Tamayura – Yuki Ringo

Note : ★★★★☆ (3.75/5)
Extrait : « Ce jour-là, je me souviens… De l’obscurité de mon champ de vision et de la douleur à mes poignets… Du corps de Tachibana qui venait peser plus lourd que d’habitude sur mon dos… »

couv72483592Titre : Tamayura
Auteur : Yuki Ringo
Genre : Yaoï
Langue : Française
Pages : 192 pages
Note : 3.75/5

En bref : Une histoire sur les codes de la société, son respect ou non et sur les conséquences qui s’ensuivent. J’ai aimé l’époque illustrée qui donne de la profondeur et de la complexité aux sentiments de nos héros. J’ai aimé suivre Asakura et Tachibana au fil des années. Ils m’ont touché. Je regrette seulement que la fin ne soit pas plus développée. 

Résumé :

Le matin de son entrée au lycée, Asakura se réveille difficilement d’un cauchemar dans lequel il revit la fin tragique d’une belle amitié. Alors sa surprise est immense lorsqu’il découvre que son nouveau camarade d’internat n’est autre que Tachibana, précisément l’ami qu’il s’était juré de ne plus revoir ! Mais avec leurs retrouvailles ressurgissent par bribes d’autres sentiments que chacun se refusaient à avouer… Amitié, réminiscences du passé, amour, tragédies… Les secondes s’égrènent dans un temps suspendu au rythme du tintement éphémère des billes de verre de notre enfance. Au début du siècle dernier, dans une époque où le monde est en perpétuelle évolution, les sentiments se heurtent aux conventions sociales et aux éléments déchaînés.

Avis :

Nous sommes en 1922 et Asakura fait sa rentrée au lycée en tant que pensionnaire de l’établissement. Ils sont deux par chambre et il se trouve que le colocataire du jeune homme n’est autre que Tachibana, son ami d’enfance. Il ne l’a pas vu depuis 4 ans, depuis qu’il l’a surpris en train de coucher avec une fille alors qu’il s’était enfui de chez lui et souhaitait obtenir du réconfort auprès de son ami. Comment leurs retrouvailles vont-elles se dérouler ?

Les dessins de Yuki Ringo sont toujours aussi beaux et doux, je les apprécie beaucoup. Ici, ils se marient très bien avec l’époque illustrée et donne au tout un côté nostalgique, poétique comme un souvenir qu’on se remémore. 

Côté histoire, elle se déroule dans les années 20, dans un Japon qui se modernise petit à petit. C’est une période historique qui n’est pas souvent mis en avant (surtout dans les Yaoï) mais que j’aime bien parce qu’il y a un véritable contraste dans les paysages, l’architecture et le comportement de la population. Dans Tamayura, nous allons surtout voir cette dissonance via les vêtements des personnages avec d’un côté Tachibana qui porte essentiellement des kimonos et de l’autre Asakura qui se balade en costume. Nous avons la modernité et l’occidentalisation du pays qui font face aux traditions japonaises. Cette différence dans les vêtements permet aussi de marquer la distinction entre les classes sociales et cela aura aussi son importance dans le récit.

J’ai beaucoup aimé la première moitié du mangas. On plonge dans l’adolescence d’Asakura et de Tachibana, leur quotidien à l’école, les sorties mais aussi les quelques discussions qu’ils ont et qui éclaircies certains points du passé. Ces révélations donnent une nouvelle dynamique à ce duo et d’autres enjeux plus matures viennent alors s’ajouter. Doivent-ils suivre leurs sentiments ou respecter leurs engagements ? L’honneur, la réputation, l’amour ou la raison, qui l’emportera ? 

Yuki Ringo a vraiment bien exploité ce filon et nous ressentons fortement le dilemme qui habite Askura et Tachibana en ce qui concerne leur avenir seul et à deux. Cependant… et on en vient à ce qui m’a moins plu dans ce mangas, la deuxième moitié de ce one-shot est précipité. Alors que l’auteur a pris le temps de développer ses personnages et leurs sentiments, la transition nous propulse trop rapidement vers le dénouement. J’aurais apprécié un ou deux chapitres supplémentaires pour mieux placer ce nouveau décor, avoir plus d’interactions entre nos deux héros et aussi pour que l’équilibre entre la première et la seconde moitié du livre soit plus harmonieux.

Enfin, j’ai trouvé la conclusion floue. Je me doute que c’était l’objectif de la mangaka mais dans ce cas, il aurait fallu rester abstrait jusqu’au bout plutôt que de nous donner plusieurs alternatives. Cela m’a donné l’impression qu’elle ne voulait pas prendre le risque de froisser qui que ce soit en imposant une fin précise. C’est dommage car quelque soit sa décision, je l’aurais trouvé belle mais le fait d’avoir eu le choix a un poil entaché mon enthousiasme.

Bref, « Tamayura » n’est pas qu’une histoire d’amour entre deux hommes. C’est une histoire sur la société et ses codes, sur le respect ou non de ceux-ci et les conséquences qui s’ensuivent. J’ai aimé l’époque illustrée, que j’ai trouvé fidèle, et qui donne de la profondeur et de la complexité aux sentiments de nos protagonistes. J’ai aimé suivre Asakura et Tachibana, leurs doutes, leur courage, leurs indécisions,… au fil des années. Ils m’ont touché. Je regrette seulement que la fin ne soit pas un peu plus développée.

2 réflexions sur “Tamayura – Yuki Ringo

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