants. […] Mais il est une chose à laquelle ni eux ni personne ne pourra jamais toucher, c’est l’âme. »

musiqueâmeTitre : La musique des âmes
Auteur : Sylvie Allouche
Genre : Jeunesse, Historique
Langue : Française
Pages : 97
Note : 3.75/5

En bref : Une histoire d’amitié courte et touchante. J’ai aimé la narration du point de vue d’un adolescent mais la cascade d’événements est beaucoup trop rapide et nous n’avons pas vraiment le temps de compatir au sort de Simon et sa famille. Pour une fois, au lieu d’aller droit au but, cela ne m’aurait pas dérangé de faire quelques détours.

Résumé :

Avant, le père de Simon était un luthier renommé, son atelier ne désemplissait pas. Puis il y a eu la guerre, l’occupation et le mot juif placardé en travers de sa vitrine. Alors Simon s’est fait la promesse : il composera une œuvre avec le violon que son père lui fabrique, pour lui dire tout son amour et son admiration. Un après-midi, Matthias, son meilleur ami, trouve l’atelier vide : la famille de Simon a disparu.

Avis :

Le père de Simon est luthier mais depuis quelques temps, plus personne ne vient dans sa boutique. Ses clients préfèrent aller en face, chez le concurrent. Les regards sont gênés, les sourires disparaissent à son passage et la distance s’accentue entre la famille de Simon et les habitants du quartier. Matthias, le meilleur ami de Simon essaye de comprendre pourquoi. Oui, pourquoi depuis que les Allemands ont débarqué en France, le monde semble perdre tout sens ? Qu’a fait Simon pour mériter un tel traitement ?

Voici un roman très court (à peine une centaine de pages) qui se déroule pendant la Seconde Guerre Mondiale, lorsque la France était occupée par les troupes allemandes. Je ne vais pas m’éterniser sur cette chronique sinon je risque de vous raconter toute l’histoire.

Globalement, j’ai bien aimé (où je n’ai pas eu le temps de détester, à vous de voir). Le récit nous est conté du point de vue de Matthias, un garçon d’une dizaine d’années. De ce fait, à l’instar du roman Le Garçon au pyjama rayé, nous avons une version de la guerre et de ses événements très succincte. Aucune date n’est mentionnée, aucun nom connu et le vocabulaire reste plutôt simpliste. Nous sommes dans la peau d’un adolescent qui voit son ami juif être isolé et se faire discriminer au fil des semaines par les autorités locales et une partie de la population. Il comprend plus ou moins ce qu’il se passe mais il ne pousse pas ses réflexions plus loin. L’auteur se contente de commenter le quotidien du quartier où habitent les deux jeunes gens.

Bien que j’ai aimé la narration enfantine qui rend l’horreur de la situation et l’incompréhension des juifs encore plus palpables, j’ai trouvé le roman trop court. Sylvie Allouche ne laisse pas le temps au lecteur de se poser et d’analyser la situation. Tout s’enchaîne et on passe rapidement du rationnement de la population, au recensement des juifs puis à leur déportation. J’aurais apprécié avoir plus de passages où nous voyons la vie de Simon être mal menée et où Matthias essaye de comprendre aussi bien ce qu’il se déroule dans son quartier que sous son propre toit. Leur relation et le fait que Matthias ne lâche jamais son ami d’un bout à l’autre du livre est très émouvant et j’aurais aimé que l’auteur mette en relief cet aspect du récit.
Là, nous avons qu’une succession de scènes clés qui sont, certes, liés mais qui aurait mérité d’être davantage développées. Une centaine de pages en plus n’aurait pas été du luxe de mon point de vue.

De même du côté de la famille de Matthias, le mystère autour de ses parents est élucidé aussi vite qu’il apparaît et n’est guère poussé par la suite. Je comprends le besoin de l’auteur de ne pas complexifié son intrigue et de rester dans un univers accessible pour du jeunesse mais je pense qu’elle avait encore de la marge. Elle aurait pu proposer quelque chose d’un peu plus sérieux et dramatique sans pour autant perdre l’essence de son histoire.

Bref, « La musique des âmes » est une histoire d’amitié courte et touchante mélangée avec un poil de musique. J’ai aimé la narration du point de vue d’un adolescent mais j’aurais aimé que l’auteur développe plus son idée. La cascade d’événements est beaucoup trop rapide et nous n’avons pas vraiment le temps de compatir au sort de Simon et sa famille. Pour une fois, au lieu d’aller droit au but, cela ne m’aurait pas dérangé de faire quelques détours.

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