A Fleur de Peau – George Asakura

Note : ★★★★★ (5/5) Coup de cœur
Extrait : « J’étais l’élue capable de conquérir son cœur, quitte à m’offrir en sacrifice. »
« Je ne vois pas les choses comme toi. Je préfère l’immuable à l’immensité. » – « Les battements de son cœur résonnent dans le vide de mon corps. »

couv35420485Titre : A Fleur de Peau
Auteur : George Asakura
Genre : Shojo
Langue : Française
Pages : 17 tomes (terminé)
Note : 5/5 Coup de cœur

En bref : Un mangas unique autant par le style graphique que par l’histoire. La passion et la destruction qui ressortent de la relation entre Natsume et Kô m’ont chamboulé plus d’une fois. George Asakura sait nous faire vivre des émotions fortes et c’est avec une grande déception que je quitte son univers.

Résumé :

À douze ans, Natsume, jeune fille populaire et un brin superficielle, quitte Tokyo – contrainte et forcée – ainsi que son travail de jeune mannequin pour suivre ses parents à la campagne. D’abord déprimée, elle finit par faire la connaissance de Kôichiro, un garçon envoûtant qu’entoure une aura de mystères. A son contact, elle commence à prendre conscience de sa propre singularité. Mais tandis que Natsume est subjuguée par son camarade, celui-ci l’ignore superbement devant les autres. Bien décidée à ne pas rester dans l’ombre, elle fera tout pour reconquérir la position de leader qu’elle avait autrefois. Débute alors une étrange parade, mêlant séduction et domination, entre ces deux êtres à fleur de peau…

Avis :

A Fleur de Peau est une série que j’ai découvert par hasard sur internet il y a plus de 10 ans, soit bien avant sa sortie en France. J’avais lu les trois premiers tomes en anglais et j’étais tellement absorbée par ce mangas et avide de connaître la suite que j’ai arpenté les tréfonds d’internet à la recherche des tomes en VO et j’ai fini par les trouver. Mon japonais à l’époque, se limitait à « Bonjour », « Au revoir », « Merci », etc., donc autant vous dire que je ne comprenais rien aux dialogues mais j’étais tellement subjuguée par la relation entre Natsume et Kô que les images suffisaient à faire mon bonheur. Puis j’étais persuadée que A Fleur de Peau ne verrait jamais le jour dans nos contrées alors quand la nouvelle de sa parution chez Delcourt est arrivée à mes oreilles, j’ai littéralement sauté au plafond ! Le dernier tome de cette saga est sortie l’année dernière alors que j’étais au Japon. De retour en France, je me suis donc précipitée en librairie pour acheter les tomes qui me manquaient. Cela a pris un peu de temps mais j’ai enfin pu lire la fin de cette magnifique saga.

Natsume est une jeune tokyoïte et mannequin pour le magazine Prune. Suite à la décision de son père de reprendre l’auberge familiale, Natsume et sa famille se retrouve à emménager à la campagne loin du dynamisme de la capitale. Elle ne se sent absolument pas à sa place dans cet environnement mais prenant conscience qu’elle ne reviendra pas à Tokyo de si tôt, elle finit par se résigner et essaye tant bien que mal de se faire une place dans une campagne où les nouvelles et les ragots circulent vite. Elle fera la connaissance du mystérieux Kô, le fils de la famille Hasegawa, propriétaire de la plupart des terrains entourant le village. Voyant en lui, une lumière éblouissante et une assurance hors du commun, elle fera tout pour avoir son attention et être son égal. Commence alors entre ces deux jeunes une relation unique qui les emmènera de l’enfance à l’adolescence.

Quand on ouvre le premier tome ou même quand on regarde la couverture, la première chose que l’on remarque ce sont les dessins. George Asakura a une patte bien à elle et il est impossible de la confondre avec une autre. C’est un coup de crayon tellement particulier que je peux comprendre qu’ils ne plaisent pas à tout le monde. On est loin du style des shojos classiques, je dirais même qu’on se rapproche du Josei par bien des aspects. Pour ma part, c’est justement son style qui m’a captivé. Il accentue ce côté puissant, mystique et dévastateur qui ressort de la relation de Natsume et Kô. J’ai vraiment l’impression de lire un mangas en noir et blanc ! Vous allez me dire « Elle est bête, un mangas est toujours dessiné en noir et blanc… ». Certes, mais tout comme mon cerveau créé l’univers dans lequel interagisse les personnages d’un roman, il « colorie » le mangas que je lis. Hors là, ce ne fût pas le cas. Le noir et blanc se suffisent à eux-mêmes. Nul besoin de couleurs pour ressentir toute la beauté et l’horreur de certaines planches.

Je parle de beauté et d’horreur en même temps car c’est ce dont est composé le mangas tout du long. A travers Natsume et Kô, la mangaka nous parle du passage de l’enfance à l’adolescence, d’envie et d’espoir. Ceux que nos parents nous imposent et ceux qu’on insuffle aux autres. Il parle des erreurs que nous faisons, des accidents de parcours mais aussi de la façon dont nous pouvons nous relever et avancer. Bref, il parle littéralement de construction, destruction et reconstruction de soi. Ce n’est pas le premier mangas à parler de ces sujets mais c’est le seul que j’ai lu jusqu’à présent, qui en parle avec autant de puissance. Certains passages vous prennent vraiment aux tripes tellement la dévastation ou le bonheur se lisent sur le visage des personnages. Je ne peux pas en dire plus sans révéler des points clés de l’histoire mais « wouah » est ce qui ressortait le plus souvent de ma lecture !

En plus de Natsume et Kô qui sont des personnages dont j’ai adoré l’évolution et qui m’ont transporté du début à la fin, je dois tout de même mentionner deux autres personnages : Otomo et Kana.
Otomo est le meilleur ami de Kô quand ils sont enfants. Imaginez un camarade de classe de primaire un peu foufou que vous regardiez de haut parce que vous le trouviez immature. Imaginez que vous le revoyez quelques années plus tard, plus grand, plus mature, plus sérieux, qu’il commence à vous montrer une image à l’opposé de ce dont vous vous souveniez. Ba c’est exactement l’effet que m’a fait Otomo ! Dans les premiers tomes, il passent complètement inaperçu face à un Kô spectaculaire puis tout d’un coup, il pointe le bout de son nez et bon sang qu’il est attrayant ! J’ai aimé le fait que George Asakura ne le mette pas en avant dans la première partie du mangas et qu’elle le fasse briller par la suite. C’est la bouffée d’air frais dont j’avais besoin !
Je reste bien plus mitigée concernant Kana par contre. Elle connait aussi Kô depuis sa plus tendre enfance et le suit partout comme un petit chien. Elle est adorable et pathétique à la fois. C’est le personnage qui m’a laissé perplexe bon nombre de fois mais qui rajoute encore plus de folie et de carnage à ce mangas déjà bien servi.

En bref, je pense que vous l’aurez compris, A Fleur de Peau est un mangas unique en son genre. George Asakura dépeint avec beaucoup de talent, d’intensité et de profondeur les sentiments que nous pouvons ressentir face à l’adversité, au changement ou encore face à des traumatismes. Elle nous dépeint aussi bien les joies qui peuvent en ressortir que la colère ou la détresse. C’est un mangas chargé d’émotions et magnifiquement bien dessiner que je ne peux que vous conseiller !

 

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